samedi 17 octobre 2020

Le terroriste «a voulu abattre la République», assène Macron : Ils ne passeront pas»


Le président de la République prend la parole. «Un de nos concitoyens, dont je ne dirais pas de manière officielle le nom, a été assassiné aujourd'hui parce qu'il enseignait, parce qu'il apprenait à des élèves la liberté d'expression, la liberté de croire et de ne pas croire. Notre compatriote a été lâchement attaqué, a été la victime d'un attentat terroriste islamiste caractérisé». 
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L'air grave, Emmanuel Macron conclut : «Ils ne passeront pas. Nos policiers, nos gendarmes, toutes celles et ceux qui tiennent la République, magistrats, élus, enseignants... nous ferons bloc. L'obscurantisme et la violence qui l'accompagne ne gagneront pas, ils ne nous diviseront pas. C'est ce qu'ils cherchent. Nous devons nous tenir tous ensemble. J'appelle l'ensemble de nos compatriotes à faire bloc, à être unis car nous sommes d'abord des citoyens unis par les mêmes valeurs, un destin». 
 «Je veux avoir une pensée pour l'ensemble de ses proches, sa famille, pour ses collègues. Nous avons vu madame le proviseur qui, ces dernières semaines, a tenu face à toutes les pressions, a exercé son métier, fait son devoir avec un dévouement remarquable. Je veux dire ce soir à tous les enseignants de France que nous sommes avec eux, que la nation toute entière sera là à leurs côtés aujourd'hui, demain, pour les protéger, les défendre, pour leur permettre de faire leur métier, le plus beau qui soit. Si c'est un enseignant que ce terroriste a abattu, c'est qu'il a voulu abattre la République, les Lumières, la possibilité de faire de nos enfants des citoyens libres. Cette bataille est la nôtre». 
 
FRANÇOIS HOLLANDE APPELLE A «L'UNITE» FACE «A L'OBSCURANTISME»
«Avec l'assassinat effroyable d'un professeur, la République et son école sont à nouveau la cible du terrorisme islamiste. Plus que jamais, nous devons être unis face à la barbarie et à l'obscurantisme. Mes pensées vont à la famille de l'enseignant et à toute la communauté éducative», a publié sur Twitter l'ancien chef de l'État. 


PROFESSEUR DECAPITE : «DES ENSEIGNANTS EUX AUSSI SONT DESORMAIS EN DANGER !»

Figaro
L’expert en sécurité intérieure Éric Delbecque réagit après le meurtre sauvage d’un enseignant dans le Val d’Oise. La victime aurait montré, en classe, des caricatures de Mahomet à ses élèves. Des dessinateurs et des journalistes ne sont pas les seuls à être exposés à la barbarie, souligne Eric Delbecque. 
LA POSSIBILITE DE CARICATURER L’ISLAM N’EST DONC TOUJOURS PAS ACQUISE EN FRANCE?
C’est d’abord la liberté d’expression qui est en danger. Quant à la liberté de se moquer, ou de critiquer une religion, elle semble effectivement toujours fortement menacée. Et elle ne l’est plus seulement lorsque l’on exerce la profession de journaliste. Les enseignants sont désormais en danger lorsqu’ils se contentent d’exposer les débats qui existent au sein de notre société. Le procès Charlie démontre abondamment que des efforts demeurent à faire pour venir à bout du navrant syndrome du «oui, mais…». La liberté d’expression ne doit pas vivre en résidence surveillée. C’est à chacun, quelles que soient ses convictions philosophiques ou religieuses, d’admettre le droit des autres à ne pas partager ses croyances, y compris en s’en moquant. La laïcité républicaine suppose cette distance entre soi et ses valeurs personnelles. Une loi commune régit les relations entre les citoyens, elle s’articule sur des libertés individuelles et le respect d’un socle de tranquillité, que l’on appelle l’ordre public. Certains veulent aujourd’hui promouvoir un régime totalitaire (les salafistes) et d’autres (les «oui mais») sont prêts à toutes les compromissions et accommodements déraisonnables. L’esprit munichois n’est pas mort.
La mission d’instruire devient de plus en plus compliquée, voire risquée.
CE CLIMAT DE TERREUR RISQUE-T-IL D’INTIMIDER UN PEU PLUS ENCORE CEUX QUI VEULENT PARLER LIBREMENT DE L’ISLAM?
En tout état de cause, cela favorise un climat extrêmement anxiogène. Il existe de nombreuses voix qui s’élèvent de nos jours contre la barbarie islamiste, mais faire ce choix, nécessite dorénavant de prendre conscience que l’esprit critique peut avoir un prix terrible.
CET ACTE BARBARE FAIT-IL CRAINDRE POUR LA SECURITE DE TOUS LES ENSEIGNANTS EN FRANCE? CERTAINS JOURNALISTES VIVENT DEJA SOUS PROTECTION POLICIERE, LES PROFESSEURS D’HISTOIRE DEVRONT-ILS BIENTOT EN FAIRE AUTANT?
La situation diffère selon les lieux. Certaines zones s’avèrent plus difficiles que d’autres. Il n’en reste pas moins que la mission d’instruire devient de plus en plus compliquée, voire risquée. Sur notre sol, dans les «territoires perdus de la République» des élèves contestent la légitimité de la République, de la liberté de conscience et de la raison. Tout cela en s’appuyant sur des théories complotistes ou des vulgates fondamentalistes, et même carrément anti-démocratiques et violentes.
LE DISCOURS DE CEUX QUI PARLENT D’UNE «GUERRE CONTRE LES MUSULMANS», SUITE NOTAMMENT AUX ANNONCES SUR LE SEPARATISME, A-T-IL PARTICIPE A JETER DE L’HUILE SUR LE FEU?
Sans nul doute. Ce n’est pas la cause de cet acte horrible, mais ce type de discours fortifie le climat mental délétère entretenu par les idéologues salafistes. Se battre contre le «séparatisme», c’est combattre des fascistes, des totalitaires, en aucun cas exclure nos concitoyens musulmans. J’estime que ceux qui entretiennent, de façon délibérée, cette absurde confusion, s’apparentent à des collaborateurs du fascisme du XXIe siècle.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN SEUIL A ETE FRANCHI DANS L’IGNOMINIE
« LA MISSION D’INSTRUIRE DEVIENT DE PLUS EN PLUS COMPLIQUEE, VOIRE RISQUEE. »

 Et que celui qui jamais n’a fauté jette la première pierre…
La première pierre est partie, elle a frappé fort sous la forme d’un couteau armé par une main salafiste qui a voulu s’en prendre à l’allégorie de la République : un professeur d’histoire au service de la liberté d’expression.
D’autres pierres suivront dans une dynamique d’ensauvagement et selon la violence mimétique irrésistible si bien décrite par le philosophe René Girard.
Emmanuel Macron qui a pris toute la mesure de la catastrophe vient de perdre une bataille essentielle dans sa guerre contre le séparatisme salafiste.
Cette défaite risque de contrecarrer sa réélection et d’installer  Marine à l’Elysée. Le risque de guerre civile se rapproche, comme aux Etats-Unis. 
Ils ont égorgé un prêtre disant sa messe déjà, assassiné un lieutenant colonel, abattu des policiers en rue, désormais ils décapitent un professeur d’histoire en pleine rue, mais c’est l’école publique, la République et surtout la liberté qu’ils entendent  ainsi terroriser:  
« Une frontière dans l’abominable vient d’être franchie. On s’attaque au bastion le plus sacré de la République: l’école et la personne physique des enseignants. 
« Un professeur est proprement décapité pour avoir montré les caricatures de Charlie Hebdo lors d’un cours sur la liberté d’expression. Des parents d’élèves l’auraient signalé. La victime aurait reçu des menaces de mort. Que vont faire les autres professeurs, hommes et femmes, lorsqu’ils devront aborder ces sujets délicats? Se taire au risque d’une décollation? Le boucher de Conflans-Saint-Honorine, c’est Daech »
«  Ce n’est pas un acte de «séparatisme», c’est une déclaration de guerre qui doit être traitée en conséquence. »( Pascal Bruckner)
 Un seuil a été franchi dans l’ignominie 
MG


APRES L’ATTENTAT DE CONFLANS, LE CHOC DES PROFESSEURS D’HISTOIRE-GEOGRAPHIE : « ENSEIGNER LA LIBERTE D’EXPRESSION, ON LE FAIT TOUS »
 « LE MONDE »

Ils se disent « sidérés », « sous le choc », « stupéfaits »… Quelques-uns, aussi, « effrayés ». En apprenant, le 16 octobre au soir, la mort d’un « collègue », assassiné à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) non loin de l’établissement où il exerçait, les professeurs que nous avons pu joindre vendredi soir ont, tous, refusé de s’exprimer sur les « faits ». Ils ont en revanche accepté de raconter comment, eux, professeurs d’histoire et de géographie, enseignent la liberté d’expression. Selon les premiers éléments de l’enquête, la victime, professeur en collège, avait récemment montré à ses élèves des caricatures de Mahomet lors d’un cours sur le sujet.
 « Enseigner la liberté d’expression, on le fait tous », martèlent ces enseignants, et « quasiment à tous les niveaux » dès l’entrée en sixième. « Au collège, on s’en empare surtout en enseignement moral et civique (EMC) tout au long du cycle 4 [en classe de cinquième, de quatrième et de troisième], explique Ben, qui enseigne depuis vingt ans en Seine-Saint-Denis. Respecter autrui, acquérir et partager les valeurs de la République, éduquer aux médias : ces trois thématiques au cœur des programmes scolaires nous confrontent à des sujets sensibles. Pour l’enseignant, c’est passionnant : on plonge dans le droit, l’histoire, l’actualité… »
« Semer des petites graines »
Au lycée, c’est encore un point central des programmes d’EMC : la liberté d’expression est abordée via la thématique de la liberté en seconde, de l’égalité en première, puis de la démocratie en terminale. On la retrouve aussi en histoire, année après année, via l’étude des Lumières, de l’humanisme, de l’affaire Dreyfus…
« On peut semer des petites graines à pratiquement tous les niveaux, défend Christine Guimonnet, professeure en lycée à Pontoise (Val-d’Oise) et secrétaire générale de l’Association des professeurs d’histoire-géographie (APHG). Il y a ce qui est dans les programmes… et les interstices dans lesquels on se glisse. 



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