mardi 29 septembre 2020

" La Flandre a fait une croix sur Bruxelles "


PAUL GÉRARD L’Echo

On l'appelle parfois la mémoire de la rue de la Loi. Rik Van Cauwelaert passe en revue la dernière séquence fédérale et balise la suite. Disons que c'est assez cash.
Het geheugen van de Wetstraat. On l’appelle parfois comme ça : la mémoire de la rue de la Loi. Rik Van Cauwelaert (70 ans) baigne dans la politique depuis toujours. Chroniqueur au Tijd (et ex-rédacteur en chef de l’hebdomadaire Knack), il passe en revue la dernière séquence fédérale et balise la suite. Comme on va le voir, tourner autour du pot n’est pas sa spécialité.
La Vivaldi
« On a bien compris en Flandre que, pour le PS, ce serait difficile avec la N-VA. Ce qui nous met mal à l'aise, c'est l'absence de majorité flamande dans cette configuration Vivaldi. » La coalition en négociation associe PS-SP.a, MR-Open Vld, Ecolo-Groen, CD&V et ne rassemble en effet que 41 sièges sur les 89 du groupe linguistique néerlandais à la Chambre.
« Il y a aussi la crainte que la Vivaldi ne penche trop à gauche parce que ce gouvernement finira, tôt ou tard, par lever de nouvelles taxes. Or, la Flandre n’est pas majoritairement à gauche, c'est le moins qu'on puisse dire. »
 « Mais voilà, la réalité est ce qu'elle est, il faudra s'y faire. Il y a cette idée, parmi les partis flamands et dans l'opinion publique, que cela assez duré : maintenant il faut y aller. On préférera certainement avoir un Premier ministre flamand pour compenser. Si ce n'est pas le cas, ce sera très difficile à faire accepter. »
"La seule chose qui tient les partis flamands de la Vivaldi, c'est la peur des élections."
 « Au moins, avec la Vivaldi, on n'aura pas d'élections. En fait, tous les partis flamands de la Vivaldi ont peu à gagner dans ce gouvernement. Mais ils ont tout à perdre dans l'alternative, c'est-à-dire les élections. C'est la seule chose qui les tient: la peur des élections, la peur de se retrouver avec 50% pour le Vlaams Belang et la N-VA ensemble. »
Paul Magnette et le PS
« Chaque fois qu'il vient à la télé flamande, il fait très bonne impression. D'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi il ne le fait pas plus souvent. Il parle très bien le néerlandais, il est pondéré, son propos est clair. Il inspire une certaine confiance, ce qui n'est pas du tout évident pour un PS.» 
Malgré son discours très à gauche? « Oui. J'ai remarqué que, devant les Flamands, il sait limer son discours. Il est perçu comme crédible, quelqu'un avec qui on peut parler. En tant que bourgmestre de Charleroi, il montre d’ailleurs un certain pragmatisme. Qu'on soit de gauche ou de droite, à un moment c'est la réalité sur le terrain qui compte. »
"Les socialistes ont un problème avec la Vivaldi. Rien de ce que le précédent gouvernement a fait et qu'ils ont combattu ne sera biffé."
 Ni la pension à 67 ans, ni la limitation des allocations d'insertion à 36 mois, rien. S'il n'a pas le poste de Premier ministre, je me demande comment il va convaincre son congrès que la Vivaldi n'est pas une nouvelle Suédoise... »
Georges-Louis Bouchez
« On découvre le personnage. Sa manière de communiquer est... cocasse. Mais, d'un autre côté, il y a aussi du respect pour ce qu'il a osé faire. »
"J’ai entendu dire plus d’une fois : ‘Celui-là, il faudra le tenir à l'œil’."
C’est-à-dire ? « Tout à coup, alors qu’on approchait de l'arrivée, il a osé bloquer tout le processus. C'était une manœuvre audacieuse, on verra plus tard si cela réussit ou pas. Mais il a mis le doigt sur le fait qu'il n'y avait d'accord sur rien. Il a dit : on peut faire semblant, mais on n’a pas d’accord.  En Flandre, il n'est pas passé pour ridicule. »
Et son côté belgicain? « Oui, là, il n'y a pas grand monde pour trouver ça génial. C’est vieux jeu. Il n'y a qu'une toute petite partie de l'opinion flamande qui est sensible à ce discours. Ça ne fait pas de Bouchez un ennemi, disons plutôt que c'est vu comme une curiosité. Car tout le monde sait qu'il n'y a pas de retour possible à la Belgique unitaire. » 
 « Je ne suis pas bien sûr que le CD&V joue un rôle déterminant dans la configuration actuelle. Ils ont fait le choix d'être dans la Vivaldi, mais ils ne sont pas nécessaires. Ils savent très bien que ce qu'ils proposent pour le 16 rue de la Loi n’est pas crédible. Quand on parle avec Koen Geens, à aucun moment on n'entend son envie du Seize. Quant à Hilde Crevits, elle a dit partout qu'elle était contre la Vivaldi et elle n'a aucune expérience ni sensibilité fédérales. En fait, pour une question de concurrence électorale, je crois que le CD&V préférerait encore Magnette à De Croo. »
« Plus fondamentalement, le CD&V joue son existence. La crainte de ne plus exister en 2024 est très présente. Joachim Coens donne l'impression de s'accrocher à cette Vivaldi dans l'espoir de se refaire une image. Ils n’y sont pas parvenus dans le gouvernement précédent: dans la Suédoise, le CD&V a été nul. À aucun moment, ils n'ont su faire la différence. »  
 « En Flandre, Alexander De Croo est quelqu'un qui est acceptable pour tout le monde. Il est crédible dans la gestion, il a des idées, mais il est aussi pragmatique, il est polyglotte. Il est capable de mettre ses propres ambitions en sourdine. Un exemple : il convoite le Seize, mais n'en parle pas. »
« Et puis, Alexander est bien coaché politiquement par son père Herman. On croit que c'est un amuseur mais, en face à face, son père est l'homme le plus sérieux que je connaisse. » 
« Conner Rousseau
Il est né dans une famille socialiste (sa mère a été sénatrice et bourgmestre de Saint-Nicolas, NDLR), c'est un proche de Freddy Willockx notamment. Il a de vraies racines socialistes. Mais ce n'est pas un théoricien à la Paul Magnette, qui a tendance à rester sur la ligne socialiste traditionnelle. Avec Rousseau, c'est beaucoup plus flou. Par exemple, même si les discussions entre socialistes et N-VA n'ont pas réussi, il a toujours gardé le lien avec Bart De Wever. Il sait qu'ils ne sont pas ennemis pour la vie.» 
« Dès le début, Bart De Wever m'a dit: ‘Attention, ne le sous-estimez pas’. Rousseau, ce n'est pas le jeunot superficiel qu’on présente souvent. Il sait très bien ce qu'il fait et soigne ses arrières. » 
 « La N-VA est mal à l'aise pour le moment. Regardez leur opposition à la Chambre, ils ne savent pas s'y prendre. C'est brutal, mesquin. Bart De Wever lui-même a dit des choses qui ne sont pas du niveau d'un président de parti. Même le Vlaams Belang a montré plus de style. Ils doivent faire très attention. Ils devront s'adapter et mener une véritable opposition, sur le fond. »
Bart De Wever est-il, lui aussi, aux prises avec une question existentielle? 
«La N-VA, c'est un peu comme le parti de Macron en France: il y a lui et personne d'autre. C'est lui qui tient le bazar ensemble. Sans lui, ce parti risque de connaître une trajectoire à la Volksunie et de s'effriter entre aile gauche et aile droite. Car c'est un parti très divisé entre ceux qui ont le réflexe social et ceux qui ne l'ont pas du tout. » 
« Selon moi, De Wever a fait une erreur de jugement en attaquant Bouchez. Aujourd'hui, il dit que Magnette ne voulait pas de Bouchez et lui a fait faire le sale boulot. C'est une excuse qui n'en est pas une. Pour réussir, il avait besoin des libéraux. Diviser Open Vld et MR, ça n'allait pas marcher.»
Selon moi, les francophones ne comprennent pas bien l'extrême droite flamande. Ils font toujours référence au passé, à la guerre; le Vlaams Belang, c'est la grande vague noire qui déferle sur la Flandre. Non, ce n’est pas le sujet : le Vlaams Belang, c'est l'opposition. Les gens ne votent pas Vlaams Belang pour éviter les migrants, mais parce qu'ils en ont marre que leurs problèmes de la vie de tous les jours ne soient pas réglés. Pour eux, le Vlaams Belang c'est le bâton avec lequel on tape. » 
"Mentalement, la Flandre a fait une croix sur Bruxelles: s'il le faut, elle la lâchera."
 « Bruxelles est un point de clivage important, c'est sûr. Mais les francophones doivent bien se rendre compte d'une chose: pour les Flamands, Bruxelles est de moins en moins nécessaire. Par le passé, la Flandre disait qu'elle ne lâcherait jamais Bruxelles. Ça, c'est fini. Mentalement, la Flandre a fait une croix sur Bruxelles: s'il le faut, elle la lâchera. Regardez un Bart De Wever, il ne s'intéresse pas une seconde à ce qui se passe à Bruxelles. Il sait que ce n'est pas une ville flamande. D'ailleurs, ce n'est même plus une ville francophone: c'est international. La Flandre ne se battra pas, elle ne se battra plus pour Bruxelles. Cela dit, chez les Wallons, ce n'est pas le grand amour non plus. En Flandre, on l'a bien observé. »
 « L'indépendance totale, le séparatisme, c'est la vision romantique du vieux mouvement flamand qui n'existe pratiquement plus. C'est du passé, à part chez quelques-uns au Vlaams Belang. Non, aujourd'hui, c'est le confédéralisme qui est visé. On y est presque d'ailleurs. Il n'est pas possible de prendre chaque fois 500 jours pour faire un gouvernement. 
Tôt ou tard, il faudra se poser cette question: que veut-on encore faire ensemble? 
Au PS, ils savent que cette question viendra sur la table et je pense même qu'ils sont mieux préparés à cette discussion que la N-VA. » 
"Tôt ou tard, il faudra se poser cette question: que veut-on encore faire ensemble? Au PS, ils savent que cette question viendra sur la table."
Mais c'est quoi, le confédéralisme à la flamande? « C'est d'abord la responsabilité financière. On veut la transparence sur le financement des uns et des autres. Avec des mécanismes de solidarité, naturellement, mais on veut la clarté. Que chacun puisse gérer sa Région comme il l'entend. Cela ne réglera pas tous les problèmes de la Flandre, mais ça permettra d'y remédier plus vite. On n'aura plus l'excuse de dire que les francophones nous freinent. On sera alors pleinement responsables de nos propres actes. » 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
TOT OU TARD, IL FAUDRA SE POSER LA QUESTION CLE: QUE VEUT-ON ENCORE ENTREPRENDRE ENSEMBLE? 

«  LES PARTIS FLAMANDS DE LA VIVALDI ONT PEU A GAGNER DANS CE GOUVERNEMENT. MAIS ILS ONT TOUT A PERDRE DES ELECTIONS. » RIK VAN CAUWELAERT
On ne saurait mieux synthétiser la sensibilité flamande d’aujourd’hui. 
On retiendra que Bart De Wever est aux abois, qu’il est (comme Macron) le ciment qui fait tenir ce parti au bord de l’éclatement : qu’il a eu grand tort de se brouiller avec Bouchez. Surtout on prendra acte du fait que les Flamands seraient désormais prêts à lâcher Bruxelles.
Surtout, les francophones devront prendre consience d’une chose essentielle : « Eux les francophones ne comprennent pas bien l'extrême droite flamande. Ils font toujours référence au passé, à la guerre; le Vlaams Belang, c'est la grande vague noire qui déferle sur la Flandre. Non, ce n’est pas le sujet : le Vlaams Belang, c'est l'opposition. Les gens ne votent pas Vlaams Belang parce qu'ils en ont marre que leurs problèmes de la vie de tous les jours ne soient pas réglés. Pour eux, le Vlaams Belang c'est le bâton avec lequel on tape. » 
Si on veut découvrir une version hard au picrate de la même chose, on lira la carte blanche de Jean Marie De Decker dans Knack  qui fait un tabac dans un style plus incisif, voire sarcastique qui semble beaucoup plaire aux lecteurs de cet hebdo qui le placent en tête de leur hit parade. Nous avons tenté de traduire ce texte truculent en nous efforçant d’en préserver ce ton sarcastique et polémique dont JMDD a le secret.
JMDD est devenu depuis son éviction du VLD le compagnon de route, l’idiot utile de l’extrême droite nationaliste flamande. Il a poussé la liste NVA à la chambre mais on a l’impression que son cœur penche de plus en plus vers le Belang qui monte, qui monte et qui rameute toutes les voix protestataires, les « foertstemmen » comme on les appelle en Flandre. En liant le courrier des lecteurs du Laatste Nieuws on prend consience de la colère de très nombreux chrétiens démocrates et libéraux flamands qui disent clairement qu’ils voteront belang au prochain scrutin. Cela donne froid sans le dos.
MG


'VLAMINGEN ZIJN HET GROOTSTE LEIBANDVOLKJE VAN DE WERELD'
LES FLAMANDS SONT LES TOUTOUS LES PLUS DOCILES AU MONDE
Jean-Marie Dedecker (LDD) in Knack librement traduit
Pour le Président du LDD qui a poussé la liste de la Chambre N-VA en 2019 « cette coalition Vivaldi est une cacophonie sans précédent de quatre idéologies et de sept partis désavoués par l’électorat et réunis en une formation fédérale bancale de perdants. Il s’agit d’un totem branlant de sept nains qui n'obtiennent une majorité qu'en se hissant sur les épaules les uns des autres". « Dans notre petit royaume, l’organisation d'élections législatives n'est plus qu’un  grotesque exercice d’ergothérapie collective, un jet de poudre aux yeux entraînant un gros gaspillage d'argent. Depuis le dernier scrutin du 26 mai 2019, nous sommes gouvernés par un cabinet croupion :  un Premier ministre et sept ministres issus du MR, un parti francophone  qui a perdu six sièges à l'époque et qui en compte aujourd'hui à peine 14 sur un total de 150. Ce parti schtroumpf non seulement dispose de plus de la moitié des portefeuilles ministériels, mais il fournit de surcroît le président du Conseil européen et notre seul commissaire européen. Ce n'est pas tellement qu’il boxe au-dessus de sa catégorie de poids, en fait, il s’agit là d’un véritable coup d'État. Le CD&V et l’Open VLD ont rejoint cette junte MR avec trois ministres chacun, alors qu'en 2019, ils avaient tous les  deux été réduits à 12 sièges dans l'hémicycle 
Les Flamands seraient-ils devenus le peuple de toutous le plus docile au monde ?
Un rapide flashback nous apprend qu’une coalition de baby-boomers auto satisfaits style Verhofstadt, Onkelinx et Vande Lanotte a dilapidé autrefois sept pour cent de notre PIB avec la violette verte au début de ce siècle en à peine huit ans, malgré le boom économique de l'époque. Le gouvernement violet-vert de l’époque a transformé notre facture d'électricité en une véritable déclaration fiscale et ils ont  pillé le Trésor public par des opérations de vente et de location tordues  incroyablement coûteuses (84 bâtiments gouvernementaux on été bradés pour lesquels nous continuerons à payer la facture jusqu'en 2030), ils ont asséché  les fonds de pension des entreprises publiques et ouvert un Fonds de pension qui ne contenait que des paiements à la  Judas. L'héritage du premier gouvernement violet-vert pèse encore très lourdement sur notre budget fédéral à ce jour. Il alourdit encore la charge fiscale actuelle,  l’une des plus élevées au monde. Un toit se répare quand le soleil brille, mais eux ont dilapidé les tuiles.
Leurs héritiers leurs descendants directs  pour certains  (De Croo, Lachaert, Coens, et même Rousseau...) se retrouvent à nouveau dans une coalition bigarée de perdants qui est loin de représenter la  volonté des électeurs flamands. Tous des jeunistes assoiffés de pouvoir et incapable d'épeler le mot démocratie, encore moins de le prononcer. Que les gens du peuple  soient vraiment en colère les laisse de glace. Cela leur conviendrait même car la colère distrait. Le seul recours  de Jan Modaal, le citoyen lambda flqmand  c’est son bulletin de vote. Mais pas question : élections et  référendums sont verrouillés avec zèle. Avec une belle unanimité les présidents des partis coalisés s’assoient de tout leur poids sur les couvercles des urnes. Les opinions des citoyens flamands comptent pour du beurre.  Leur comportement de votants est taxé  de  populisme. Leur plus grande hantise c’est que les masses électorales ne lorgnent vers les extrêmes en signe de protestation.
En pointant à chaque fois le populisme comme le péril majeur, l'élite politique belge ne fait que masquer son propre échec. Elle se renie elle-même en bafouant la démocratie. Par le biais du cordon sanitaire, les votes de droite sont purement et simplement effacés à chaque scrutin  et comme une majorité des deux tiers flamands est nécessaire pour une réforme constitutionnelle, on nous ressert à chaque fois  de facto une politique de gauche au niveau fédéral. À partir de ce 1er octobre, nous devrons donc nous soumettre, une fois de plus,  à la doxa sociale-démocrate avec son  hymne de louanges à l'Europe,  avec la rengaine des  bienfaits de l'immigration,  la condamnation morale du patriotisme et du nationalisme, le triomphe du politiquement correct, la stigmatisation de l'identité et les psaumes de la religion climatique.
Le nouvel accord cadre Vivaldi est un vitrail sans plombs. Cette coalition est une cacophonie sans précédent de quatre idéologies et de sept partis, un totem branlant de sept nains qui n'obtiennent la majorité qu'en se hissant sur les épaules les uns des autres et luttant ensemble jusqu'à ce que le seuil électoral soit atteint. Ce programme de coalition est tout sauf  une vision cohérente pour un pays plus performant mais un méchant collage de cartes de vœux pieux. Si on en croit la note de travail qui a été rendue publique  la semaine dernière, tout le monde obtiendra ce qu'il demande, quoique  personne n'engrangera ce qu'il veut vraiment. Les Verts sont tellement  excités à l’idée de leur accession au  pouvoir qu'ils n'ont même pas réussi à imposer une certitude formelle pour leur revendication fétiche : la fermeture des centrales nucléaires.
Ils se pâment devant la promesse toute hypothétique  que "la dépendance de notre production d'énergie nucléaire sera encore réduite". En 1999, Verhofstadt leur avait fait la même promesse et, en 2003, ils ont été rayés de la carte par les électeurs pour leurs intimidations et leur misanthropie gauchisante. Les espoirs des beaux jours à venir sont aussi éphémères et aussi toxiques que le Novichok. Le CD&V obtient deux promesses : un veto sur l'avortement et l’espoir d’une hypothétique  réforme de l'État. L'article 34 de la Constitution, qui n'a jamais été appliqué depuis 1993, serait ouvert à la révision en 2024.
Qui donc les  croit encore, ces gens-là ? Qui plus est, ils sont en surnombre dans cette coalition, ce qui fait que chacun peut être éjecté sine die.
Alexander De Croo sera, à l’évidence, le prochain premier ministre. Ainsi, Egbert Lachaert payera sa dette d'honneur pour son soutien à l'accession à la présidence du VLD. On cherchera avec une loupe grossissante les accents idéologiques libéraux dans la note préparatoire qui promet le pire. Ces paresseux veulent dépenser des milliards sans nouvelles rentrées fiscales  et ils  osent prétendre par-dessus le marché  qu'ils vont présenter un budget équilibré. Les millionnaires et les fameuses taxes digitales  dont on ne peut que supputer les revenus, sont des châteaux de cartes fiscaux. 
Nos voisins du sud ont déjà dû avaler des couleuvres quand il est apparu que les contre-mesures des États-Unis pénaliseraient les exportations françaises à un point tel que la diminution des recettes fiscales sur les exportations dépasserait celles des taxes sur les Gafas.  
Bientôt, l'accord de coalition sera ratifié et approuvé  avec des scores staliniens lors des congrès de partis par leurs membres convoqués à la hâte au Vooruit pour le SP.A ou à l'Ancienne Belgique pour l'Open VLD accompagnés de discours stratégiques prononcés avec les tremolos et beaucoup d’émotion par des vétérans et par les jeunes coryphées. Les votes négatifs seront étouffés par les applaudissements serviles des militants du sérail  et l'accord de coalition de la gauche verte sera ratifié massivement.
Ce qui prévaudra, ce n'est en aucune manière le contenu du pseudo accord de coalition bancal mais au contraire l'intérêt personnel des excellences. Ces partis fragmentés ne sont plus du tout préoccupés par l'intérêt général, mais tout au contraire par une stratégie de survie. Nos gens d'abord. Eigen volk eerst ! Les copains d’abord.
Je respecte  en ce qui me concerne toute coalition gouvernementale, de l’alliance  rouge  violette,  ou verte ou jaune, à la seule  condition qu'elle reflète la volonté de l'électeur. 
A l'exception d'Ecolo, six des sept partis Vivaldi ont subi une raclée électorale, et ils  ne représentent donc plus qu’eux-mêmes. Le PS, le SP.A et le CD&V ont obtenu le pire résultat électoral de leur histoire. Il s’agit là d’un déficit démocratique majeur. Cette coalition de perdants ne tient ensemble qu’avec avec beaucoup de salive  et de papier collant, mais surtout elle crache carrément au visage du peuple. Les Flamands sont devenus les toutous les plus dociles au monde. C'est carrément une honte.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY
VIVALDI-AVANTI POUR EVITER OU SIMPLEMENT RETARDER NVA-BELANG ?

Pour qui sait lire entre les lignes JMDD et Rik Van Cauwelaert disent exactement la même chose même s’ils le disent autrement. A nous citoyens critiques d’analyser leurs propos avec lucidité et discernement. La Vivaldi-Avanti verra le jour mais elle créera des tensions politiques fortes avec le « bloc » NVA-Blang qui fera tout pour apparaître sous un jour lisse et une apparence fréquentable avec des intentions qui cependant sont les mêmes qu’avant le scrutin : plus d’autonomie par le confédéralisme. Pas sûr que l’attelage Vivaldi contre nature tienne quatre ans. En cas de rupture et d’élections anticipées la sanction électorale infligée aux coalisés sera terrible en Flandre à n’en pas douter.
MG  

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