jeudi 10 septembre 2020

Enseignement secondaire, en Flandre, des cours de rattrapage seront organisés le week-end et pendant les congés


Le Vif

Ces remédiations auront lieu du 19 octobre au 19 février. Elles seront gratuites et non-obligatoires.
"Nous sortons l'artillerie lourde" a déclaré le ministre flamand de l'Enseignement, Ben Weyts (N-VA), dans plusieurs journaux. Le gouvernement flamand dégage 9 millions d'euros pour organiser des cours supplémentaires après les heures d'école, y compris le week-end et pendant les congés scolaires.
Cette mesure fait suite aux 170 "écoles d’été" qui ont accueilli pas moins de 10000 élèves en juillet et en août. Objectif: "rattraper le retard accumulé pendant le confinement".
Concrètement, la priorité sera donnée aux élèves de 2e, 4e, 6e et 7e années qui sont le moins venus en classe l'année passée. Le gouvernement flamand prévoit un montant de 125 euros pour quatre heures de cours par groupe de sept élèves maximum. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
9 MILLIONS D'EUROS POUR ORGANISER DES COURS SUPPLEMENTAIRES APRES LES HEURES D'ECOLE, Y COMPRIS LE WEEK-END ET PENDANT LES CONGES SCOLAIRES.

Responsable de la scolarité en Flandre, Ben Weyts (N-VA) tient à sa réputation d'homme impatient d'aller de l'avant : autant chercher à faire du maudit virus un allié dans la course au progrès, en user comme d'un marchepied vers l'enseignement de demain. Pour sûr, selon Ben Weyts, l'avenir appartiendra aussi à l'école numérique. Il faudrait être sot pour ne pas positiver dans l'adversité, ne pas tirer profit d'une bonne crise pour faire basculer la Flandre dans l'enseignement 2.0. « Never waist a good crisis. »
Il est clair que Ben Weits propose exactement le contraire de Caroline Désir qui en fait ne propose rien et attend venir le chaos en minaudant.
L’intention flamande, ou plus exactement le projet du ministre Weyts, d’organiser des cours de rattrapage gratuits le week-end et pendant les congés est évidemment ce qu’il convient de mettre en œuvre de toute urgence. On dirait une idée socialiste et oh paradoxe, cette initiative vient d’un élu NVA quand la ministre socialiste francophone de l’éducation ne propose rien : ni rattrapage, ni enseignement à distance. Zéro pointé !
MG

POUR UNE FORMATION ETHIQUE DES ENSEIGNANTS
Par Eirick Prairat (AOC)
Professeur de philosophie

L’éthique est quasiment absente des parcours de formation des enseignants, placés sous le seul signe de la technicité. Ce métier de relation profiterait pourtant grandement d’une approche qui mette l’accent sur une manière attentive et respectueuse de se rapporter à autrui. Aujourd’hui, en matière de formation éthique, tout reste à faire.
La professionnalisation des métiers de l’enseignement s’est pensée, au début des années 1990, avec la naissance des Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), sous le seul signe de la technicité. La grande querelle de l’époque, quasi théologique, était de savoir comment distinguer le pédagogique du didactique. Mais nous ne parlions guère d’éthique ; quand celle-ci était évoquée, toujours furtivement, elle était une sorte de « supplément d’âme ». C’est pourtant une banalité de dire que le métier d’enseignant est un métier de la relation, de sorte qu’aujourd’hui en matière de formation éthique, disons-le, tout reste à faire.
La formation éthique des professeurs pourrait s’organiser autour de trois types d’activités : le travail sur des situations exemplaires, l’exercice du jugement moral et la mise en mots des expériences ordinaires de la vie professorale. On peut  présenter ces activités en mettant l’accent sur ce qu’elles exigent (le travail critique, l’exercice du jugement et l’expérience réfléchie) ou en soulignant ce qu’elles convoquent à titre de supports (l’exemple, le dilemme moral et l’expérience du quotidien). Ces activités ne sont pas disjointes car elles organisent, on l’aura peut-être remarqué, une sorte de va-et-vient entre l’exemplaire et l’ordinaire.
Les vertus de l’exemple
Il n’y a pas de formation qui puisse faire l’économie d’une présentation d’exemples. « Pour établir une pratique, les règles ne suffisent pas, écrit Wittgenstein, il y faut aussi des exemples ». L’exemple n’asservit pas comme on a pu le dire ces dernières années dans les instituts de formation où il fallait se défier coûte que coûte des « formes modélisantes ». L’exemple ne formate pas, il donne des idées, il inspire. Le recours à l’exemple n’appelle aucune « singerie » pour reprendre le mot de Kant (Nachäffung), s’il s’accompagne d’une réflexion critique qui sait exhiber ce qui est digne d’être repris.
Mais l’exemple moral, puisque c’est de lui dont il faut parler, a une autre vertu. Il est par nature contagieux. Être témoin d’un comportement courageux, d’une attitude bienveillante ou d’une situation profondément marquée par l’exigence du juste déclenche en nous une réaction émotionnelle qui nous invite à nous comporter, à notre tour, de manière courageuse, bienveillante ou juste. Nous éprouvons ce que le psychologue américain Jonathan Haidt a appelé un « sentiment d’élévation », c’est-à-dire « un désir de [se] lier avec ceux qui sont moralement admirables ». La perception d’un comportement exemplaire nous invite à être à la hauteur de ce qui arrive. L’exemple n’est donc pas seulement une perspective offerte, c’est aussi une motivation pour agir.
(…)Toute personnalité professionnelle se construit par un jeu d’emprunts pleinement assumés à ce qu’elle estime être le plus réussi et le plus respectable d’une tradition professionnelle.
(…) Le travail d’écriture
Telle est la troisième modalité formative que nous préconisons : la mise en mots des expériences de la classe dans ce qu’elles peuvent avoir de plus quotidien. Cela permet non seulement de leur donner corps mais aussi de mettre au jour des aspects moins immédiatement visibles. Il faut savoir être attentif aux émotions et aux sentiments car les pratiques sont des entrelacs de comportements, de pensées, de sentiments et d’émotions. La vocation d’une telle écriture est d’essayer de saisir « d’une manière nuancée, subtile et intense les complexités de l’expérience éthique » (Martha Nussbaum). 
Le récit éthique ne ressemble donc pas à l’écriture froide et prescriptive. Ce n’est pas non plus une parole édifiante qui se donne comme norme. Le récit éthique « raconte », il relate des manières d’être et des façons de faire qui sont toujours intimement mêlées.
Le recours à une telle modalité formative relève de ce que l’on appelle le « narrativisme ». Le « narrativisme » est un point de vue qui accrédite l’idée selon laquelle nous pouvons nous saisir comme sujet si nous adoptons un point de vue narratif sur notre propre existence. C’est une approche qui est défendue, selon des modalités sensiblement différentes, par des philosophes comme Alasdair MacIntyre, Charles Taylor ou encore Paul Ricœur. Le récit, et plus précisément ce que nous appelons le « récit éthique », est toujours narration d’une expérience, narration au sein de laquelle se mêlent des appréciations et des estimations sur ce qui a été fait.
La question n’est pas « que dois-je faire ? » comme dans les dilemmes mais « ai-je bien fait d’agir de la sorte ? ». N’aurais-je pas pu agir de manière sensiblement différente ? Il s’agit de faire retour sur des moments ordinaires de la vie professorale, mais aussi sur des situations qui ne se sont pas toujours passées comme nous l’aurions souhaité car le film de la classe se déploie toujours trop vite. Dans cette troisième et dernière activité, la procédure cognitive de la délibération cède le pas et la place au dialogue moral qui est échange entre partenaires soucieux les uns des autres. On soumet des récits d’expériences, on confronte des témoignages, on partage des expérimentations…  On attend des suggestions, des aides, des conseils car il y a toujours une part de partageable dans ces situations, si différentes et si ressemblantes.
Ordinary ethics
L’éthique est rarement affaire de décisions périlleuses et de comportements exemplaires. Elle se manifeste le plus souvent dans des formes discrètes d’attention et dans des manières quotidiennes d’intervenir et d’engager une interaction. « Lorsque (…) nous évaluons les autres, écrit la philosophe Iris Murdoch, nous ne considérons pas seulement les solutions qu’ils apportent à des problèmes pratiques précis, nous considérons quelque chose de plus subtil » (…) qui « apparaît dans leur manière de parler ou de se taire, les jugements qu’ils portent (…) ce qu’ils trouvent attirant ou louable, ce qu’ils trouvent drôle, en un mot les configurations de leur pensée qui apparaissent sans cesse dans leurs réactions et leurs conversations ».
Il faut savoir prêter attention à ces manières de réagir et de s’avancer. Nous sommes proches de ce que l’anthropologie morale contemporaine appelle « la morale ordinaire » (ordinary ethics) et qui peut s’observer dans le langage et les rapports sociaux de tous les jours. Il ne faut pas se tromper sur cette idée. Cela ne signifie pas que tout est morale, qu’aucun geste, qu’aucun acte, qu’aucune parole n’échapperait à la sphère de la moralité ; cela signifie que la morale s’exprime de manière plurielle, selon des modalités très différentes. Nous sommes loin des dilemmes et des cas moraux, nous sommes sur un autre versant de l’éthique car celle-ci est aussi, et le plus souvent d’ailleurs, manière attentive et respectueuse de se rapporter à autrui.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
 ON N’ENSEIGNE PAS CE QUE L’ON SAIT, ON ENSEIGNE CE QU’ ON EST » Jean Jaurès

