vendredi 23 octobre 2020

Débat élection présidentielle : Biden qualifie de «criminelle» la politique migratoire de Trump


 

Biden promet «décence, honneur et respect» aux Américains

«Ce qui ce joue dans les urnes, c'est le caractère de ce pays. La décence. L'honneur. Le respect. Traiter les gens avec dignité. S'assurer que tout le monde a une chance. Et je vais m'assurer que vous ayez cela. Vous ne l'avez pas eu ces quatre dernières année», a conclu Joe Biden en s'adressant aux électeurs américains.
Biden réaffirme son soutien aux énergies renouvelables

ÉLECTIONS AMERICAINES : UN DERNIER DEBAT SANS VAINQUEUR ENTRE DONALD TRUMP ET JOE BIDEN
Les deux candidats à la présidence américaine sont parvenus à adopter un ton plus posé pour leur dernier débat télévisé jeudi soir à Nashville, mais ils se sont vivement opposés sur tous les sujets. Dans une élection polarisée à l'extrême, aucun n'a pris l'ascendant sur son adversaire.
Le deuxième et dernier débat entre les deux candidats à l'élection présidentielle américaine s'est déroulé à Nashville jeudi soir 
Donald Trump a réussi à se contrôler, et Joe Biden à tenir la distance. Le deuxième et dernier débat entre les deux candidats à l'élection présidentielle américaine qui s'est déroulé à Nashville jeudi soir ressemblait presque à un échange normal dans une campagne normale.

D'un calme et d'une retenue inhabituelle, Trump a écouté Biden sans l'interrompre, comme il l'avait fait pendant le premier débat le mois dernier. Il y a sans doute été incité par le nouveau dispositif permettant au modérateur de couper le microphone en cas de dépassement du temps de parole. Le candidat démocrate s'est quant à lui montré plus offensif face à Trump, même si ses propos n'étaient pas toujours d'une grande clarté. Trump s'est la plupart du temps adressé à Biden, en l'appelant par son diminutif, « Joe ». Biden n'a pas prononcé le nom du président, s'adressant plutôt aux spectateurs « les amis ! » (Folks !), et parlant de Trump comme s'il n'était pas là « lui ».
Sur le fond, les échanges entre le président sortant et l'ancien vice-président d'Obama n'ont guère varié depuis leur précédente rencontre. Dès le début, Biden a attaqué Trump sur son bilan face à la pandémie de Covid-19. « 220.000 Américains sont morts et le responsable ne devrait pas être président des États-Unis », a asséné le candidat démocrate.
Fidèle à sa position depuis le début de l'épidémie, Trump a rétorqué que le bilan aurait pu être bien pire (« 2 millions de personnes auraient pu mourir »), qu'on avait « beaucoup appris » sur le virus, qu'un vaccin serait disponible « dans quelques semaines », que l'épidémie était de toute façon mondiale, et qu'elle allait finir par s'en aller. Presque fataliste, Trump a expliqué qu'on ne pouvait pas « fermer le pays », et le président « s'enfermer dans sa cave comme le fait Joe ». Biden lui a répliqué qu'au lieu d'apprendre à vivre avec le virus, « les gens meurent ! », et l'a accusé d'avoir sciemment menti aux Américains depuis le début de la pandémie. « Il savait que le virus était dangereux, mais il ne nous l'a pas dit ».
TRUMP ATTAQUE SUR SES IMPOTS, BIDEN SUR SON FILS
Dès la fin de cet échange, Trump a attaqué Biden en l'accusant, lui et sa famille, de corruption. Depuis la semaine dernière, le tabloïd conservateur New-York Post, affirme avoir découvert un ordinateur ayant appartenu à Hunter Biden, le fils du candidat, rempli de messages compromettants. « Son fils n'avait pas de boulot. Son père est élu Vice-Président et il obtient un siège au conseil d'administration de Burisma », a asséné le président sortant. C'était en faisant pression sur les autorités ukrainiennes pour qu'elles enquêtent sur les activités d'Hunter Biden au sein de cette société gazière que Trump avait fait l'objet l'an dernier d'une procédure de destitution par le Congrès. Joe Biden, qui a toujours refusé d'admettre que les activités de son fils dans diverses sociétés privées étrangères alors qu'il était vice-président d'Obama pouvaient constituer au minimum une source d'interrogations, n'a fait que nier la moindre irrégularité. « Celui qui a quelque chose à se reprocher en Ukraine c'est celui qui a fait pression sur le président ukrainien » a rétorqué Biden, sans se montrer très disert sur ce sujet.
Trump n'a pas fait mieux à propos de ses déclarations d'impôts, qu'il a promis de rendre publiques, comme il le fait depuis quatre ans. Accusé de n'avoir payé que 750 dollars d'impôts au cours des années écoulées, Trump a affirmé qu'il avait payé « en avance » des millions de dollars au trésor américain. Dès qu'il en a eu la possibilité au cours du débat, Trump est revenu à son rôle préféré : celui du candidat venu de la société civile pour dénoncer les politiciens professionnels, comme si l'on était toujours en 2016 et qu'il n'avait pas passé quatre années à la présidence. « Qu'as-tu fait pendant huit ans, Joe ? », a demandé Trump d'un ton doucereux à chaque déclaration du candidat démocrate. « Ces politiciens, que des mots et pas beaucoup d'action ! », a ironisé Trump. « Je me suis présenté à cause de toi, Joe », a aussi dit Trump ; « je ne me serais jamais présenté si Obama et toi avaient fait du bon boulot ».
« Vous savez qui je suis, et vous savez qui il est », a dit Biden en prenant les téléspectateurs à témoin, « c'est l'âme de notre pays qui est en jeu ». « Oh ne joue pas à l'enfant innocent » a ironisé Trump. « Tu es un politicien corrompu ! »
Moins vindicatif que lors du précédent débat, où il avait constamment coupé la parole de son adversaire, Trump a montré qu'il n'avait rien perdu de son mordant, tout en parvenant à se contrôler. Biden s'est révélé capable d'attaquer, mais n'a pas toujours paru très à l'aise dans ses réponses. Les commentateurs américains ont déjà commencé à discuter de qui avait remporté ce débat. Mais l'élection de 2020, qui se déroule dans un contexte inédit de crise sanitaire et économique, ne ressemble pas à un scrutin normal. Les courbes de popularité des deux candidats sont restées depuis des mois d'une stabilité inhabituelle. La plupart des électeurs ont déjà arrêté leur choix, et la prestation plus ou moins réussie de l'un ou l'autre des adversaires ne semble pas devoir changer de façon radicale l'issue du scrutin.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
C'EST L'AME DE LA DEMOCRATIE  QUI EST EN JEU 
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« Vous savez qui je suis, et vous savez qui il est », a dit Biden en prenant les téléspectateurs à témoin, « c'est l'âme de notre pays qui est en jeu ». « Oh ne joue pas à l'enfant innocent » a ironisé Trump. « Tu es un politicien corrompu ! »
Et si, au fond, c’était l’âme de la démocratie américaine qui était en jeu ?
Le terne débat, style Muppet Show, entre deux vieillards acariâtres valait certes une nuit blanche. Si j’étais américain je serais catastrophé de constater que mon pays est au bord de l’apoplexie démocratique, sinon de la guerre civile. On se plaît à rêver en pensant aux pères fondateurs des States, ces intellectuels policés  imprégnés de l’esprit des Lumières.  Les Etats Unis sont désormais au mieux une ploutocratie, au pire une pré démocrature trumpienne.
On peut rêver en imaginant ce qui se serait passé si Hilary Clinton avait remporté le scrutin…En fait elle l’a remporté avec un avantage de trois millions de voix sur Trump mais elle fut déforcée par le système électoral  incompréhensible  pour un cerveau européen moyen.
Je n’ose pas imaginer ce qui va se passer après la proclamation des résultats dans un peu plus de dix jours. 
Nous aurions franchement  besoin d’un avatar d’ Alexis comte de Tocqueville ( 1805-1859),philosophe politique, précurseur de la sociologie et homme politique français pour comprendre la grande métamorphose actuelle de la démocratie américaine.
Mais attardons-nous un instant à ce visionnaire lucide en interrogeant wikiédia : Juriste de formation, il devient magistrat en 1827. En 1830, il obtient une mission du ministère pour aller étudier le système pénitentiaire américain, ce qui constitue son passeport pour aller découvrir les États-Unis et comprendre ce qu'il tient pour le meilleur exemple disponible de démocratie. De ce séjour de près d'un an, il tire « De la démocratie en Amérique », une analyse du système démocratique en général (de ses vertus, de ses risques et de sa dynamique) et de son illustration particulière américaine
Début septembre 1836, Alexis de Tocqueville effectue avec son épouse un voyage en Suisse . Ils arrivent à Berne au moment où se réunit la diète fédérale (24 juillet), ce qui lui permet de compléter ses observations sur le fédéralisme. Le 14 janvier 1852, il  adresse pas moins une lettre au « comte de Chambord », lui conseillant de devenir, face au césarisme renaissant, le champion des libertés.
Dans ses Souvenirs, il rappelle le discours qu’il tint devant les députés le 29 janvier 1848 afin de les alerter sur le climat délétère : « Est-ce que vous ne ressentez pas, par une sorte d'intuition instinctive qui ne peut pas s'analyser, mais qui est certaine, que le sol tremble de nouveau en Europe ? Est-ce que vous ne sentez pas... que dirais-je ?... un vent de révolution qui est dans l'air ? 
Bigre ! A la lumière du débat électoral américain ainsi qu’au regard de la dégradation du climat socio politique en France, j’ai moi aussi la conviction que « les mœurs publiques se dégradent ; c'est que la dégradation des mœurs publiques vous amènera dans un temps court, prochain peut-être, à des révolutions nouvelles. »
De toute évidence, la démocratie est dans une formidable impasse, aux States, en Europe, partout. Mais comme dit la sagesse orientale : là où il y a impasse, il y a issue. A nous de la trouver
MG


LA DEMOCRATIE AMERICAINE EN PERIL
ÉDITORIAL Le Monde

La hâte du président Donald Trump pour remplacer la juge Ruth Bader Ginsburg à six semaines de l’élection présidentielle est politiquement indécente et potentiellement dangereuse pour la Cour suprême elle-même.
Quelques jours avant de s’éteindre, vendredi 18 septembre, à l’âge de 87 ans, la juge Ruth Bader Ginsburg avait confié à sa famille que son souhait « le plus fervent » était de ne pas être remplacée à la Cour suprême avant que le futur président des Etats-Unis ait pris ses fonctions à la Maison Blanche, le 20 janvier.
Ce n’était, à vrai dire, un secret pour personne. Nommée par Bill Clinton en 1993, Ruth Bader Ginsburg, la plus progressiste des neuf magistrats de la plus haute juridiction américaine, s’accrochait désespérément à la vie, malgré le cancer du pancréas qui la rongeait, pour tenter de passer le cap de l’élection présidentielle du 3 novembre. Elle espérait, sans aucun doute, la victoire du candidat démocrate.
Mais surtout, en juriste qui avait inlassablement, et avec un immense talent, défendu le respect de la Constitution et l’égalité des droits, elle savait le risque que ferait peser sur les institutions sa disparition dans la période incertaine de la dernière longueur de la campagne électorale, puis de la transition, pendant laquelle, entre l’élection en novembre et l’investiture en janvier, l’administration sortante détient encore le pouvoir.
Donald Trump joue avec le feu
L’occasion, cependant, est trop belle pour Donald Trump. Le président n’a pas attendu vingt-quatre heures pour renier l’hommage à la juge disparue publié, en termes inhabituellement respectueux et modérés, en son nom par la Maison Blanche peu après l’annonce de la mort de cette icône de la gauche.
Alors que Joe Biden, son adversaire démocrate, lui demandait de surseoir à la nomination du successeur de Ruth Bader Ginsburg jusqu’à ce que le président élu et le Sénat partiellement renouvelé soient en place, M. Trump a tweeté que cette procédure devait, au contraire, être menée à bien « sans délai ».
Il ne s’est pas caché non plus de vouloir en faire un argument électoral : il choisira une femme, a-t-il annoncé, au moment où les intentions de vote de l’électorat féminin se portent majoritairement sur la candidature de Joe Biden. 
Le président joue avec le feu. Son empressement à remplacer la juge Bader Ginsburg n’est pas seulement politiquement indécent, puisque le sénateur Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, avait lui-même bloqué en 2016 la nomination d’un juge par le président Barack Obama, à huit mois de l’élection présidentielle, au motif que la proximité de l’échéance électorale ne le permettait pas. Il est aussi dangereux pour la légitimité de la Cour suprême, pilier de la démocratie aux Etats-Unis.
Une Cour suprême de plus en plus politisée
M. Trump a déjà nommé deux juges à la Cour suprême – dont l’un grâce à l’opération d’obstruction dirigée par le sénateur McConnell en 2016. Il a, parallèlement, très activement renouvelé l’appareil judiciaire en nommant dans les juridictions fédérales, notamment d’appel, des magistrats conservateurs. Tenter de passer en force pour faire confirmer par le Sénat actuel un troisième juge de son choix dans une Cour suprême de plus en plus politisée placerait celle-ci en porte-à-faux, si l’élection du 3 novembre se soldait par une victoire démocrate à la Maison Blanche et au Sénat.
Les juges de la Cour suprême ont, certes, su faire preuve de sagesse et d’indépendance par le passé, y compris à l’ère Trump. Mais, à la veille d’une élection qui s’annonce techniquement chaotique en raison de la pandémie, cette nouvelle secousse ne peut que fragiliser un peu plus la démocratie américaine.


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