mardi 6 octobre 2020

Carte blanche sur le port du voile dans les administrations et les écoles: «Libérales et pour!»


Le Vif
Deux militantes MR déplorent l’absence totale de débat au sein du parti sur la question du voile. Selon elles, le port de signes convictionnels n’entre pas en contradiction avec les libertés individuelles.

Par Delara Pouya et Rania Charkaoui

Ces dernières semaines et suite au dépôt de différentes motions au sein de certaines communes, le débat concernant le port de signes convictionnels au sein des administrations s’éveille à nouveau. Les discussions renvoient automatiquement aux récentes manifestations de collectifs tels que « Les 100 diplômées », ou « Hijabis Fight Back » tant pour le port du voile dans les administrations que dans les écoles. Face à cette actualité, le Mouvement Réformateur semble mettre un point d’honneur à réaffirmer sa position. Pourtant, nous tenons aujourd’hui à mettre en lumière la position de libérales en désaccord avec la ligne de leur parti.
Il convient premièrement de préciser que cette carte blanche se penchera uniquement sur le cas du port du voile pour les femmes musulmanes. Si d’autres signes convictionnels existent, nous pensons que ces débats tournent principalement autour de la question du voile, sans jamais oser le verbaliser. Nous prenons le postulat qu’une fois de plus, les femmes sont en première ligne lorsqu’il s’agit de débats visant à limiter les libertés individuelles, et nous ne pouvons l’accepter en tant que femmes libérales et féministes.
Une société heureuse doit être une société libre
Ces libertés individuelles sont au cœur des valeurs fondamentales du libéralisme. Nous concevons la liberté en son sens donné par la Convention des droits de l’Homme et du Citoyen, comme « consistant à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas autrui, ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits ». Une vision partagée également par d’autres éminents penseurs libéraux (nous citerons Ruwen Ogien ou encore Stuart Mill), selon lesquels une société heureuse est une société libre, au sein de laquelle chacun vit comme il l’entend tant que cela ne nuit pas à autrui.
Cette notion fondamentale d’égalité est intrinsèquement liée à celle d’égalité en droit. Cette égalité en droit, nous la concevons comme une garantie pour chacun·e à l’accès à un travail, et un droit à l’éducation. Nous comprenons qu’il puisse exister des visions différentes, et nous entendons les arguments qui défendent qu’on ne puisse autoriser le port du voile dans les administrations (ou à l’école). Certes, il est possible de considérer que l’égalité de droit de chacun·e doit être garantie par une administration totalement neutre. Cependant, nous déplorons l’absence totale de débat au sein du parti sur cette question, et souhaitons souligner qu’il existe des libérales convaincues que le port de signes convictionnels puisse ne pas entrer en contradiction avec les libertés individuelles.
Oser le débat
Nous avons accueilli avec beaucoup d’enthousiasme les nouvelles lignes du Mouvement, souhaitant se moderniser, se diversifier et s’exprimer sur des débats pour lesquels le parti se faisait habituellement plus absent. Dans cette optique, il serait probablement pertinent de se pencher sur ces questions d’inclusivité et tolérer le débat car les arguments déployés par certain·e·s élu·e·s semblent vouloir nier la question. Nous avons entendu, dans le cas de Molenbeek, « que ces questions ne sont pas les principales en ce moment ». La politique serait donc incapable d’attaquer plusieurs problèmes en même temps ? Nous avons entendu que les priorités étaient l’éducation, la pauvreté, la qualité de vie. Mais l’accès à un travail et une éducation pour toutes, n’est-ce pas là un premier pas vers ces problématiques ? Comme le soulignait le mouvement Hijabis Fight Back, l’arrêt de la cour constitutionnelle du 4 juin 2020 porte atteinte au droit à l’éducation des femmes voilées.
Une dangereuse marche vers la division
Lors du Libre Débat, notre Président de parti soulignait encore l’opposition du MR aux différentes motions déposées dans les communes. On pouvait alors entendre qu’on ne pouvait permettre le port de signes visant à diviser les communautés. Par cet argument, Georges-Louis Bouchez semble vouloir nier que les différences culturelles existent. Nous pensons plutôt qu’interdire l’accès à certains milieux à une certaine communauté, c’est là que se trouve le pas vers la division. Ensuite, le président rappelait très justement que le rôle d’une administration est de traiter sur un pied d’égalité et de respecter les convictions et les orientations de chacun. Le postulat est tout à fait correct, mais débouche pourtant sur une conclusion ferme du parti concernant la question du voile. Respecter les convictions de chacun·e, ne serait-ce pas justement permettre à chaque individu d’exprimer ses convictions sans que cela altère leur service ? Par un enchaînement réflexif qui semble peu se soucier de la réalité du vécu des personnes, la ligne du parti a l’air de vouloir slalomer pour éviter le cœur du débat.
Une incapacité à se moderniser
En réalité, ce manque de volonté criant à entrer au cœur du débat dévoile probablement un problème plus important : l’incapacité pour le MR de se moderniser tout en essayant de satisfaire son électorat conservateur sur un maximum de plans. Pourtant, il devient urgent pour le parti de se permettre d’ouvrir le débat, en interne, concernant ces sujets, et pourquoi pas, offrir une plus grande liberté à ses élu·e·s sur ces questions. En tant que libérales convaincues, nous appelons à considérer la question.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CE MORCEAU DE TISSU QUI CREE LA ZIZANIE
« IL EST HALLAL CE JUS D’ORANGE PAPA ? »