La citation complète de Jean Jaurès est : « On n’enseigne pas ce que l’on sait ou ce que l’on croit savoir : on n’enseigne et on ne peut enseigner que ce que l’on est. »
Mais du temps de Jaurès, très souvent le prof était un bon élève et « le voilà confronté du jour au lendemain à des élèves qui ne ressemblent pas à celui qu’il a été et qui sont loin d’accueillir avec ferveur le merveilleux message culturel qu’il se donne la peine de leur transmettre. » Françoise Grard (« La vie secrète des profs » est parue l’été 2013, aux éditions Gulf stream ) 
Françoise Grard part du constat  que les professeurs évoquent rarement leur métier avec leurs élèves, aussi  dans son livre aborde-t-elle toutes sortes de thèmes de la vie d’un prof, de sa formation à sa première affectation, la seconde pâtissant malheureusement de l’inexistence de la première, de son pouvoir (réel ou supposé) à sa possible détresse, des copies à corriger, qui l’occupent une partie des vacances (eh oui !), au jour de l’inspection où la classe est souvent aussi « tétanisée » que lui, etc.
Retenons que « La formation des maîtres s’opère trop souvent et trop volountiers sous le seul signe de la technicité désincarnée» . Pourtant, c’est l’évidence « Le métier d’enseignant est un métier de la relation, de sorte qu’aujourd’hui en matière de formation éthique, disons-le, tout reste à faire. » et franchement ce n’est pas peu de choses, surtout quand on a à faire à des candidats enseignants qui ne sont pas précisément tous des  anciens bon élèves.
Relevons également que la formation éthique des professeurs pourrait s’organiser autour de trois types d’activités : « le travail sur des situations exemplaires, l’exercice du jugement moral et la mise en mots des expériences ordinaires de la vie professorale. » 
On peut  présenter ces activités en mettant l’accent sur ce qu’elles exigent : «  le travail critique, l’exercice du jugement et l’expérience réfléchie » »tout en  soulignant ce qu’elles sollicitent: « l’exemple, le dilemme moral et l’expérience du quotidien. » Encore une fois ceci suppose qu’on ait à faire à des candidats qui bénéficient d’u  certain niveau à la fois sur le plan intellectuel et surtout sur celui de la conscience citoyenne. 
 Le recours à l’exemple n’est en rien un une démarche de  « singerie » pour reprendre le mot de Kant (Nachäffung) : « faites ceci en mémoire de moi » comme disait avec humour feu l’inspecteur Habran. Cela suppose bien au contraire une réflexion critique et épistémologique « qui sait mettre en valeur ce qui est digne d’être repris. » et aussi sur ce qui mérite d’être enseigné par priorité.
« L’exemple moral est par nature contagieux. » 
 (…) Il faut bien voir que « Toute personnalité professionnelle se construit par un jeu d’emprunts pleinement assumés à ce qu’elle estime être le plus réussi et le plus respectable d’une tradition professionnelle. » Nous sommes comme me le dit un jour feu Albert Jacquard le fruit de nos rencontres.
(…) LE TRAVAIL D’ECRITURE
C’ est la troisième modalité formative que  préconise  Eirick Prairat: « la mise en mots des expériences de la classe dans ce qu’elles peuvent avoir de plus quotidien. La vocation d’une telle écriture est d’essayer de saisir « d’une manière nuancée, subtile et intense les complexités de l’expérience éthique » (Martha Nussbaum). 
« Le récit éthique ne ressemble donc pas à l’écriture froide et prescriptive.  Le « narrativisme » est un point de vue qui accrédite l’idée selon laquelle nous pouvons nous saisir comme sujet si nous adoptons un point de vue narratif sur notre propre existence. 
Ceci doit normalement contribuer au travail sur soi auquel se livrera tout enseignant/éveilleur digne de ce nom. En vérité : je suis ce que je dis, comment je le dis.
Le « récit éthique », est toujours narration d’une expérience, narration au sein de laquelle se mêlent des appréciations et des estimations sur ce qui a été fait.
« Il s’agit de faire retour sur des moments ordinaires de la vie professorale, mais aussi sur des situations qui ne se sont pas toujours passées comme nous l’aurions souhaité’ »
Il est clair que quand un enseignant se présente où quand on fait son éloge, par exemple le jour de son départ à la pension, le discours de circonstance met toujours l’accent sur des anecdotes fortes tirées de son parcours professionnel. Ces anecdotes résument sa carrière, son style, ses qualités humaines et ses faiblesses.
« L’éthique est rarement affaire de décisions périlleuses et de comportements exemplaires. Elle se manifeste le plus souvent dans des formes discrètes d’attention et dans des manières quotidiennes d’intervenir et d’engager une interaction. » Cette observation est absolument capitale et mériterait un long développement.
Quand comprendra-t-on que toute action pédagogique se fonde sur les interactions, celle du prof avec ses élèves et inversement. Mais quid des interactions entre élèves, en classe, à la cour de récréation et en dehors de l’école via notamment le chatting mais aussi les jeux, les rencontres, le sport. Il s’agit d’interactions pédagogiques essentielles pour acquérir non seulement les tours de langage mais encore une infinité de comportement exemplaires (ou non) que se transmettre les gamine et les gamins en quelque sorte par contagion.
« Il faut savoir prêter attention à ces manières de réagir et de s’avancer. » Nous touchons ici à ce que l’anthropologie morale contemporaine appelle « la morale ordinaire » (ordinary ethics) »
 Certes « Nous sommes loin des dilemmes et des cas moraux, nous sommes sur un autre versant de l’éthique car celle-ci est aussi, et le plus souvent d’ailleurs, manière attentive et respectueuse de se rapporter à autrui. » Selon Lévinas, le visage révèle le primat de l'éthique. Le visage est le médiateur de la relation à autrui. ... La meilleure manière de rencontrer autrui, c'est de ne même pas regarder la couleur de ses yeux » (Éthique et infini). Difficile d’appréhender les visages quand pour l’instant on est forcé de  se faire face masqué. 
En vérité ce sont il est question ici c’est du rapport dynamique entre  enseignants et apprenants et aussi ne l’oublions surtout pas entre apprenants et apprenants.  Dans les meilleurs des cas ce rapport participe d’un dialogue actif permanent ; il est alors la meilleure préparation possible à la dynamique démocratique car il participe déjà de cette dynamique. En cela l’école est le premier et le dernier recours démocratique comme le montre brillamment l’excellent édito de Natacha Poliny repris ici.
« Ce que l’école peut encore pour la démocratie »
 « Oh, bien sûr, personne n'a la naïveté de croire que, par magie, l'école va éradiquer la violence, la connerie et la frustration ambiante et omni présentes . Personne n'imagine que l'école peut tout, dans un océan d'abandon. » « Il devrait tout de même se trouver quelques esprits pour penser que les lumières du savoir sont une arme pour combattre l'obscurantisme, la barbarie montante et l’ensauvagement, , la haine et les grandes peurs irraisonnées, en offrant à chacun les capacités, non seulement de maîtriser ses pulsions, mais aussi de décider par lui-même, sans dépendre de quelque gourou que ce soit.
 « C'est parce que la nation croit en l'école comme creuset démocratique que les citoyens, collectivement, y trouvent le récit qui les rassemble plutôt que d'y chercher la reconnaissance de leur différence. »
Il est grand temps d’introduire la démocratie dans l’école pour que l’école puisse à son tour inciter les futurs citoyens à agir partout et toujours en parfait démocrates. « Nous avons plus que jamais besoin d'une école fondée sur l'exercice de la raison. » ajoutons, mais aussi de l’éthique, de la liberté de conscience, de l’autonomie, de l’émancipation par le discernement 
MG  

 « LA FRANCE PAYE AUJOURD'HUI L'ABANDON DE SON ECOLE. (Natacha Poliny) 
 Elle la Franc le paye économiquement, elle qui ne peut plus se prétendre une nation d'ingénieurs et de techniciens. (...) 
Professeurs, nous avons besoin que vous retrouviez cette fierté d'œuvrer pour la nation, et en particulier pour ses enfants les plus fragiles", argumente Natacha Polony.
C’est, à l’évidence pareil pour notre Belgique d’expression française ; les Flamands s’en tirant apparemment  mieux.
L’école en ce moment est le tout premier souci de tous les parents parents.
Oui,  « les parents d'élèves ont peur. » La rentrée scolaire est au cœur des préoccupations, je confirme mais j’ai aussi le sentiment très désagréable que  on a de plus en plus l'impression que chez nous également « l'école, en revanche, est le cadet des soucis pouvoirs publics, politiques de tous bords.  Syndicats enseignants et fédérations de parents… l'école, ça ne leur dit rien. Ah ! Si, ce lieu où les enfants se font des copains pendant que leurs parents travaillent…
Nombreux sont les enfants qui , « depuis le vendredi 13 mars, n'ont pas eu le moindre contact avec l'école, et qu'il s'agit évidemment de ceux pour qui elle eût été indispensable ? »

« L'été que nous venons de passer, et qui a vu s'égrener les faits divers atroces et les accès de violence gratuite, nous confronte à un vertige. »
« Oh, bien sûr, personne n'a la naïveté de croire que, par magie, l'école va éradiquer la violence, la connerie et la frustration. Personne n'imagine que l'école peut tout, dans un océan d'abandon. » « Il devrait tout de même se trouver quelques esprits pour penser que les lumières du savoir sont une arme pour combattre l'obscurantisme, la haine et les grandes peurs irraisonnées, et pour offrir à chacun les capacités, non seulement de maîtriser ses pulsions, mais aussi de décider par lui-même, sans dépendre de quelque gourou que ce soit.

« C'est parce que la nation croit en l'école comme creuset que les citoyens, collectivement, y trouvent le récit qui les rassemble plutôt que d'y chercher la reconnaissance de leur différence. »
Le Conseil national de la Résistance voyait en l'école la « possibilité effective, pour les enfants français, de bénéficier de l'instruction et d'accéder à la culture la plus développée, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance, mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires » ). Il y a déjà longtemps que les résultats de toutes les réformes imposées aux professeurs - avec le consentement sincère et masochiste de beaucoup - ont érodé la confiance nécessaire entre les citoyens et l'institution.
Les dégâts occasionnés par les enseignants incompétents sont un peu plus problématiques que pour un manutentionnaire ou un employé de bureau. 
La formation des enseignants, bien sûr, et la maîtrise de leur métier, de ses techniques, mais aussi la certitude, chez eux, du sens de leur mission. Car, seule cette certitude leur donne l'autorité nécessaire face à des enfants arrivant désormais à l'école sans rien qui les prédispose à devenir des élèves. C'est cette certitude qui leur permettra de sanctionner un élève qui transgresse systématiquement les règles, car c'est dès cet âge que s'impose le respect de l'autorité ou qu'au contraire s'installe le sentiment d'impunité (les voyous qui ravagent les Champs-Élysées et caillassent du flic ont accumulé depuis des années ce mépris de l'autorité et de ceux qui l'incarnent, et savent visiblement de quel côté est la peur). 
Rappelons-le : professeur n'est pas exactement un métier dans lequel on élabore un plan de carrière. À part les points qui tombent à l'ancienneté et permettent d'obtenir un établissement plus demandé par les autres, aucune progression. 
Les professeurs, qui vivent depuis trente ans la démolition, pierre par pierre, de l'édifice à coups d'idéologies délirantes, qui s'entendent accuser par les uns de développer un « racisme systémique » ou de discriminer des jeunes gens issus de l'immigration, dont on a décidé qu'ils ne devaient surtout pas s'intégrer et s'approprier la culture et la mémoire du pays où ils vont vivre, par les autres de pratiquer un élitisme coupable, de traumatiser les chers petits dès qu'ils leur demandent un effort ou leur signifient qu'ils n'ont rien fait et de les endoctriner à coups de grandes œuvres surannées au lieu de les laisser « acteurs des apprentissages », sont des héros s'ils conservent encore un semblant de vocation.
Nous avons plus que jamais besoin d'une école fondée sur l'exercice de la raison. 
Et c'est une urgence plus ardente que la quête d'un risque zéro sanitaire. Professeurs, nous avons besoin que vous retrouviez cette fierté d'œuvrer pour la nation, et en particulier pour ses enfants les plus fragiles. Nous avons besoin que vous soyez persuadés que chaque jour de transmission des savoirs est un jour essentiel de progrès des Lumières.
COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ET LA BELGIQUE ?
Il se pourrait que chez nous, en Communauté française, et  beaucoup moins  en Flandre, la situation soit plus dramatique encore. Mais cela c’est une autre histoire.
Retenons qu’ il est grand temps d’introduire la démocratie dans l’école pour que l’école puisse à son tour inciter les futurs citoyens à agir partout et toujours en parfait démocrates.  « Nous avons plus que jamais besoin d'une école fondée sur l'exercice de la raison. » ajoutons, mais aussi de l’éthique, de la liberté de conscience, de l’autonomie, de l’émancipation par le discernement.
MG 


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