mardi 24 novembre 2020

Comment traiter de la liberté d'expression à l'école ?


AGORALES SIGNATURES DE MARIANNE
Nietzsche à Molenbeek
L’œil de Marianneke
Par Nadia Geerts

Agrégée en philosophie, essayiste, militante laïque et féministe, Nadia Geerts nous offre désormais chaque semaine son regard depuis la Belgique. Cette semaine, il est question de caricatures et de "vivre-ensemble"...

Molenbeek-Saint-Jean, riante commune bruxelloise. Son canal, son domaine naturel du Scheutbos, ses fermes anciennes, son marché pittoresque, son musée, son magnifique château du Karreveld…
Sans oublier, bien sûr, la bien nommée école primaire communale du Gai Savoir. Car oui, à Molenbeek, on apprend en s’amusant, dans la grande tradition nietzschéenne ; on déconstruit la morale, on se réjouit de la mort de Dieu qui, nous laissant seuls, nous permet de devenir ce que nous sommes, dans la joie du péché aboli.
"UN MESSAGE DE HAINE"
Cela dit, comme on dit à Bruxelles et ailleurs « Il y a rire et rire, mais me pisser dans le dos et dire que je transpire, ça c’est plus rire ». Et donc, certains n’ont pas ri du tout quand, deux ou trois jours après la décapitation de Samuel Paty, un enseignant de cette école a montré à ses élèves de 10-12 ans une caricature bien connue du prophète, qui le montre fesses à et en l’air, dans une position qui ne peut manquer d’évoquer la prière – du moins aux moins polissons d’entre nous. L’affaire s’est donc rapidement retrouvée sur le bureau du directeur de l’établissement scolaire, mais aussi dans la presse, et ce grâce à l’intervention d’un papa vigilant pour qui, « c’est un message de haine ». Avant d’ajouter, soucieux sans doute de ne pas pouvoir être confondu avec un quelconque fanatique : « S’il voulait parler du prophète ou de la religion musulmane, pas de souci. Mais pas de cette façon. (…) Vivons ensemble dans le respect, la dignité et la fraternité quelle que soit la religion de chacun. »
« Vivre ensemble ». C’est précisément au nom de ce mantra qu’il y a quatre ans, l’enseignement officiel francophone a connu une véritable révolution. Finies les deux heures hebdomadaires de cours de religion – catholique, protestante, islamique, israélite ou orthodoxe – en fonction du choix de leurs parents, ou de morale non confessionnelle pour ceux qui ne se reconnaissaient dans aucune religion ! Nos ministres compétents ont pris le problème à bras-le-corps, et avec une audace qui n’a d’égale que leur clairvoyance, ont dit : ça suffit ! Nos enfants ont besoin de penser le monde en citoyens ! Et depuis, nos enfants n’ont plus qu’une heure de religion ou de morale, l’autre heure étant consacrée à l’éducation à la philosophie et la citoyenneté. Et c’est précisément lors d’un de ces cours que le professeur a exhibé en classe une caricature du prophète Mahomet, avant d’être écarté dans l’attente d’une sanction.
OBSCÉNITÉ
J’entends déjà les grincheux protester : comment ? Un professeur qui a pour mission d’aider à penser le monde se verrait reprocher d’aborder la question de la liberté d’expression à l’aide d’une caricature qui a provoqué, en France, en 2020, la décapitation d’un enseignant ?!
Heureusement la bourgmestre (PS) de Molenbeek, Catherine Moureaux, a eu tôt fait de rectifier : ce qui a justifié l’écartement de l’enseignant, ce n’est évidemment pas le fait qu’il ait montré un dessin manquant de respect au prophète de l’islam. Non, ce qui pose vraiment problème, c’est l’obscénité de ce dessin, Catherine Moureaux est très claire là-dessus : « Personne n’a à montrer à des enfants de dix ans les organes génitaux de qui que ce soit. C’est la seule raison pour laquelle une procédure est ouverte. »
Le gai savoir est donc sauvé, et c’est tant mieux. Reste seulement à supprimer des manuels scolaires toutes les reproductions de statues grecques antiques, qui ont la détestable habitude d’exhiber leur anatomie. On évitera également les visites au musée, où les organes génitaux surgissent parfois sans prévenir au détour d’une galerie, et bien sûr les leçons d’éducation sexuelle, sauf bien sûr celles qui se fondent sur les choux, les cigognes et autres délicates paraboles.
Quant aux enseignants, ils sont invités à ne plus montrer dorénavant que des caricatures de Mahomet en slip.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CECI N’EST PAS UNE CARICATURE
« NOS ENFANTS ONT BESOIN DE PENSER LE MONDE EN CITOYENS »   

C’est quoi au juste une caricature ?
1. Représentation qui, par la déformation, l'exagération de détails, tend à ridiculiser le modèle. ➙ charge.
2. AU FIGURÉ Ce qui évoque sous une forme déplaisante ou ridicule. —  Simulacre, parodie. Une caricature de la vérité.
3. Satire, description comique. La caricature d'une société.
4. Personne ridicule.
C’est ainsi que le petit Robert définit la caricature.
Si on s’en réfère strictement au sens premier
« Représentation qui, par la déformation, l'exagération de détails, tend à ridiculiser le modèle. ➙ charge » on pourrait croire que l'’article de Nadia Geerts  est une caricature subtile des faits qui se sont produits à l’école du Gai Savoir- cela ne s’invente pas- à Molenbeek que nos amis français prononcent volontiers Molenbeck et que Zemmour a souhaité bombarder pour rire en ne faisant rire personne en dehors de lui. 
Si on s’en réfère au deuxième sens « AU FIGURÉ Ce qui évoque sous une forme déplaisante ou ridicule. —  Simulacre, parodie. Une caricature de la vérité » ceci est une vérité caricaturale étant donné que les faits eux-mêmes sont franchement caricaturaux et les faits, en l’occurrence, sont têtus, aussi obstinés que la Lord Mairesse Catherine Moureaux, chirurgien, fille légitime et politique du socialiste  Philippe Moureaux, volontiers clientéliste communautariste dont on disait qu’il avait appris le marxisme sur les genoux des domestiques de son père autrefois ministre d’Etat de signature libérale.
Si l’on s’en réfère au troisième sens : « Satire, description comique. La caricature d'une société. » on dira qu’il s’agit d’une histoire belge au carré, d’abord on ne saurait nier qu’elle est belge, ensuite parce qu’elle se déroule à « Molenbeck », La Mecque du salafisme à la belge d’où sont partis grand nombre de combattants djihadistes sur le front syrien ainsi que le commando du Bataclan..
 Reste le quatrième sens : « Personne ridicule » C’est qui la personne ridicule, le dindon de cette farce ? Catherine, l’instit, les élèves, les parents des élèves plaignants ou alors Nadia Geerts quand elle explique à des lecteurs français ce qu’est le cours  de citoyenneté appelé aussi, chez nous, le cours de rien et pas vraiment pour rien ?
On dit que le ridicule ne tue pas. A Molenbeek il tue !
Quatre 11questions : qu’aurai je fait si j’étais bourgsmestre, si j’étais le directeur de l’école du Gai Savoir, si  j’étais le père plaignant, si j’étais l’instit.
Si j’étais bourgmestre, jamais je n’aurais cédé à la pression des plaignants. C’est pas facile quand on est la fille du grand Flup Moustache, professeur respecté à l’ULB, fils de mai 68 au profil laïcard affirmé qui, pour le fidéliser, a cependant passé bien des caprices à son électorat communautariste « clientélisé ». Si j’étais le dirlo, j’aurais négocié  avec le prof pour qu’il évite de heurter, de blesser de jeunes  enfants issus d’une communauté sommairement islamisée avec une caricature bête et surtout méchante dont je ne vois vraiment pas en quoi elle peut contribuer à faire de petits musulmans halal des libre penseurs à l’esprit critique bien affuté. Si j’étais le père d’élève qui a allumé la mèche je déciderais, une fois pour toutes, de lire ou de relire mon coran comme s’il m’avait été révélé à moi personnellement. Si j’étais élève dans cette classe j’exigerais une traduction sérieuse du Coran en français et je la lirais crayon en main. A onze ans ? Pourquoi pas. C’est précisément ce que j’ai fait à onze ans avec une copie du  nouveau testament tandis que ma famille exigeait soudain que je fasse ma communion solennelle et que je me farcisse le catéchisme, caricature du christianisme. Ce fut une révélation solennelle et une fin de non recevoir. Si j’étais Nadia Geerts je demanderais au Collège de prendre la place de l’instit, rien que pour voir comme combien c’est difficile d’enseigner le libre examen à des gamins et gamines biberonnés à l’orthopraxie hallale. Si j’étais l’instit que le Collège de la Bourgmestre socialiste et des échevins majoritairement islamistes a sèchement viré, je serais ravi de pouvoir postuler à la commune d’Uccle, d’Etterbeek, de Woluwé ou mieux encore à la Ville de Mons où mon meilleur défenseur, Georges Louis Bouchez, grand patron du MR fait la pluie et le beau temps. 
Mais qu’il prenne bien soin de ne pas montrer à ses nouveaux élèves la moindre caricature, que dis-je, la moindre photo de celui qui se prend pour le Sarko de la politique belge. 
«  Nos enfants ont besoin de penser le monde en citoyens » 
MG  

  
 UN INSTITUTEUR DE MOLENBEEK SUSPENDU POUR AVOIR MONTRE UNE CARICATURE DE MAHOMET

Le porte-parole de la bourgmestre de cette commune de Bruxelles nie toute "censure" et évoque le caractère "obscène" du dessin montré aux enfants.
AFP Huffpost

CARICATURES - Un enseignant a été suspendu cette semaine à Bruxelles pour avoir montré à ses élèves de 10-11 ans une caricature publiée par Charlie Hebdo montrant le prophète Mahomet nu à quatre pattes, qui a été jugée “obscène” par sa direction.
L’information, révélée par le quotidien La Libre Belgique, a été confirmée à l’AFP par le porte-parole de la bourgmestre de Molenbeek, la commune bruxelloise où se sont produits les faits.
“Deux ou trois parents” se sont plaints à la direction
Selon ce porte-parole, Rachid Barghouti, “deux ou trois parents” se sont plaints à la direction de cette école primaire qu’un dessin montrant les parties génitales du prophète soit brandi devant “des enfants de 5e et 6e primaire” (les deux derniers niveaux de primaire, ndlr).
Dans le cadre d’un cours sur la liberté d’expression, après l’assassinat ce mois-ci d’un enseignant français ayant montré à ses élèves adolescents plusieurs caricatures de Mahomet, l’instituteur avait choisi de montrer un des dessins de ce lot, déjà publié par l’hebdomadaire français Charlie Hebdo.
Rapportée au directeur de l’école, son initiative a été dénoncée par ce dernier à l’autorité de tutelle, à savoir les élus de l’exécutif municipal.
L’enseignant “a été entendu j par le collège communal (le maire ―ou bourgmestre― et ses adjoints, ndlr) et écarté”, a expliqué Rachid Barghouti. “Ce n’est pas une sanction, cela revient à lancer la procédure disciplinaire”, a-t-il ajouté.
Une nouvelle audition devant les mêmes élus est programmée jeudi prochain pour décider d’une éventuelle sanction.
“Il n’y a aucune censure”
“Notre décision est uniquement basée sur le fait qu’il s’agit d’images obscènes, si ça n’avait pas été le prophète on aurait pris exactement la même décision”, a affirmé le porte-parole de Catherine Moureaux, la bourgmestre socialiste qui gère la ville en coalition avec les libéraux francophones.
Molenbeek-Saint-Jean, commune populaire d’environ 100.000 habitants, comptant une importante communauté d’origine marocaine, a acquis la réputation d’être un terreau du jihadisme en Europe, quand l’enquête franco-belge sur les attentats parisiens du 13 novembre 2015 (130 morts) a mis en évidence que plusieurs assaillants en étaient originaires.
Selon Rachid Barghouti, aborder à l’école la liberté d’expression “est important, il n’y a aucune censure par rapport à ça”.
Mais “cela doit se faire dans un cadre un tout petit peu pensé, réfléchi”. “Montrer de manière brute des images obscènes à des enfants aussi jeunes, ça n’est pas très malin sur le plan pédagogique”, a-t-il insisté.
“Si on a un cours d’histoire qui parle des nus de l’Antiquité, on contextualise, on explique pourquoi on utilisait le nu pendant l’Antiquité”, a encore souligné le responsable communal.
Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie de 47 ans, a été décapité le 16 octobre, dix jours après avoir montré à ses élèves de 4e des caricatures de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression. Il avait été la cible des réseaux sociaux et d’une mobilisation en ligne.
  


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