dimanche 29 novembre 2020

Jean-Luc Mélenchon prévient : «En 2022, le pays sera dévasté»


À distance, le candidat des Insoumis a tenu samedi soir 28 novembre le premier meeting de sa troisième campagne présidentielle, sur fond de violences policières.
Par Sophie de Ravinel Figaro
 
En un claquement de doigts, le décor en réalité augmentée de son meeting est apparu. Une ambiance un peu étrange, très blanche, avec une sorte de mire déstructurée tournoyant derrière lui. Pour le premier meeting de sa troisième campagne présidentielle, Jean-Luc Mélenchon était habillé tout en noir, posé derrière un pupitre rouge rosé. Fier d'une nouvelle prouesse technologique dont il a désormais fait sa marque de fabrique, le candidat, clin d'œil à l'héroïne de Lewis Carroll et au film Matrix, a fait apparaître un lapin blanc à ses pieds.
En dehors de cela, le fond de son discours est resté très classique, et l'ambiance pesante, à la hauteur de la crise en cours et en vue. Jean-Luc Mélenchon assume de partir très tôt. Avec une justification : préparer les esprits aux « décisions essentielles » qui « devront être prises ». « En 2022 le pays sera dévasté », a-t-il prévenu. « Il y a déjà un million de chômeurs en plus qu'il n'y en avait au début de la crise du Covid. Y en aura-t-il un million de plus en 2022 ? L'État sera dévasté », a-t-il insisté. « Le pays aura été déchiré, labouré ».
Jean-Luc Mélenchon affirme vouloir se lancer « avec soin, méthode et discipline ». Pour l'instant cependant, toutes ses forces, ou presque, sont concentrées sur la dénonciation des violences policières et du « régime d'autoritarisme qui se met en place ». La police doit être refondue « de la cave au grenier » et l'IGPN est « une sorte de monstruosité », a-t-il entre autres détaillé, quelques heures après avoir participé à la manifestation parisienne contre la loi «Sécurité globale». « C'est en profondeur que la police nationale a été poussée au pire », a-t-il observé, s'accusant « de n'avoir pas compris depuis trop longtemps combien la situation a dégénéré ». « La France, a-t-il lancé, ne saurait être mise au pas et domestiquée par des barbares en uniformes ».
LA LAÏCITE N'EST PAS UN ATHEISME D'ÉTAT
Le député de Marseille a par ailleurs pris le temps de dire quelques mots sur la laïcité et sur « la liberté de conscience » un des biens « les plus précieux dont nous disposons ». « La France doit donner un signal positif de la laïcité. La laïcité n'est pas un athéisme d'État. Chacun a le droit de croire ou ne pas croire. Et nul ne doit être molesté pour cela ». Accusé de complaisance avec des mouvements religieux radicaux, Mélenchon s'est agacé : « Je dois le répéter, sinon ils vont glapir en cadence, blatérer, dindonner : oui le terrorisme djihadiste doit être combattu et éradiqué et il faut le faire avec des moyens humains, plus nombreux. » À l'entendre, « ce que veut obtenir cette branche politisée du djihadisme, c'est le monopole de la représentation des musulmans. Et voici que des dizaines de commentateurs la leur cède ! »
REJET DE TOUTE « FUMEUSE COALITION DE DERNIERE MINUTE »
Si Jean-Luc Mélenchon n'a aucune réelle intention d'union à gauche pour la présidentielle, il a cependant tendu la main, notamment sur un éventuel accord législatif entre formations de gauche : « Acceptez d'ouvrir avec nous la discussion, non pas en vue de je ne sais quelle fumeuse coalition de dernière minute, mais en vue de la majorité parlementaire».
Selon un sondage Ifop pour Le JDD de ce dimanche, à 17 mois du vote, Christiane Taubira apparaît en tête des sympathisants de gauche pour 53% d'entre eux, devant la maire PS de Paris Anne Hidalgo (52%) et Jean-Luc Mélenchon (51%). Viennent ensuite Benoît Hamon (50%), l'écologiste Yannick Jadot (45%) ou l'ancien ministre Arnaud Montebourg (40%). Testé sur l'ensemble des Français, le candidat des Insoumis apparaît comme « un très mauvais candidat » pour 47% d'entre eux.


COLMMENTAIRE DE DIVERCITY
MAIS OU DONC EST PASSEE SEGOLENE ?

Ségolène Royal est passée sous les radars, elle semble avoir cessé d’exister politiquement, comme Hollande. Voilà qui est bien singulier. A l’évidence Macron n’a pas trop de souci à se faire sur sa gauche. Et à droite c’est également assez compliqué, sauf si la droite a la bonne idée de miser sur Edouard Philippe. C’est clair Marine Le Pen sera au second tour mais contre qui ? Il se pourrait bien que d’ici très peu de temps le général de Villiers  crédité aujourd’hui de 20% des intentions de vote fasse acte de candidature. « Car l'ancien chef d'état-major des armées, qui promeut actuellement un livre intitulé L'Équilibre est un courage (Fayard), ne fait rien pour démentir l'hypothèse d'une candidature à la présidentielle de 2022. Il ne dit pas non. Il louvoie »
(Le Point)
Reste à savoir dans quel camp le général se rangera : sûrement pas dans le camp Macron, possiblement à droite et la cas échéant à gauche :Hollande le trouve parfaitement fréquentable. Ou alors, surprise du chef : ni à droite, ni à gauche mais à l’extrême l’extrême centre, façon Macron mais contre La république en marche.
MG


GENERAL DE VILLIERS : « JE SAIS CE QU'ON PEUT FAIRE ET NE PAS FAIRE »
ENQUÊTE. Candidat ou pas candidat en 2022 ? Le général entretient le mystère sur ses envies. Il ne dit pas non, mais ses proches se montrent sceptiques. Par Saïd Mahrane Le Point.fr

 « Cette action sociale de l'officier, quelle peut-elle être ? Représente-t-elle autre chose qu'une utopie généreuse, une illusion séduisante ? Sous quelle forme pratique peut-elle s'exercer ? » s'interroge le maréchal Lyautey dans Le Rôle social de l'officier. Ce petit manuel d'engagement civique est le livre de chevet du général Pierre de Villiers. Comment, dès lors, ne pas penser à lui à la lecture de ces interrogations de Lyautey ? Car l'ancien chef d'état-major des armées, qui promeut actuellement un livre intitulé L'Équilibre est un courage (Fayard), ne fait rien pour démentir l'hypothèse d'une candidature à la présidentielle de 2022. Il ne dit pas non. Il louvoie, contrant une nature pourtant franche, dès lors qu'on évoque le sujet. « 2022 ? Il serait indécent d'en parler aujourd'hui », nous répond-il. Il ne dit donc pas non.

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