mercredi 21 octobre 2020

MORT DE SAMUEL PATY : NOUS N’AVONS PLUS LE DROIT DE NOUS COUCHER


ÉDITORIAL
PAR NATACHA POLONY Marianne 

"Nous n’avons plus le droit de nous coucher. Mais quelques annonces gouvernementales ne suffiront pas. Il faut vraiment faire bloc. Enfin cesser de nous laisser intimider par ceux qui veulent nous imposer l’infamant stigmate du racisme ou de l’islamophobie. Affirmer fièrement que la France est cet unique pays où les religions n’imposent pas leur susceptibilité et que nous nous battrons pour préserver cet îlot de liberté qui sauve les non-croyants, mais aussi les croyants, de l’enfermement dans une communauté".
Arrêtons ! Arrêtons avec les « ils ne passeront pas », les « nous ferons bloc »… ! Arrêtons de nous payer de mots ! Voilà bientôt vingt ans qu’il n’y a plus de bloc et que l’obscurantisme, la bigoterie, la barbarie moyenâgeuse s’infiltrent par toutes les fissures. Les Territoires perdus de la République. Le livre a été publié en 2002. L’année de naissance de l’assassin de Samuel Paty. Et quand ce livre est sorti, ses auteurs ont été traités de racistes, accusés de monter en épingle des faits mineurs, sans importance… Et, ces dernières semaines encore, les accusations de racisme et d’islamophobie tentaient de réduire au silence ou d’assimiler à l’extrême droite identitaire ceux qui entendaient défendre notre conception française de la liberté de conscience.
 
Tout le problème est bien que, depuis vingt ans, nous ne faisons pas bloc. Un professeur fait un cours sur la liberté d’expression, il prend même, parce qu’il est tout sauf un provocateur, des précautions vis-à-vis des élèves qui pourraient être bousculés dans leurs convictions, et une part de sa hiérarchie considère en coulisse qu’il est « islamophobe » et préfère s’émouvoir de la plainte d’un pseudo-imam activiste fricotant avec l’extrême droite en même temps qu’avec les comités anti-islamophobie qu’affectionne l’extrême gauche. Voilà qui en dit long sur notre défaite. Samuel Paty n’est pas le seul. Combien d’autres ont subi le harcèlement de militants parfaitement organisés et se sont retrouvés isolés, montrés du doigt, menacés. Fallait-il cette horreur pour qu’enfin nous cessions de regarder ailleurs ?
RESPONSABILITÉS
Il y aura bien sûr l’enquête, qui doit déterminer comment s’enchaînent les faits, depuis la cabale contre ce professeur jusqu’à l’entrée en scène d’un jeune Tchétchène accueilli avec ses parents au titre du droit d’asile. Mais une chose est sûre : ceux qui ont orchestré cette chasse à l’homme à coups de vidéos sur YouTube savaient très bien ce qu’ils faisaient. Ils ne sont pas « séparatistes », ils ne cherchent pas à s’extraire des lois de la République. Ils entendent imposer leur loi à la République et à l’ensemble des citoyens de ce pays. Et ils ne peuvent s’y employer que parce que nous avons reculé devant chacune de leurs attaques.
"
Ce n’est pas un hasard si ces gens s’en sont pris à un professeur. Au départ, il y avait eu des dessinateurs, parce que la puissance transgressive du rire, le vrai, celui qui vise le sacré, fait peur à tous les bigots et à tous les adeptes du totalitarisme religieux. Désormais, ils s’en prennent à l’école, parce qu’elle est l’outil de l’émancipation, de cette autre puissance incommensurable qu’est le savoir. Ce que ces gens détestent, c’est le cœur même du projet républicain : des hommes libres, que les savoirs universels dispensés par l’école ont délivrés des superstitions et des déterminismes, et qui s’assemblent en une communauté politique pour décider de leur destin. Ces gens veulent la bêtise, la peur et la soumission, pour contrôler leur « communauté » et étendre leur emprise. Et tout renoncement à la raison, toute concession faite à l’obscurantisme, toute fragilisation de la transmission des savoirs par l’école fut un tapis déroulé sous leurs pieds, une arme généreusement mise entre leurs mains.
DÉNI DES UNS, LÂCHETÉ DES AUTRES
Car ces gens progressent grâce au déni des uns, à la lâcheté des autres, à l’isolement de ceux qui résistent. Ils progressent par l’inversion de la culpabilité. Ainsi de Samuel Paty. « Mais finalement, n’a-t-il pas eu tort de montrer ces caricatures ? » Toujours la rhétorique de l’huile sur le feu. Certains en ont inventé une variante en exhumant la « Lettre aux instituteurs » de Jules Ferry, datée de 1883, dans laquelle le ministre demandait aux hussards noirs de « ne rien dire qui puisse choquer un père de famille ». Il leur enjoignait d’être particulièrement prudents en matière de religion. Il avait raison. Pour ne pas détourner certains parents de l’école républicaine. Pour gagner leur confiance. Faut-il y voir une invitation, aujourd’hui, à ne surtout pas aborder les sujets qui fâchent ? À ménager les susceptibilités ? Mais jusqu’où ? La phrase de Jules Ferry est celle-ci : « Au moment de proposer aux élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s’il se trouve à votre connaissance un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. » Le père auteur de la vidéo a-t-il quoi que ce soit à voir avec un « honnête homme » ? Jules Ferry édictait ces préceptes à un moment où la religion catholique était en recul. Il savait que la République avait gagné. Cette phrase est celle du vainqueur magnanime qui veut apaiser la société. Nous en sommes aux antipodes. La raison perd chaque jour du terrain. Et ceux qui se sentent « froissés » par un cours sur la liberté d’expression se sentiront bientôt « froissés » par un cours de sciences sur le Système solaire.
Car nous sommes pris entre deux feux. D’un côté, une religion qui, partout dans le monde, se replie sur sa dimension la plus littérale et la plus archaïque, et, de l’autre, une globalisation culturelle qui impose contre notre histoire et notre organisation politique une organisation en communautés venue des États-Unis. Il n’est besoin que de lire la presse anglo-saxonne pour comprendre que la France est l’objet d’une déstabilisation volontaire. Le New York Times ou le Washington Post en les accusant de racisme dans des articles à la résonance internationale, met une cible dans le dos de ceux qui entendent faire perdurer la laïcité à la française.
"Et tous, islamistes cyniques et fanatiques ou gentils adeptes du racisme compassionnel et du « il faut comprendre, c’est leur culture », ont une alliée de poids : la bêtise crasse."
Les activistes et associations qui organisent depuis des années des campagnes de harcèlement juridique contre des journalistes ou contre des professeurs ont très bien compris comment utiliser notre État de droit pour détruire peu à peu nos libertés. Une stratégie, celle des Frères musulmans, dont l’attitude des parents d’élèves du collège de Samuel Paty est un exemple chimiquement pur. Mais cette stratégie ne peut marcher que parce que des gens bien intentionnés confondent volontairement musulmans et islamistes pour jouer les grandes consciences en lutte contre le racisme. Elle ne peut marcher que parce que depuis des années la laïcité est combattue à la fois par les bigots archaïques et par les anti-universalistes contemporains.
UNE ALLIÉE DE POIDS : LA BÊTISE CRASSE
Et tous, islamistes cyniques et fanatiques ou gentils adeptes du racisme compassionnel et du « il faut comprendre, c’est leur culture », ont une alliée de poids : la bêtise crasse. Or la bêtise progresse. Ce n’est pas un hasard si les adeptes des accommodements avec les religions sont les mêmes qui ont consciencieusement détruit toute possibilité pour l’école de transmettre des savoirs. Ce sont les mêmes qui ont fait de l’école ce lieu où l’on organise des « débats citoyens » dans lesquels la parole du professeur est une opinion parmi d’autres. Ce sont les mêmes qui ont aboli la structure et la progressivité des programmes et des méthodes qui permettaient à l’école de développer chez les élèves la logique et la rigueur. Aujourd’hui, une part croissante de la jeunesse ne comprend pas la différence entre la laïcité à la française et la tolérance anglo-saxonne, fondement des sociétés communautaristes. Aujourd’hui, la moitié des jeunes musulmans place les règles de l’islam au-dessus des lois de la République. Tel est le résultat d’une école qui n’apprend plus à distinguer croyance et vérité scientifique, opinion et savoir.
"Nous n’avons plus le droit de nous coucher. Mais quelques annonces gouvernementales ne suffiront pas. Quoi, on va expulser des étrangers radicalisés ? Très bien. Pourquoi maintenant ? Étaient-ils moins dangereux il y a quinze jours ?"
Nous avons accueilli sur notre sol des gens dont les convictions et le mode de pensée sont aux antipodes de ceux que nous avons hérités de l’humanisme et des Lumières, tout en nous privant de l’outil qui nous permettait de transmettre à leurs enfants cet héritage. Pis, certains ont théorisé le fait que nous n’avions pas à transmettre cet héritage au motif qu’il ne serait pas le leur, que l’imposer serait colonialiste. Nous avons donc fait en sorte que des Français ne se sentent aucunement citoyens de la République française. Nous le payons aujourd’hui.
NOUS N’AVONS PLUS LE DROIT DE NOUS COUCHER
Nous n’avons plus le droit de nous coucher. Mais quelques annonces gouvernementales ne suffiront pas. Quoi, on va expulser des étrangers radicalisés ? Très bien. Pourquoi maintenant ? Étaient-ils moins dangereux il y a quinze jours ? L’enjeu, désormais, est de reprendre la main. D’abord, en n’ayant plus le moindre complexe à expulser de notre territoire les étrangers qui enfreindraient nos lois ou n’accepteraient pas nos principes. Ensuite, en utilisant réellement notre arsenal juridique pour réduire au silence les activistes qui répandent depuis des décennies leur idéologie auprès de nos concitoyens musulmans. Encore faut-il que les juges soient convaincus de leur rôle dans cette offensive. Tout comme il faut que chaque administration, en premier lieu celle de l’Éducation nationale, le soit. C’est un travail à long terme. Les professeurs lucides le disent : leurs pires censeurs sont dans les rectorats… ou parmi leurs collègues.
"RELEVONS-NOUS POUR QUE PLUS JAMAIS UN PROFESSEUR N’AIT PEUR D’ABORDER UN SUJET DANS SA CLASSE."
Nous réarmer, c’est aussi ne pas laisser aux religions le monopole du discours sur la religion. C’est imposer le savoir à côté de la croyance. L’année 2002 est aussi l’année du rapport de Régis Debray sur l’enseignement du fait religieux. Il y prônait une formation des professeurs. Elle est essentielle. Parce que enseigner la lente élaboration du texte du Coran, qui court sur deux siècles, est la meilleure manière d’expliquer aux élèves qu’ils peuvent le croire incréé mais savoir qu’il est une construction humaine.
RELEVONS-NOUS
Mais nous réarmer, c’est, en effet, faire bloc. Enfin faire bloc. Enfin cesser de nous laisser intimider par ceux qui veulent nous imposer l’infamant stigmate du racisme ou de l’islamophobie. Affirmer fièrement que la France est cet unique pays où les religions n’imposent pas leur susceptibilité et que nous nous battrons pour préserver cet îlot de liberté qui sauve les non-croyants, mais aussi les croyants, de l’enfermement dans une communauté.
Relevons-nous pour que plus jamais un professeur n’ait peur d’aborder un sujet dans sa classe, pour que plus jamais un jeune Français ne soit jeté dans les bras des intégristes et livré à l’ignorance, pour que plus jamais des gens qui détestent ce que nous sommes ne nous empêchent de transmettre l’humanisme, les Lumières, le rire désacralisant de Rabelais, la lucidité pleine de doute de Montaigne, la révolte de Voltaire contre le délire intégriste. De les transmettre à tous les futurs citoyens, quelles que soient leur origine et leur religion.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« DESORMAIS, ILS S’EN PRENNENT A L’ECOLE, PARCE QU’ELLE EST L’OUTIL DE L’EMANCIPATION, DE CETTE AUTRE PUISSANCE INCOMMENSURABLE QU’EST LE SAVOIR."

 « Relevons-nous pour que plus jamais un professeur n’ait peur d’aborder un sujet dans sa classe, pour que plus jamais un jeune Français ne soit jeté dans les bras des intégristes et livré à l’ignorance, pour que plus jamais des gens qui détestent ce que nous sommes ne nous empêchent de transmettre l’humanisme, les Lumières, le rire désacralisant de Rabelais, la lucidité pleine de doute de Montaigne, la révolte de Voltaire contre le délire intégriste. De les transmettre à tous les futurs citoyens, quelles que soient leur origine et leur religion. »
Je ne commenterai pas, par respect et par adhésion sans réserve.
 J’apprécie beaucoup Natacha Polony, et cette fois particulièrement: Samuel Paty est "mort d'avoir été laissé seul"
MG



GENERAL PIERRE DE VILLIERS: «C’EST UNE ATTAQUE A L’EXISTENCE MEME DE NOTRE NATION, DE NOTRE CIVILISATION»

FIGAROVOX/TRIBUNE - Après la décapitation de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie de 47 ans, assassiné par un islamiste, le général Pierre de Villiers appelle le gouvernement à passer des déclarations aux actes. Il propose notamment de fermer les mosquées islamistes, d’expulser les imams radicaux et de reprendre le contrôle de nos frontières nationales.
Par Alexandre Devecchio
Figaro
Les faits sont têtus et la décapitation de ce professeur à Conflans Sainte Honorine constitue une étape de plus dans le délitement de notre pays. Qu’un professeur puisse être ainsi exécuté de sang-froid à la sortie de son collège, sur notre territoire, au titre de l’Islam n’est pas seulement un assassinat ; c’est une attaque à l’existence même de notre nation, de notre civilisation.
Permettez-moi d’abord de penser à sa famille, à ses proches, à ses collègues, à ses élèves, à toutes celles et ceux qui connaissaient et appréciaient ce professeur d’histoire géographie. La nouvelle est terrible et la peine inconsolable. Je sais par expérience combien il est difficile d’affronter la mort quand elle nous frappe aussi brutalement, aussi sauvagement.
Permettez-moi aussi d’encourager tous nos enseignants, où qu’ils soient. Ils portent en eux l’avenir de notre jeunesse, de notre pays. En aucun cas, nous ne devons céder à cette intimidation barbare. La peur est mauvaise conseillère.
Il est temps de fermer toutes les salles de prières islamistes. Nous savons très bien où elles se situent, pour l’essentiel dans des cités, où un accord tacite règne entre les salafistes et les caïds.
L’heure est venue de corréler les paroles et les actes. Combien de lois, de décrets, de déclarations ont été prononcées depuis le 7 janvier 2015, date de la tuerie à Charlie Hebdo. Combien de plans ont été annoncés à grand renfort d’éléments de langage et de phases de communication. Seule la force fait reculer la violence. Le combat sera long. Encore faut-il le mener en acte. L’urgence est à l’action et non plus aux déclarations.
Il est temps de fermer toutes les salles de prières islamistes non officielles et radicales. Je pèse mes mots: nous savons très bien où elles se situent, pour l’essentiel dans des cités, où un accord tacite règne entre les salafistes et les caïds. Mon expérience dans les banlieues me le confirme. Nous ne pouvons pas laisser tomber ceux qui continuent à se battre pour aider ces populations dans leur grande majorité de bonne volonté.
Il est temps de renvoyer dans leur pays d’origine sans délai les imams radicaux, qui prêchent chaque vendredi des propos inacceptables et provocateurs, haïssant la France et endoctrinant une partie de leurs fidèles. Jusqu’à quand va-t-on supporter cela plus longtemps, avant que la population française elle-même ne cherche à se faire justice? Le mouvement de reconduite de ces radicaux est engagé, trop timidement et partiellement. Il faut assumer les risques.
Il est temps d’aider la communauté musulmane de France à former les imams, comme cela se fait d’ailleurs dans certains pays. La Mauritanie est un exemple. Elle a réussi ainsi à contenir le terrorisme. Il faut accélérer les initiatives déjà prises en ce sens sur notre territoire.
L’Islam de France doit aussi prendre ses responsabilités face à ce fléau du terrorisme au nom de cette religion. Il appartient aux pouvoirs publics de le lui rappeler à temps et à contre temps. On ne peut pas continuer comme cela. Seule l’inaction est infamante.
Il est temps aussi de mettre notre politique étrangère en cohérence avec cette menace mondiale dont on voit bien qu’elle est soutenue, financée et organisée par certains Etats bienveillants à l’égard des mouvements terroristes, dans leur diversité à la fois géographique et idéologique.
 Cette guerre est mondiale et la France a une voix particulière à faire entendre, bien au-delà de ses seuls intérêts économiques ou financiers.
Il est temps aussi de comprendre que le premier devoir d’un Etat est de protéger ses concitoyens, en donnant à celles et ceux qui en ont la charge les moyens de leur mission. Je pense en particulier aux services de renseignements, aux forces de sécurité, à tous ceux qui de près ou de loin participent à l’éducation de notre jeunesse.
IL EST TEMPS ENFIN DE MAITRISER NOTRE DESTIN, FACE AUX PHENOMENES MONDIAUX DE MIGRATIONS MASSIVES AUXQUELS NOUS SOMMES CONFRONTES.
Il est temps enfin de maîtriser notre destin, face aux phénomènes mondiaux de migrations massives auxquels nous sommes confrontés. L’Europe a sûrement une responsabilité majeure à remplir. Mais nul n’est mieux protégé que par soi-même. Nous ne pouvons pas continuer à accueillir sur notre territoire «toute la misère du monde», première proie pour les islamistes radicaux. Nous devons revoir l’utilisation de nos frontières.
Pendant mes dix dernières années dans les armées, j’ai, à ma place, participer au combat contre le terrorisme islamiste, cette idéologie qui prône la barbarie, car cette dernière n’est pas un moyen mais une fin. Nos soldats, marins et aviateurs contribuent à cette défense de l’avant, notamment en Afrique et au Moyen-Orient. Ils méritent aussi d’en être remerciés. Cette guerre est mondiale. Elle vise la France prioritairement. Plus que jamais, nous devons retrouver notre unité et nous réconcilier, au-delà de nos diversités. L’amour de la France est notre espérance.


COMMENTAURE DE DIVERCITY
 «C’EST UNE ATTAQUE A L’EXISTENCE MEME DE NOTRE NATION, DE NOTRE CIVILISATION»

Il est singulier de se trouver soudain d’accord avec un général, aristocrate de surcroit et père de six enfants, donc hyper catho j’imagine. Voyons cela point par point.
«c’est une attaque a l’existence même de notre nation, de notre civilisation»
Huntington se marre dans sa tombe
« Il est temps de fermer toutes les salles de prières islamistes. Nous savons très bien où elles se situent, pour l’essentiel dans des cités, où un accord tacite règne entre les salafistes et les caïds. »
Cela aurait dû être fait depuis longtemps mais ne l’a pas été en raison de la crainte d’une levée de boucliers contre « l’islamophobie »
« L’heure est venue de corréler les paroles et les actes. »
Toute la classe politique le dit et l’opinion publique l’exige 
« Seule la force fait reculer la violence. Le combat sera long. Encore faut-il le mener en acte. L’urgence est à l’action et non plus aux déclarations. »
La force seule ne résoudra rien. L’école est une « arme » plus puissante que la force mais c’est précisément elle qui a été symboliquement décapitée par la main islamiste.
« Il est temps de renvoyer dans leur pays d’origine sans délai les imams radicaux, qui prêchent chaque vendredi des propos inacceptables et provocateurs, haïssant la France et endoctrinant une partie de leurs fidèles. »
Tout le monde est d’accord sur ce point sauf l’extrême gauche qui fait beaucoup de bruit à ce niveau dans les medias. Le mystère c’est pourquoi ces éjectables ne sont pas éjectés.

 « Jusqu’à quand va-t-on supporter cela plus longtemps, avant que la population française elle-même ne cherche à se faire justice? »
Attention ! Ceci est tendancieux et peut se lire comme un incitation à la désobéissance civile. Surprenant pour un général.  
« Il est temps d’aider la communauté musulmane de France à former les imams, comme cela se fait d’ailleurs dans certains pays.   
L’Islam de France doit aussi prendre ses responsabilités face à ce fléau du terrorisme au nom de cette religion. »
Ce n’est pas faux ; nous avons défendu cette thèse à maintes reprises.
 « Seule l’inaction est infamante. Il est temps aussi de comprendre que le premier devoir d’un Etat est de protéger ses concitoyens, en donnant à celles et ceux qui en ont la charge les moyens de leur mission. »
C’est un argument fort. L’Etat se doit de protéger ses citoyens avant toute autre chose pas à insuffler la peur : « la peur va changer de camp dit Macron » Parole malheureuse. Le Président de la République n’est pas là pour insuffler la peur mais pour protéger la population.
 « Il est temps enfin de maîtriser notre destin, face aux phénomènes mondiaux de migrations massives auxquels nous sommes confrontés. »
Nous ne pouvons pas continuer à accueillir sur notre territoire «toute la misère du monde, première proie pour les islamistes radicaux. Nous devons revoir l’utilisation de nos frontières. »
Marine Le Pen se pâme et Huntington sourit à nouveau dans sa tombe. C’est à mon sens un autre débat.
« Plus que jamais, nous devons retrouver notre unité et nous réconcilier, au-delà de nos diversités. L’amour de la France est notre espérance. »
Pain bénit pour le RN
 « Pendant mes dix dernières années dans les armées, j’ai, à ma place, participé au combat contre le terrorisme islamiste, cette idéologie  qui prône la barbarie, car cette dernière n’est pas un moyen mais une fin. Cette guerre est mondiale. Elle vise la France prioritairement. »
Que veut ce général : organiser une  guerre contre l’islamisme sur le territoire français ? C’est une option redoutablement dangereuse. 
Pour François Fillon qui va dans le même sens, il s'agit d'un «combat global » qui va bien au-delà de l'école mais qui touche toute la société alors qu'«une partie de la communauté musulmane refuse de s'intégrer, d'accepter les règles de la République et de la vie en commun. La situation à l'école n'est que la conséquence de cette situation générale». Raison pour laquelle, selon l'ancien premier ministre, «l'école et les enseignants ne peuvent pas, à eux seuls, lutter contre un phénomène qui se traduit par le basculement de quartiers entiers dans une forme de séparatisme, pour reprendre le mot du président de la République ».
 « Le séparatisme islamiste commence quand des musulmans veulent vivre selon leurs coutumes, leurs lois, leur organisation en marge de la République ; le totalitarisme islamique correspond à un projet global qui consiste à imposer au monde les règles, l'idéologie islamiste.

Pour François Fillon, il est urgent d'agir. «Le nombre de prédicateurs, de fidèles eux-mêmes qui désormais adhèrent à l'idée que les règles religieuses, s'imposent aux règles républicaines, aux lois de leur pays, a considérablement augmenté», s'inquiète-t-il dans L'Express. 
«Les signes sont de plus en plus nombreux. Parmi eux, le port du voile, l'intransigeance sur les sujets d'abattage rituel, la contestation permanente du calendrier, de l'Histoire même... »
«L'aggravation de la situation est évidente».
L'ancien premier ministre presse les Français de confession musulmane de réagir. 
Dans cette «guerre de longue durée» qui s'annonce, François Fillon invite à «nommer les choses» juge sévèrement «l'aveuglement d'une grande partie de la gauche sur l'islamisation» et «la responsabilité des organisations syndicales, majoritairement de gauche, qui ont longtemps considéré que tout discours critique à l'égard des musulmans était stigmatisant ou d'extrême droite». Face à l'ampleur de la tâche, pour François Fillon, «il est primordial qu'on décrète une forme de mobilisation générale et qu'on mette de côté les arrière-pensées politiques».



A PANTIN, LA FERMETURE DE LA MOSQUEE VECUE COMME UNE PUNITION PAR LES FIDELES
 
Des habitués et habitants musulmans du quartier ne comprennent pas que leur mosquée fasse les frais de la réplique gouvernementale contre l'islamisme radical, quelques jours après l'attentat de Conflans.
 
 A Pantin, la fermeture de la mosquée vécue comme une punition par les fidèles
Les rares passants s’arrêtent sur les trois feuilles fraîchement placardées à l’entrée. Devant la grande mosquée de Pantin ce mardi matin, le décret de la préfecture de Seine-Saint-Denis ordonne la fermeture du lieu dans les 48 heures et ce pour six mois. Ce sera donc chose faite mercredi soir, conformément à l'annonce de Gérald Darmanin, qui a dévoilé lundi soir une offensive tous azimuts contre les tenants de l'islam politique. 

Une réaction «pour absorber l’émotion, pour réagir», a expliqué avec flegme M’hammed Henniche, le responsable des lieux, à l’AFP.
Il est reproché à la grande mosquée de Pantin d’avoir relayé sur sa page Facebook une vidéo où le père d’une des élèves de Samuel Paty dénonçait le cours lors duquel le professeur avait montré en classe des caricatures de Mahomet. L’institution l’a reconnu et l’a immédiatement retirée après l’attentat, qu’elle a condamné. Parmi les griefs figure aussi la personnalité de l’imam principal, Ibrahim Abou Talha. Selon le texte, celui-ci serait «impliqué dans la mouvance islamiste radicale d’Ile-de-France». Le ministère de l’Intérieur pointe également le fait que trois de ses enfants soient scolarisés dans une école «clandestine» à Bobigny, dont la fermeture a aussi été ordonnée.
 «ON N’A PAS LE DROIT DE TUER, L’IMAM [LE] DIT TOUS LES VENDREDIS»
Dans le quartier, certains préfèrent raser les murs. D’autres ne cachent pas leur mécontentement. «Ils nous ont punis !» regrette Zhor Faraji, habitante du quartier depuis trente-six ans. Elle loge dans l’immeuble qui fait face à la mosquée et a appris la nouvelle dans la nuit, en allumant la télé. «Moi, ça me rend malade. Je ne suis pas motorisée, j’ai du mal à marcher, donc je prierai chez moi, c’est dommage.» Elle ajoute : «Les gens sont tranquilles ici, il n’y a pas de problème. L’imam est jeune, il a l’esprit ouvert, il parle français et l’arabe littéraire.» Elle reprend : «Ce garçon de 18 ans, pourquoi il a fait ça ? On n’a pas le droit de tuer, c’est ce que l’imam dit tous les vendredis !» Cette habituée de la mosquée est allée à la prière du matin vers 6 heures. Elles étaient trois femmes. Moins que d’habitude. Le Covid y est aussi pour quelque chose. «D’habitude, une association distribue de la nourriture devant la mosquée. Elle a dû entendre la nouvelle, ce matin elle n’est pas venue», ajoute-t-elle. Elle alpague les voisins pour parler santé et fermeture du lieu de culte, sans arriver à comprendre la décision de la préfecture. Pas intimidée par la présence de nombreux journalistes, Zhor Faraji continuera à aller à la mosquée, jusqu’à ce que les portes soient définitivement closes, mercredi soir.
Bouchra, du Pré-Saint-Gervais, une commune voisine, arrête sa poussette devant le portail de l’entrée. Elle ne fréquente pas le lieu mais se dit solidaire des fidèles qui y vont. «Ce qui s’est passé n’a rien à voir avec la mosquée. Cela fait du mal à tous les musulmans, ça nous déchire entre nous, les différentes nationalités et confessions qui habitons ici», s’apitoie-t-elle. 
Alors que les jeunes musulmans se font rares devant le lieu de culte, Moussa, la trentaine, descend de son camion d’éboueur pour lire l’arrêté avec attention. «Si je ne connaissais pas l’imam, j’aurais peur en lisant ce qui lui est reproché», lâche-t-il. Il était au courant de la scolarisation problématique des enfants. Mais il tient à nuancer : «Ça fait trente ans que je prie là. Je trouve les prêches de l’imam très cohérents. A chaque attentat, il les dénonce et insiste bien sur le fait que cela ne correspond pas à notre religion.» Lui a vu la polémique monter sur les réseaux ce week-end. Samedi, le partage de la vidéo par la grande mosquée de Pantin était l’un des sujets les plus discutés sur Twitter. «Quand j’ai vu qu’on était dans la sauce, je me suis attendu à la fermeture. On est dans le collimateur depuis un petit moment», relève-t-il. Cette décision fait ressortir un malaise chez lui : «J’ai l’impression qu’être musulman aujourd’hui est dur à porter. Il faut se faire tout petit.» A l’approche de la prière de 13h36, les fidèles arrivent au compte-gouttes, discrets. 
Margaux Lacroux



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