mercredi 28 octobre 2020

2020, "une année de merde" quand on a 20 ans


RTBF

Depuis le début de la crise du coronavirus, la jeunesse a souvent été pointée du doigt pour son manque de respect des mesures sanitaires. Fêtes clandestines, gestes barrière négligés : les exemples ne manquent pas. Mais que pensent ces jeunes, de l’année qu’ils sont en train de vivre ? Beaucoup ont perdu le sentiment d’insouciance, de liberté et de camaraderie. Avoir 20 ans en 2020, cela n’aurait rien de drôle à l’écoute de témoignages.

Loris, Babou et Fevzi sont 3 jeunes qui ont des parcours diamétralement opposés. Babou fait son bachelier en développement durable à Namur. Loris travaille dans le milieu du foot, et Fevzi termine sa rhéto dans la filière technique. Trois univers avec un point commun : ils ont 20 ans ou presque.
"C’est vraiment une année de merde" s’exclame Fevzi. A bientôt 20 ans, ce jeune Bruxellois est en 6e électromécanique à l’institut Cardinal Mercier à Schaerbeek. L’après-midi où nous le rencontrons, il discute avec d’autres dans la bibliothèque de l’école. La bande tue le temps car plusieurs cours sont suspendus. Certains professeurs sont en quarantaine et parfois positifs au coronavirus.
Pour Fevzi, le quotidien à l’école ressemble à une galère. "Il faut rattraper la matière qu’on n’a pas pu avoir pendant le confinement. Et maintenant, avec la deuxième vague, on est repartis pour un tour. C’est vraiment une situation compliquée", nous confie-t-il.
Un ennui à combattre
Depuis le mois de mars dernier, la jeunesse n’a pas pu se faire comme avant. Hormis cet été, les soirées entre copains ont été fortement compromises. Et que dire des interactions sociales réduites au strict minimum. Les contacts avec l’extérieur se résument la plupart du temps, à des échanges de SMS ou de messages sur les réseaux sociaux. Quant à ceux qui étudient, c’est de plus en plus devant un ordinateur, à domicile, qu’ils suivent les cours.
Babou est étudiante en développement durable dans une haute école du Namurois. Entre ses cours à distance et en présentiel, elle nous offre un peu de son temps pour nous faire part de son mal-être. "Cette crise me rend moins souriante. J’ai moins le moral. Mes parents s’en inquiètent même", nous explique-t-elle.
"Un vrai yoyo émotionnel"
Pour ses 20 ans, en avril dernier, Babou n’a pas pu fêter ce cap comme il se doit. Depuis le début de la crise, elle ne prend pas le risque de faire des soirées qui iraient à l’encontre des règles sanitaires. Du coup, ce qui lui manque cruellement, c’est d’être avec ses amis. Et puis, elle regrette un manque de clarté dans ce qu’on doit mettre en place pour lutter contre le coronavirus.
"On nous donne de l’espoir. On nous le retire. Ce qui se passe là, c’est un vrai yoyo émotionnel. Moi, je serais d’avis qu’on prenne des mesures très restrictives pendant 6 mois et puis qu’on tente de retrouver des liens sociaux progressivement", soupire Babou.
Être positif
Face à cette réalité pour le moins morose, certains restent optimistes ou en tout cas, tentent de le faire. "C’est mon principal objectif en ce moment. Voir le positif !", rappelle Babou. De manière assez surprenante, il y en a par contre qui passent une bonne année. C’est le cas de Loris, 20 ans prochainement.
Ce passionné de foot vient de décrocher son premier job en pleine crise du coronavirus. Il est analyste vidéo au football club de Seraing. En clair, il filme les joueurs pendant leurs entraînements et matchs, et ensuite décortique les phases de jeu avec l’équipe. Il est, en quelque sorte, un adjoint de l’entraîneur.
"J’ai un job, obtenu mon CESS, décroché mon permis de conduire. Malgré le Covid, c’est une chouette année", explique Loris. Loin d’être un grand sorteur, il a profité du confinement pour rédiger son CV, créer des liens avec des professionnels du foot. "Je me suis préparé à la vie active", ajoute Loris.
L’amour, l’amitié, l’insouciance, la fête, la liberté : voilà des mots qui doivent en principe caractériser la vie de ces jeunes. Si certains d’entre eux vivent cette période coronavirus sans trop de difficultés, d’autres souffrent plus et n’espèrent qu’une chose : retrouver la fureur de vivre pour le reste de leur vingtaine.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
POURQUOI CES TROIS LA ?

Je vous propose le portrait d’une étudiante de 21 ans.
Appelons la Zoé. Ce n’est pas son vrai prénom.
A dix huit ans après sa sortie de rhéto elle décide de travailler pour accumuler un petit pécule. Lassée par cette expérience éphémère mais formatrice, elle décide d’entreprendre des études de droit et termine cum laude sa première année de bachelière malgré ou grâce aux contraintes distantielles. 
En septembre 2020, elle décide de charger la barque et d’entreprendre en sus un master en philosophie. Elle travaille d’arrache pied et se prive de toute relation sociale mais non point affective. Pour se détendre elle dessine.
Certes l’avenir la préoccupe mais elle a décidé de s’armer au mieux pour l’affronter. Elle vit en collocation avec Martine qui a 19 ans et est en seconde année et de physique et de mathématique à l’ULB.  
 Qu’est ce qui caractérise ces deux jeunes femmes : elles refusent de geindre et de s’apitoyer sur leur sort. Elles prennent leur destin en main et font preuve de caractère.
Je pourrais vous parler d’un troisième larron qui glande et se morfond tout en s’adonnant la nuit aux jeux vidéos. Sans intérêt.
No comment
MG    

Aucun commentaire: