vendredi 16 octobre 2020

Allemagne : le premier centre de théologie islamique inauguré dans une université publique


Le premier département de théologie islamique en Allemagne a officiellement ouvert lundi 16 janvier à l’Université de Tübingen, dans le Bade-Wurtemberg, au sud de l'Allemagne. La faculté dispose déjà d’un centre de théologie protestante et d'un centre de théologie catholique, dont Joseph Ratzinger, devenu le pape Benoît XVI, a été le doyen et où il a enseigné la théologie dogmatique de 1966 à 1969.

Le centre islamique accueille d’ores et déjà 36 étudiants inscrits en licence. Les cours seront tous délivrés en allemand mais l’arabe est une matière obligatoire. Les trois professeurs du département ont dû satisfaire aux critères d’un conseil consultatif islamique et disposent des qualifications académiques occidentales requises pour enseigner, rapporte La Croix.

Le gouvernement d’Angela Merkel a rencontré d’importantes résistances quant au financement de ce département dans une université publique mais pour les responsables du projet, l’enseignement de la théologie dans un tel cadre est la meilleure antidote aux « prêcheurs de haine » autodidactes.

Annette Schavan, ministre de l’Education et elle-même diplômée de théologie catholique, a souligné lors de l’inauguration que ce centre était une « étape importante pour l’intégration » des musulmans en Allemagne. Présent à la cérémonie d'ouverture, le grand mufti de Sarajevo Mustafa Ceric a expliqué que ce département « contribuerait à une relation productive et constructive entre l’Europe et le monde musulman ».

Jusqu’à présent, seules la religion et la culture musulmane étaient enseignées dans les universités allemandes. En plus du département de l’Université de Tübingen, trois autres centres d’étude de théologie islamique devraient ouvrir prochainement dans le pays.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
POUR UN ISLAM D’EUROPE ENSEIGNE DANS NOS UNIVERSITES

Décidément, les idées défendues par DiverCity depuis dix ans  finissent par percoler ici et là. Hier Macron, aujourd’hui la RFA…
La plus originale  de toutes est sans doute celle qui concerne la méthode de dé radicalisation  par déconstruction  du message djihadiste  par la contre parole coranique. Elle est sans doute la seule efficace contre les progrès indéniables du radicalisme partout en Europe. L’islamisme est le bras armé de l’islam et en cela il est l’islam d’aujourd’hui celui qui parle le plus aux jeunes générations fâchés contre l’islam bon enfant de papa et maman.
Mais l’arme suprême est celle qui consiste à rendre visible et audible l’éthique du Coran, celle d’un « dieu qui s’assigne à lui-même la miséricorde’»( un autre mot pour l’éthique) , fondement d’un islam des Lumières  qui prône un « Agir Bellement » (J Berque)soluble dans la démocratie. 
Autrement dit : «, agis bellement c'est-à-dire pour l’amour du bien et appréhende ton Coran en toute liberté  comme s’il t’avait été révélé à toi personnellement. »
Il s’agit d’un islam revisité par les fils spirituels de Jacques Berque et Maurice Bucaille : Rachid Benzine (Les Nouveaux penseurs de l’islam) ou Ali Daddy (Le Coran contre l’intégrisme) partisans d’un islam d’Europe contrastant avec le puissant islam en Europe.
Un appel du rappel ou rappel de l’appel.
Le salut ne viendra pas des communautaristes islamistes au garde à vous. 
En revanche il viendra sans doute des combattantes: ces femmes qui se mobilisent contre l’islamisme  et luttent en première ligne contre l’intégrisme salafiste et le communautarisme. Malgré les menaces dont elles font l’objet, elles ont choisi de dire haut et fort leur vérité.
Elles sont les visages de ce courage qui se décline au féminin, de cette France qui veut résister contre l’obscurantisme religieux et les dangers de l’islam politique. Dénoncer l’islamisme en Europe ou en France, patrie des droits de l’homme, mais aussi de la laïcité, n’est pas sans risque.
 «Nous vivons dans l’un des pays qui a subi les chocs les plus importants ces dernières années », rappelle Sonia Mabrouk qui refuse l’obscurantisme  et est menacée de mort et sous protection policière permanente? 
Son conseil : « Ne jamais reculer face aux islamistes »
Fatiha Agag-Boudjahlat veut rendre un hommage appuyé à l’école et à certains professeurs à qui, dit-elle, elle doit tout, à commencer par sa capacité à se déterminer librement et à s’affranchir des diktats communautaristes. «Aujourd’hui, la situation est grave, s’insurge l’essayiste. Dans certains quartiers on ne fait que régresser. Malgré des conditions matérielles compliquées et des parents peu éduqués, je vis mieux que certaines filles, nées ici et françaises depuis plusieurs générations. Je suis aussi effrayée par les plus jeunes pour qui la religion est plus importante que l’excellence et la réussite.»
Pour récupérer ces enfants orphelins de la République, la professeure prône « la fermeté ».  Un seul mot d’ordre pour cette militante féministe et laïque aguerrie: «Ne jamais reculer face aux islamistes.» 
J’ai vu des salafistes, portant la barbe fournie, déposer chaque jour des enfants, dont des petites filles couvertes de noire de la tête aux pieds, se souvient-elle. Cette vision m’a donné la chair de poule. Ces établissements où l’islam rigoriste est enseigné sont un danger pour notre société.» 
« Toute la question à présent est celle de la traduction de ces paroles en actes, puis de l’application effective de la loi sur le terrain. Cela suppose que le sursaut dont a parlé Emmanuel Macron soit effectif aussi dans les esprits. Le défi est immense. »
Avocate, mère de deux enfants, secrétaire générale d’une ONG norvégienne pour la promotion de l’égalité et de l’intégration, Dana Manouchehri milite pour la laïcité dans un pays où «ce concept n’existe pas vraiment» et pour les libertés. «Mes parents ont fui l’Iran, raconte Dana. Ils ont tout laissé derrière eux, car ils savaient que, dans cette société régie par les mollahs et la charia, les filles sont moins libres que les garçons. Ils ne voulaient pas que je grandisse dans une cage. J’ai conscience de la valeur inestimable de la liberté. Mais, hélas, comme la France, la Norvège est gangrenée par ces phénomènes communautaristes qui font le terreau de l’islamisme.»
 «Les islamistes détestent la beauté et les femmes qui en jouent. Je leur résiste aussi en affichant ma féminité. Il n’est pas question pour moi de leur céder le moindre espace. Je préfère renoncer à ma sécurité plutôt qu’à ma liberté. Ce droit fondamental est mon moteur car je suis consciente d’être chanceuse. C’est vrai, quand on y pense, j’ai gagné le gros lot avec cette vie en démocratie. J’ai quitté la République islamique d’Iran pour être une femme libre en Europe. Il est de mon devoir de me battre pour cette liberté si précieuse.»
 «Je ne veux pas mourir, précise-t-elle. Mais la pire des lâchetés serait de ne pas résister. Ce n’est pas toujours facile. Je me sens parfois comme un soldat envoyé au front tout seul… J’y vais malgré tout parce que c’est vital.»
« Le voile n’est pas qu’un bout de tissu, c’est une stratégie de conquete de l’espace public a travers l’invisibilisation du corps des femmes » Zineb El Rhazoui
«Ma soif de liberté et mon combat sont liés à mon passé, explique-t-elle. J’ai grandi au Maroc, où j’étais confrontée en permanence à la condition des femmes, bridées, empêchées par le poids des traditions et de la religion. Je ne voulais pas de ce destin pour moi. La lecture et l’éducation ont été les outils de mon émancipation.
J’ai été prisonnière d’un culte. Je veux croire plus à l’humain qu’aux musulmans qu’ils sont. Mais, plus que tout, je leur souhaite ce que je veux pour moi: la liberté, la dignité, l’émancipation. » 
Elles réfutent les arguments selon lesquels le voile ne serait qu’une étoffe ou une tenue comme une autre. «Le levier le plus important dans le fascisme c’est l’uniforme, affirme Zineb El Rhazoui. Il s’agit d’une technique de marquage visuel employée par le fascisme islamiste. Le voile n’est pas qu’un bout de tissu, c’est une stratégie de conquête de l’espace public à travers l’invisibilisation du corps des femmes.»
Fatiha Agag-Boudjahlat s’autorise même la critique de la religion et du voile, qu’elle décrit comme « le symbole du patriarcat arabo-musulman et fustige ces religieux dont l’orthodoxie », dit-elle, « n’est qu’hypocrisie. »
 «Ils veulent se mettre en conformité avec un truc qui n’a jamais existé, » raille l’enseignante. 
« Ils se basent sur des textes datant du VIIe siècle, refusent le 
L’idéologie islamiste continue de sévir et de faire des victimes en France. Ce procès devrait être avant tout celui d’une idéologie. Mais, hélas, j’ai l’impression que l’assassin principal court toujours.»
Face à l’obscurantisme salafiste il n’est qu’un contre feux vraiment efficace c’est d’inciter les pouvoirs publics à organiser, comme en Allemagne, un islam d’Europe qui soit compatibles avec les droits de l’homme et de la femme   dans le respect des valeurs de la démocratie. On aimerait que notre gouvernement fédéral prenne enfin des mesures dans ce sens.
MG

Extraits de « Les combattantes: ces femmes qui se mobilisent contre l’islamisme » FIGARO

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