vendredi 9 octobre 2020

Les campus universitaires sont de véritables foyers de l'épidémie : instaurons un système hybride où les cours en auditoire seraient aussi diffusés en ligne


Face à la propagation de la maladie, je suis très surpris de constater que les cours de l'enseignement supérieur aient été maintenus en présentiel. Les campus universitaires sont devenus de véritables foyers de l'épidémie. Je ne comprends pas pourquoi aucune solution alternative n'est proposée aux étudiants désireux de rester chez eux.

Une opinion de Quentin Richard, étudiant.


Jamais je n'aurais cru écrire cela en juin. Fatigué par trois mois de cours à distance et d'examens passés depuis la maison (et peut-être aussi par la perpétuelle présence dans les parages de ma petite sœur), je n'espérais qu'une chose pour le mois de septembre 2020: le retour des cours en présentiel. Eh bien, quatre petites semaines après la rentrée, me voilà forcé de faire marche arrière et de constater que je me suis royalement trompé. À ma décharge, la situation sanitaire en juin n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui, et je pensais (naïvement) que le pire de l'épidémie était derrière nous. Si l'état actuel des choses n'est pas (encore) comparable avec ce que nous avons connu en mars, nous nous en rapprochons de plus en plus.
D'aucuns argueront que le gouvernement a sorti l'artillerie lourde avec les mesures qu'il a imposées mardi. Personnellement, j'ai uniquement l'impression qu'il a remplacé par une louche la petite cuillère qu'il utilisait pour remplir son tonneau des Danaïdes. Car les dispositions contre le coronavirus ne pourront s'avérer efficaces qu'à la condition qu'elles soient respectées. Or, les réactions recueillies mardi soir sur les réseaux sociaux laissaient clairement présager des intentions des internautes à l'égard de ces mesures : en faire fi, superbement. Et qui sera là pour contrôler le respect effectif des bulles de quatre ? Prétendre que la police parviendra à faire appliquer ces mesures équivaut pour moi à prétendre qu'installer des douaniers aux frontières de la France permettra d'arrêter les terroristes (idée qu'avait proposée Marine Le Pen lors de la présidentielle de 2017 ; on comprend mieux pourquoi Emmanuel Macron a été élu).

Face à la propagation de la maladie, je suis très surpris de constater que les cours de l'enseignement supérieur aient été maintenus en présentiel. Les campus universitaires sont devenus de véritables foyers de l'épidémie. Je ne comprends pas pourquoi aucune solution alternative n'est proposée aux étudiants désireux de rester chez eux. Entendons-nous, je ne réclame pas une fermeture totale des universités, inaudible pour les plus précarisés des étudiants. Mais je plaide ici pour un système hybride, où les cours qui auraient lieu en auditoire seraient en même temps diffusés en ligne. Ce système ne ferait que des gagnants. D'une part, les étudiants anxieux à l'égard du virus pourraient désormais suivre les cours de chez eux. D'autre part, cela réduira la présence dans les auditoires, et donc les risques, pour les étudiants n'ayant pas les moyens techniques / l'envie de suivre les cours à distance. Cela permettra aussi aux étudiants en quarantaine de ne pas avoir de travail à rattraper. Cela évitera encore un afflux inutile de voyageurs dans des transports en communs dépassés par la situation (certaines sociétés, essentiellement ferroviaires, étant déjà débordées en l'absence de pandémie). Enfin, cela évitera à certains de devoir vivre en kot avec des colocataires parfois irrespectueux (je ne parle pas des miens, j'ai la chance d'être bien tombé).
Peu d'investissements sont nécessaires pour mettre en place ce système hybride. Il s'agit simplement de filmer et diffuser le cours donné en présentiel. Cela implique bien sûr que les professeurs y mettent du leur et s'adaptent aux quelques exigences de la technologie. Je ne doute pas que la plupart d'entre eux feront les efforts nécessaires pour mettre en œuvre ce processus. De plus en plus de cours fonctionnent déjà sur ce modèle à l'heure actuelle et, même si tout n'est pas toujours parfait, les problèmes restent fort marginaux.
Une mesure qui laissera chacun libre de ses choix
Évidemment, tous les cours ne sont pas faits pour être donnés à distance. Pensons, entre autres, aux expériences chimiques, aux dissections, ou aux cours de langue. Mais si nous devons avoir recours à un nouveau confinement total, ces activités ne pourront pas davantage avoir lieu.
Le système hybride que je propose ici ne résoudra pas la crise du coronavirus. Il ne ralentira sans doute même pas la prolifération des nouveaux cas. Mais c'est une mesure qui laissera chacun libre de ses choix, qui ne pénalisera ni les étudiants préférant le présentiel, ni les étudiants craintifs à l'idée de se jeter dans les nids à Covid-19 que sont Louvain-la-Neuve ou les autres campus belges. Pour reprendre un terme employé à tort et à travers sur les réseaux sociaux, c'est une mesure qui n'est pas "liberticide". Contrairement au Covid-19 qui, lui, peut vous prendre votre liberté pour de bon.
Titre de la rédaction. Titre original : "Plaidoyer pour un système de cours entièrement hybride dans l'enseignement supérieur".


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
QU’EN PENSEZ-VOUS ? 

A priori et sur un plan tout à fait théorique, cet étudiant fait preuve d’un solide bons sens.
En pratique, c’est forcément moins simple.
Première question, elle est d’ordre technologique : qui va assurer les prises de vue et de son ? au moins un agent par professeur j’imagine. Qui va assurer ce service. A moins que les professeurs n’enseignent directement devant la caméra de leur PC mais quid alors des cours en présentiel en auditoire. Peut-on faire deux choses à la fois ?
Qui va gérer le problème de la diffusion de ces images ? Une plateforme gérée et financée par l’université ?
Qui décide de ces choses ? La recteur, la rectrice, le conseil d’administration?  
Et du côté des étudiants est ce vraiment aussi simple que ne l’affirme le rédacteur de cette carte blanche ?
Quelles est la proportion des étudiants qui disposent d’une chambre isolée , d’un lieu où suivre l’enseignement distantiel ?
Mais qu’on se souvienne qu’il exisite depuis près d’un demi siècle une solution structurelle la OPEN UNIVERSITY qui d’une certaine manière est la solution à tous ces problèmes…
MG
 
L'UNIVERSITE OUVERTE (en anglais : The Open University ou OU) est une université publique située au Royaume-Uni et fondée en 1969. Son administration est à Milton Keynes, dans le Buckinghamshire, elle fonctionne aussi dans 13 centres régionaux. L'université délivre les licences, les diplômes et les certificats ainsi que des masters et les doctorats.
Avec plus de 250 000 étudiants en 2011, elle est l'établissement d'enseignement le plus grand du pays1. La plupart des étudiants se trouvent au Royaume-Uni, mais il y en a plus de 25 000 qui étudient en Europe, en Afrique et en Asie de l'Est. Depuis qu'elle a été fondée, plus de 3 millions de personnes y ont suivi des cours. Un sondage national fait parmi des étudiants en 2005, réalisé par le gouvernement britannique en Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord, a établi que ses étudiants étaient les plus satisfaits. Dans un pays où l'accès à l'enseignement supérieur reste très sélectif, elle apparaît quelquefois comme l'université de la deuxième chance et a été à l'origine de la création d'autres établissements du même genre.
 
Fondation 
L'Open University a été fondée par le gouvernement travailliste de Harold Wilson2,3. La création a débuté en 1965 avec un comité qui comprenait des directeurs d'autres universités, des experts du domaine de l'éducation et des représentants de la BBC.
L'élection du gouvernement conservateur d'Edward Heath en 1970 a entraîné une réduction du budget (par Iain Macleod qui était, à l'époque, ministre de l'Économie et des Finances et qui avait déclaré que l'idée d'une telle université était « une absurdité méprisable »). Néanmoins elle a ouvert ses portes à 25 000 étudiants dès sa première année de fonctionnement en 19712, avec l'intention d'être disponible pour tous. Ses méthodes d'enseignement étaient parfois considérées comme radicales. À l'époque le nombre d'étudiants dans les universités établies était de 130 000.
Depuis sa fondation, l'OU a inspiré la fondation de nombreuses autres institutions du genre dans le monde entier.
Étudiants

Les étudiants de l'Open University sont de tout âge et sont très divers. Pour la plupart des cours, il n'est pas nécessaire de passer un examen ; il est seulement nécessaire d'avoir la capacité d'étudier au niveau demandé. En général, pour les cours au-dessus de la licence, il faut justifier d'études antérieures ou d'une activité donnant les acquis nécessaires. Environ 70 % des étudiants sont des travailleurs à plein temps4, qui étudient pour une première (ou une deuxième) licence afin de progresser ou de changer de carrière, dont plus de 50 000 sont envoyés par leur employeur. L'université est aussi connue de ceux qui ne peuvent pas fréquenter l'université traditionnelle, soit parce qu'ils sont handicapés, à l’étranger, en prison, dans les forces armées ou parce qu'ils s'occupent d'autres membres de leur famille. Près de 10 000 étudiants sont handicapés.
La plupart des étudiants sont des adultes d'âge avancé3,4, mais, à cause de la diminution par le gouvernement des bourses pour les étudiants dans les universités traditionnelles, l'OU attire aussi les jeunes issus de l'enseignement secondaire qui peuvent ainsi étudier chez eux, afin de faire des économies. Au cours des années 2003 - 2004, environ 20 % des étudiants avaient moins de 25 ans. Pendant la période 1996-1997, quand le gouvernement a permis aux universités d'imposer des frais d'inscription aux étudiants, c'était 12,5 %. L'OU travaille avec certaines écoles pour familiariser leurs élèves à la licence.
De nombreux étudiants et professeurs célèbres se comptent dans ses rangs : Gordon Brown (ancien tuteur, chancelier de l'échiquier et Premier ministre du Royaume-Uni) et, parmi les étudiants : la chanteuse Joan Armatrading, l'actrice Jerry Hall ou encore la femme d'affaires sud-africaine Nonkululeko Nyembezi-Heita.
Méthodes d'enseignement
L'enseignement de l'Open University est « excellent » selon le Quality Assurance Agency for Higher Education (l'agence pour l'assurance de la qualité de l'enseignement supérieur).
L'Open University utilise plusieurs méthodes d'enseignement à distance, y compris des matériaux écrits, des enregistrements audio, des émissions de télévision sur la BBC, des DVD, des cours sur Internet et des Mooc5. Les cours utilisés sont rédigés soit par les conférenciers, soit par des professeurs extérieurs ou bien encore rédigés par des tiers à l'usage des étudiants.
Pour la plupart des cours, les étudiants sont soutenus par des tuteurs, qui leur donnent des conseils pour leurs études, soit par des séminaires, soit par téléphone, soit par courriel2. Pour un certain nombre de cours de courte durée, d'une valeur de 10 points, il y a des forums en ligne qui sont tenus par les modérateurs au lieu des tuteurs.
Dans les années 1970, les émissions de l'Open University sur la BBC ont presque créé un symbole du conférencier, avec son pantalon de velours côtelé évasé et sa cravate très large. Les émissions d'aujourd'hui utilisent en général le style documentaire ou sont plus avant-gardistes. Depuis 2005 elles sont toutes diffusées pendant la première partie de soirée et attirent d'importantes audiences.
Wikipédia

Aucun commentaire: