mercredi 30 septembre 2020

«Menteur», «rien d’intelligent», «clown»: vifs échanges entre Trump et Biden au premier débat présidentiel


Le modérateur Chris Wallace a été contraint de recadrer le débat en haussant le ton après une heure de vifs échanges entre les deux hommes.
par Belga et Le Soir
Donald Trump et Joe Biden ont commencé à batailler mardi dès l’ouverture de leur premier débat à Cleveland, concentrant leurs vifs échanges sur l’assurance-santé et le Covid-19, dans une ambiance électrique à 35 jours de l’élection présidentielle américaine.
« Tout le monde sait que c’est un menteur », a lancé, très en verve, le candidat démocrate au sujet du président républicain, après moins de quinze minutes de duel télévisé suivi par des dizaines de millions d’Américains.
Alors que la cacophonie l’emportait, l’ancien vice-président a ensuite demandé au 45e président des États-Unis de « la fermer ».
« Il n’y a rien d’intelligent en vous », a raillé, un peu plus tard, Donald Trump, qui ne cesse de mettre en doute la santé physique et mentale de son rival et qui espérait une bonne soirée ou un faux-pas de son rival pour refaire son retard dans les sondages.
Le milliardaire républicain, qui brigue un second mandat, a tenté d’accuser Joe Biden, issu de l’aile modérée du parti démocrate, de vouloir un système de santé « socialiste » défendu par la gauche radicale.
Le candidat démocrate a lui dénoncé la volonté du locataire de la Maison Blanche d’installer une juge conservatrice à la Cour suprême juste avant le scrutin du 3 novembre. « Ce qui est en jeu ici, c’est que le président a dit clairement qu’il veut se débarrasser de l’Affordable Care Act », la loi d’assurance-maladie plus connue sous le nom d’Obamacare, a-t-il déploré.
Les deux candidats septuagénaires se sont ensuite écharpés sur le bilan de la pandémie de Covid-19 aux Etats-Unis, pays le plus endeuillé au monde avec plus de 205.000 morts. « Vous n’auriez jamais pu faire le travail que nous avons fait, vous n’avez pas cela dans le sang », a martelé Donald Trump.
« Je sais ce qu’il faut faire » tandis que « le président n’a aucun plan », a répondu Joe Biden.
À plusieurs reprises, Joe Biden s’est montré exaspéré d’être régulièrement coupé par son rival lors de ses interventions, glissant même « c’est difficile de placer un mot face avec ce clown ».
Le modérateur Chris Wallace a été contraint de recadrer le débat en haussant le ton après une heure de vifs échanges entre les deux hommes. Il a prié les candidats de s’en tenir à deux minutes de parole non interrompues et de passer à un autre sujet, celui des tensions raciales aux USA.


 COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"TU VEUX BIEN LA FERMER, MEC ?"

Insomniaque, impatient et surtout très curieux, j’ai voulu assister en direct à la confrontation des deux candidats. Lamentable ! On n’a jamais assisté à un débat présidentiel aussi tendu : Donald Trump et Joe Biden se sont gaiment insulté  lors du premier débat en direct.  Tous deux ont montré très clairement leurs faiblesses et ont brillé par leur médiocrité. Ce duel yankee ressemblait à une scène de western quand le juste et le truand s’affrontent au colt dans la rue principal désertée par les habitants. Aucun des deux protagonistes n’a été abattu mais la démocratie a mordu la poussière. 
En prélude Joe Biden a souri à Trump en lui lançant un "Comment ça va, mec" - ensuite les deux boxeurs se sont écharpés pendant une heure et demie avec une incroyable brutalité.
Ils ont débattu des questions les plus sensibles du moment : la gestion pitoyable de la crise de Corona, les incendies de forêt sur la côte ouest, les imprécation contre le racisme et la nomination du juge Amy Coney Barrett à la Cour suprême.
Trump a martelé qu’il était en droit de  nommer la conservatrice Amy Coney Barrett comme successeur de feu la grande Ruth Bader Ginsburg. Après tout, dit-il, il a été élu pour quatre ans, et non trois. Joe Biden a insisté qu'un nouveau juge devrait être nommé après le scrutin . L'élection était en cours depuis longtemps, a déclaré l'ancien vice-président, en faisant référence à la procédure de vote anticipé et au vote par correspondance.
Trump , on le sait, entend priver les femmes du droit à l'avortement et il est déterminé à abolir l'assurance maladie "Obamacare". Il a nié la chose  pendant le débat en alléguant que personne ne savait ce qui allait se décider en matière d'avortement ni quelles étaient ses intentions quant à l’Obamacare. Biden, à son tour, s'est insurgé contre l'accusation de Trump selon laquelle son parti voulait une "médecine socialiste" plus radicale que l’ "Obamacare". À l'appui de cette affirmation, Biden s’est exclamé : "Mon parti, c'est moi. Je suis pour l’instant  le Parti démocrate. Le programme de mon  parti est celui auquel j’adhère". En affirmant  cela, Biden voulait faire preuve de force et réfuter l'accusation selon laquelle la gauche le poussait à aller de l'avant. Cette phrase a aussitôt fait le buzz sur la sphère Twitter progressiste et a jeté le trouble au sein de son parti cette phrase devrait encore occuper le parti.
Trump et Biden se sont  battus comme des chiffoniers pour conquérir les faveurs des électeurs.
Sur la question du coronavirus, Trump était sur la défensive.  Biden a rappelé aux Américains que le président avait d'abord affirmé que le virus serait parti avant Pâques tout en sachant à quel point il était contagieux et mortel. Trump lui-même a admis avoir minimisé le danger en prétendant avoir agi pour ne pas créer de panique. 
Il a ajouté  avec morgue qu'en dépit des 205 000 morts, son gouvernement avait fait un "travail phénoménal" contre la "peste chinoise". Il a également renouvelé l'affirmation selon laquelle un vaccin contre la corona serait disponible "dans quelques semaines". Le pays doit ouvrir son économie largement, a déclaré M. Trump. Ce qui se passait dans les "villes fantômes" comme New York était  épouvantable.
Bref ce fut l’affrontement entre la mauvaise foi crasse et l’angélisme cucul la praline au cours d’un muppetshow de très médiocre qualité. Pauvre Amérique et surtout pauvre démocratie.
MG

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