Je consens à porter le masque pour des raisons sanitaires et je plains les enseignantes et les enseignants, ces professionnels de la parole,  contraints de faire leur métier masqué. 
Certaines femmes de confession musulmane portent le foulard non par obligation religieuse mais pour ne point être importunées, voire harcelées par des garçons musulmans radicaux au sang chaud, il en existe au sein des communautés et même dans l’espace public. D’autres  arborent le foulard soit pour exister, soit pour se donner un genre et se faire remarquer, quelques unes par conviction religieuse.
En revanche, j’ai vraiment du mal à comprendre  que des femmes libérales c'est-à-dire en principe en quête de liberté consentent à accepter le dictat des mâles radicalisés de leur communauté. Je m’explique. Nulle part dans le Coran ne figure explicitement l’obligation pour une femme de se couvrir la tête. Et pourtant cette injonction à l’humilité et à la soumission est celle qui a cours au sein des communautés musulmanes régies par le diktat du salafisme. 
Cela touche même les petites filles que l’on voit sortir désormais voilées des écoles coraniques le samedi matin près du marché des abattoirs. C’est assez nouveau mais massivement suivi dans les quartiers investis par la doxa salafiste.
C’est dire à quel point les frères musulmans ont réussi à imposer leur volontés aux communautés des croyants de ce pays et d’Europe. Ils se félicitent et se  réjouissent d’imposer à l’espace public dans nos villes la présence visible et massive de femmes voilées donc musulmanes face à la masse des femmes non musulmanes de moins en moins nombreuses dans nos villes ghettoïsées.  
Ils prônent un islam non pas de l’orthodoxie (la fidélité au dogme et au prescrit coranique ; personne ou presque ne lit le Coran en français et très peu osent l’interpréter librement comme fait Rachid Benzine ou Ali Daddy chez nous ? tous les deux regardés comme non représentatifs) mais de l’orthopraxie c'est-à-dire qui impose une prescription vestimentaire (le foulard pour la femme, la barbe pour les hommes) et alimentaire (tu mangeras hallal en toutes circonstances. « Il est hallal ce jus d’orange papa, »demande le jeune  gamin » à son père). Le foulard est imposé non pas pour et par la foi c'est-à-dire pour raison intime et religieuse mais bien par pur diktat identitaire, autrement dit social, voire sociologique : le voile est le signe de ralliement des communautés qui prônent le quant à soi et le retrait dans les ghettos, le « séparatisme » comme dit désormais  Macron : eux les voilées, les barbus contre nous les chrétiens, les juifs, les mécréants. C’est en quelque sorte la négation de la liberté et le comble du conformisme et de la soumission à la doxa machiste et intégriste qui impose la domination de la femme par les grands frères qui regardent comme une pute toute femme dont la chevelure ne serait pas couverte et les jambes cachées par des vêtements longs et amples dissuadant toute velléité de concupiscence mâle ou simplement masculine. Les plus radicalisés exigent de leur compagne les mains gantées et la burka noire de même que le burkini pour la baignade à la piscine  publique. Ecrire ceci c’est fâcher très fort les imams dogmatiques qui font peser une chape de plomb d’obéissance aveugle et d’obscurantisme sur leurs ouailles obéissantes et soumises et surtout totalement ignorantes des valeurs éthiques du Coran. C’est le contraire d’une attitude libertaire autrement dit c’est du libéralisme à l’envers.
C’est le contraire d’une attitude libertaire autrement dit c’est du libéralisme à l’envers.
Est-il encore temps d’opposer une digue à cet islam, cet islamisme conformiste « « en » Belgique par un islam authentique « de » Belgique éclairé et émancipateur enseigné et prêché par des imams formés dans nos universités et pratiquant le texte fondateur en français à la manière de « Corans vivants » imprégnés de l’éthique coranique selon laquelle « Dieu  s’impose à lui-même la miséricorde » : fais le bien pour l’amour du bien et ’insurge toi contre  « les instigateurs sournois, les maîtres d’illusion. » Car « qui bien se guide ne saurait être égaré par qui est dans l’errance. »
Qu’on le veuille ou non, choisir entre un islam importé, ignorant, intégriste et rétrograde en décalage complet avec son texte fondateur et un islam contemporain, européen, authentiquement éthique et vivant est avant tout un choix politique. Malheureusement, ni la Belgique ni l’Europe ne se décident à passer le pas !  Pourtant, il s’agit de l’avenir immédiat de notre pays et de celui de l’Europe et cet avenir se joue non pas demain mais aujourd’hui !
  MG 

UNE MUSULMANE EMANCIPEE REAGIT 
C'est exactement ce que je pensais en lisant le plaidoyer de ces deux femmes.  Elles reprochent à leur parti de ne pas se moderniser en faisant de la démagogie.
Non à la généralisation du foulard.  Il suffit d'aller à Laeken ou Molenbeek pour se demander si c'est toujours la communauté maghrébine qu'on rencontre tant leur tenue vestimentaire est uniformisée. La mondialisation du salafisme est bien en marche et dans les pays maghrébins aussi. Est-ce qu'il faut encourager cet islam sous prétexte que les filles portent déjà le voile et qu'on les discrimine.  Le fait d'interdire le voile dans l'administration permet à certaines d'avoir une raison de le retirer et ce n'est pas un fait rare.
Accepter le voile, c'est défaitiste et renvoyer ces "communautés" à leur culture, religion (modèle communautariste à l'anglaise) plutôt que de les considérer comme des citoyens tout court. Beaucoup de personnes qui désirent vivent leur religion telle qu'elle s'impose de plus en plus, se rendent à Manchester ou autre ville anglaise car là-bas, on est libre de porter la djellabah et le voile sans problème et même de faire du prosélytisme. Tous les problèmes qui peuvent survenir dans ces communautés sont expliqués, excusés, justifiés par le fait que ces gens ont leur culture et leur religion dans laquelle on ne peut pas interférer sous prétexte de respect.

Question subsidiaire à propos de cet obscurantisme machiste: les 72 vierges qui attendent le croyant au paradis sont-elles voilées? 


INTERDIRE LE PORT DU VOILE DANS L'ADMINISTRATION  N'EST PAS UNE DISCRIMINATION!

La liberté de culte,  de croire ou de ne pas croire, est une liberté fondamentale garantie par notre Constitution. Cette liberté inclut  le droit de critiquer ouvertement une religion autant que celle  de porter des signes religieux. Toutefois, si le port du voile  n'est en rien interdit dans notre société, il n'en va pas de même dans l'Administration  dont la neutralité est une exigence absolue.
Ceux qui entendent séparer la neutralité des actes en les séparant de la neutralité des apparences se trompent lourdement: l'obligation de neutralité des agents publics est AUSSI une obligation d'apparence destinée à offrir aux usagers une apparence de service dégagée de toute référence convictionnelle, prosélyte par elle-même.
Nous soutenons totalement le combat de Françoise Schepmans et rejoignons  François De Smet quand il écrit "qu'il est scandaleux d'affirmer que la neutralité viserait à discriminer les musulmanes; Aucun règlement n'interdit aux musulmans de travailler dans une administration. Oser affirmer cela revient  en réalité à dire que les musulmanes qui ne portent pas le voile  ne seraient pas de vraies musulmanes. Le voile islamique constitue un signal identitaire et donc politique! Raison de plus pour en interdire le port dans l'administration!
Ceux qui bradent la neutralité en faisant croire qu'ils luttent contre les discriminations font le jeu d'un islam politique, machiste et conservateur, qui tente de gagner de l'influence dans notre société. Soutenir ce courant n'aide en rien les musulmans à faire face aux réelles discriminations dont ils font l'objet.   En ces temps où les démocrates sont pris en tenaille entre la radicalité religieuse et l'extrême droite, nous invitons  ceux qui tentent de démanteler la neutralité, à prendre conscience de la responsabilité historique qu'ils sont en train d'endosser!
Georges Verzin , conseiller Communal, chef de groupe MR à Schaerbeek


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« CELUI QUI COMBAT PEUT PERDRE, MAIS CELUI QUI NE COMBAT PAS A DEJA PERDU » (BRECHT)


MELENCHON JUSTIFIE LE TERME «CREOLISATION» DE LA SOCIETE : «CE N'EST PAS UN PROJET, C'EST UN FAIT»
Dans une tribune à L'Obs, le chef des Insoumis estime que «la créolisation et l'universalisme» représentent «les deux états d'une même réalité fondamentale dans la condition humaine».
Par Pierre Lepelletier
Le terme avait fait jaser. Lors d'un discours sur la République lundi 21 septembre, Jean-Luc Mélenchon avait évoqué et salué la «créolisation de la société» . Certains commentateurs estimaient que le chef des Insoumis faisait, par là, l'éloge du communautarisme, renvoyant de fait les Français à leurs origines. L'ancien candidat à la présidentielle, qui devrait tenter une troisième fois sa chance en 2022, s'est expliqué dans une tribune publiée ce vendredi dans L'Obs .
 «La créolisation n'est ni un projet ni un programme. C'est un fait qui se constate. Il se produit de lui-même. D'où la sottise de ceux qui m'attribuent la créolisation comme un objectif politique», a-t-il raillé. «Veulent-ils s'opposer au processus spontané de la créolisation ? Mais alors il faudrait qu'ils disent pourquoi. Et surtout comment comptent-ils s'y prendre», a interrogé le leader de LFI, tout en rappelant que le terme provenait du philosophe martiniquais, Édouard Glissant.
Jean-Luc Mélenchon assure que ses propos ne contreviennent pas à «l'universalisme», valeur dont il «se réclame», mais il estime que «la créolisation et l'universalisme sont les deux états d'une même réalité fondamentale dans la condition humaine». «Nous sommes tous semblables par nos besoins essentiels mais chacun de nous est différent de n'importe quel autre», a-t-il appuyé, s'opposant à «une essentialisation des êtres et de leur identité».
«La créolisation est le processus de la vie elle-même chez les animaux sociaux en évolution permanente que nous sommes», conclut Jean-Luc Mélenchon, proposant une formule pour «l'humanisme universaliste : 'Semblables dans la différence'».


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ISLAMISME IDENTITAIRE SEGREGATIONNISTE ET DOMINATEUR OU COMOPOLITISME INTERCULTUEL EMANCIPATEUR ?
 A VOUS DE CHOISIR  EN TOUTE LIBERTE AVEC DISCERNEMENT ET EN EN CONNASSANCE DE CAUSE

La « créolisation de nos sociétés » est un phénomène naturel et spontané. Le foulard en revanche est un diktat culturel, identitaire et imposé qui participe d’une volonté de purification ethnique, religieuse : une femme voilée ne saurait frayer avec un homme d’une autre identité religieuse que la sienne. En cela le voile est un marqueur identitaire fort qui dit à tous les hommes non musulmans : éloigne-toi de cette femme, elle n’est pas paur toi, elle est réservée  à un homme de sa religion de son groupe identitaire et cela c’est le contraire de la créolisation qui est à l’œuvre dans nos sociétés occidentales. Elle n’est pas autorisée à te regarder dans les yeux ni à te serrer la main car elle porte le voile et certaines sont même gantées ce qui veut dire de la façon la plus claire qu’elle se retranchent dans un monde qui n’est pas le tien mais qui est celui des siens. C’est l’exact contraire de la démarche interculturelle qui préconise le dialogue et les échanges les interactions entres des hommes et des femmes libres ou libérés de religions différentes, de convictions différentes de couleurs différentes, d’identités culturelles  différentes.
Une telle  attitude participe de la démocratie et non point de l’islamisme totalitaire et autoritaire qui exiges de « ses » femmes et de « ses » homme des marqueurs identitaires vestimentaires et alimentaires destinés à rendre très visibles  et à sceller les différences et à empêcher la fraternisation, le dialogue, l’interaction la créolisation, le cosmopolotisme et le transculturel. La démarche multiculturelle et communautariste ghettoïse, prône le chacun pour soi, le chacun chez soi. Ses partisans ont pour cela un slogan qui est celui du Belang : « eigen volk eerst », « mon peuple d’abord » c’est le slogan de Trump « America Fisrt » et celui de Hitler : « Deutschland über alles. »  Dit autrement : « Ein Volk, ein Reich ein Führer. » Et dans le Reich tous « les autres » porteront l’étoile jaune ou d’autres marquages ségrégationistes moins connus. 
   

MG


Aucun commentaire: