vendredi 13 novembre 2020

Le recteur de la grande mosquée de Paris: «Les imams doivent diffuser un contre-discours»


Ce vendredi marque le cinquième anniversaire des attentats commis à Paris et à Saint-Denis. Chems-Eddine Hafiz, nouveau recteur de la grande mosquée de Paris, horrifié par les attentats, veut prendre sa part au combat. Au péril de sa vie.

«La laïcité est une chance pour l’islam. Je considère que c’est ici, en France, que la beauté de cette religion va être enfin connue.» - Cyril Zannettacci/VU.

Par Joëlle Meskens Le Soir

ENTRETIEN
ENVOYÉE PERMANENTE À PARIS
 
C’est un homme qui parle peu. Mais qui, depuis son installation à la tête de la grande mosquée de Paris en janvier dernier, agit beaucoup. Chems-Eddine Hafiz veut apporter sa pierre à l’édifice d’un islam apaisé face aux fanatiques. Il a reçu les journaux de l’alliance LéNa, dont Le Soir.
CE VENDREDI MARQUE LE CINQUIEME ANNIVERSAIRE DES ATTENTATS COMMIS A PARIS ET A SAINT-DENIS. LES MOSQUEES PARTICIPERONT-ELLES A L’HOMMAGE, COMME APRES L’ASSASSINAT DE SAMUEL PATY ?
Malheureusement, avec le covid, nous ne pouvons plus célébrer la prière dans les mosquées. Mais j’irai sur place, au Bataclan, avec un certain nombre d’imams et d’associations musulmanes pour rendre hommage aux victimes. Depuis le 11 septembre 2001, on tue au nom de l’islam. Ces dernières semaines en France ou en Autriche, c’est toujours le même scénario. Il faut que les religieux musulmans puissent non seulement dénoncer ces actes mais aussi les combattre.
DEPUIS 2015, LA MOBILISATION S’EST ACCRUE DANS LA COMMUNAUTE MUSULMANE ?
Il y a une prise de conscience. Dans un premier temps, on n’arrivait pas à admettre que de tels crimes puissent être commis au nom de notre religion. Moi-même, j’ai évolué. En 2012, quand Mohamed Merah a commis l’innommable, je disais que ce ne pouvait pas être un musulman, que celui qui avait fait ça était un délinquant qui ne fréquentait pas les mosquées. Aujourd’hui, il faut regarder les choses en face. Il y a un travail à faire sur le plan religieux. Celui qui a décapité Samuel Paty avait 18 ans. Comment un gosse a-t-il pu commettre un tel acte ? Il faut combattre l’endoctrinement.
LES IMAMS DOIVENT MONTER AU CRENEAU ?
Oui. Il faut des contre-discours. Déconstruire l’argumentaire des terroristes avec des hommes qui connaissent les préceptes coraniques. Les imams doivent s’adresser à deux populations. Aux non-musulmans qui ne connaissent rien à cette religion qu’on associe à la violence et à la mort depuis le 11 septembre 2001. Et naturellement, les imams doivent s’adresser aux musulmans, parce qu’en Europe, ils ne connaissent pas non plus leur religion. J’ai grandi à Alger, dans la rue, tout le monde me donnait cette culture musulmane. En Europe, vous naissez, on vous appelle Mohamed et ça s’arrête là. Les jeunes apprennent quelques versets, un peu d’arabe et c’est tout. Mais à 13 ou 14 ans, ils vont faire de mauvaises rencontres sur internet.
IL FAUT ENSEIGNER UN ISLAM DES LUMIERES ?
Simplement un islam authentique. Quand on reprend la lecture du Coran, de la vie du prophète, vous croyez que le prophète avait enfermé les femmes ? Aujourd’hui, on dit que l’islam est une religion misogyne. Mais du vivant du prophète, les femmes occupaient de hautes fonctions. C’est après que le système patriarcal a pris le dessus. On a dévoyé cet islam pour en faire un islam rétrograde, obscurantiste. Les imams doivent être au cœur de ce combat. Ils doivent avoir les arguments pour expliquer le dévoiement des versets coraniques, des hadiths. Comment on en est arrivé à créer un cadre dans lequel une action violente peut être légitimée. C’est ça, le travail à mener.
VOUS AVEZ LANCE UN APPEL, TENU UNE CONFERENCE DE PRESSE…
Je ne vais pas m’arrêter là. Le collectif va monter en puissance. Des actions seront menées, d’autres personnes nous rejoindront. Que voulons-nous ? Une simple harmonie entre l’islam et les valeurs de la république. Rien d’autre ! J’ai écrit un livre en 2006 où je disais que la laïcité était une chance pour l’islam. Je considère que c’est ici, en France, que la beauté de cette religion va être enfin connue. La mosquée de Paris est dans le Quartier latin, le quartier des librairies et des universités. Aujourd’hui, on manque malheureusement de ressources. Il faut traduire les vrais intellectuels de l’islam, pas des gens qui se prétendent islamologues.
EMMANUEL MACRON VEUT UNE LOI SUR LES SEPARATISMES. C’EST DE CELA QU’IL S’AGIT ?
Je le dis clairement : si le président de la République entame un processus de lutte contre le séparatisme islamiste, je suis son partenaire. Mais pas pour des raisons électorales et pas pour des mesurettes. Il faut aller jusqu’au bout. Il y a effectivement en France une forme de séparatisme islamiste qu’il faut prendre à bras-le-corps. Mais il faut quand même être conscient que c’est l’Occident qui a fait monter l’islam politique. C’est l’Occident qui a décidé que l’Arabie saoudite devait être l’équivalent du Vatican. Le wahhabisme a été considéré comme la seule école valable pour l’Occident ! La confrérie des Frères musulmans, c’est l’Occident qui l’a promue. On était dans l’émergence des Etats-nations et on avait peur du panarabisme. On avait peur qu’une identité arabe se forge. Aujourd’hui, Frankenstein est dépassé par son monstre.
L’EUROPE EST A UN TOURNANT ?
Un enseignant a été décapité à quelques kilomètres de Paris. Décapité ! Pour l’instant, le peuple français a bien réagi. Il n’y a pas eu de ratonnade, on n’est pas venu tuer des musulmans dans des mosquées.


BOUALEM SANSAL: «LES DEMOCRATIES OCCIDENTALES SOUS-ESTIMENT LE DANGER ISLAMISTE»
C’est une voix qui ose braver le danger. Le romancier Boualem Sansal réagit aux récents attentats qui ont endeuillé l’Europe. Dans quinze jours, on ne parlera plus de Samuel Paty, craint-il.

VOUS ETES FRANCO-ALGERIEN. EST-CE QUE VOUS TIREZ DES LEÇONS DE L’ALGERIE DES ANNEES 80-90 ?
Oui, à la fin des années 80, on assassinait les intellectuels. On les décapitait. On retrouvait leurs têtes sur les trottoirs. Des journalistes, des écrivains. Tous ceux qui pensaient étaient massacrés. C’est le même scénario. On massacre des journalistes, puis un professeur. Je ne voudrais pas que l’on revive cela en France. Après les attentats de janvier 2015, on a dit : il n’y en aura plus. Et puis il y a eu le Bataclan. Au moment du Bataclan, on a dit : c’est le paroxysme de l’horreur. Et après, il y a eu Samuel Paty. Et après Samuel Paty, il y a eu cet attentat dans une église de Nice. Il faut que cela s’arrête.

IL FAUT RENFORCER PARALLELEMENT LA LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS ?
Bien sûr, il y a des actes anti-musulmans et il faut combattre toute discrimination. J’ai sensibilisé le président Macron à ces dégâts collatéraux. Les procureurs doivent suivre cela de manière sérieuse. Il faut une vraie action volontariste.

A L’OUVERTURE DU PROCES DES ATTENTATS DE JANVIER 2015, VOUS AVEZ PUBLIE UNE TRIBUNE POUR DEFENDRE LA LIBERTE D’EXPRESSION. MAIS EN 2006, EN TANT QU’AVOCAT DE LA MOSQUEE DE PARIS, VOUS AVIEZ INTENTE UN PROCES A « CHARLIE HEBDO » ! QU’EST-CE QUI A CHANGE ?
D’abord j’étais avocat, aujourd’hui je suis recteur. Je connais l’importance de mes fonctions. Ma parole peut-être critiquée, mais elle est entendue.
MAIS EN VOUS-MEME, QU’EST-CE QUI A CHANGE ?
Toute sa vie, un homme évolue. Entre 2006 et aujourd’hui, il y a eu des morts ! On a insinué que ceux qui avaient demandé le procès de 2006 ont entamé un processus qui a conduit à 2015. Nous étions presque désignés comme ceux qui ont donné l’idée de passer à l’acte. C’est extrêmement violent !
ETES-VOUS FAVORABLE AU FAIT DE MONTRER DES CARICATURES A L’ECOLE ?
En tant que recteur, je n’aime pas qu’on montre des caricatures. Je pense que dans la situation actuelle, il faut essayer d’apaiser les choses. Mais il faut respecter la liberté d’expression. A chacun d’assumer ses responsabilités. Moi en tant que religieux, je dis aux miens : regardez ailleurs. Vous n’avez pas à lire Charlie Hebdo. Un dessinateur dit d’un petit bonhomme : c’est le prophète. Moi je dis : ce n’est pas le prophète. Point.
VOUS AVEZ ETE CRITIQUE POUR VOS TEXTES ?
Je reçois des témoignages de soutien mais, bien sûr, il y a aussi des gens qui m’insultent. Les ennemis sont nombreux. Les attaques sont les mêmes que celles que subissait déjà mon prédécesseur, Dalil Boubakeur. On est allé jusqu’à l’appeler « David » Boubakeur ! L’essentiel est ailleurs. Quand j’ai fait lire par l’imam le prêche du vendredi avec un poème d’hommage à Samuel Paty, je pensais à son fils de cinq ans. Pendant toute sa vie, il va dire que c’est un musulman qui a décapité son père ! Pareil pour les enfants de cette Franco-Brésilienne tuée lâchement dans une église à Nice. Je voudrais que ces trois enfants ne puissent pas dire que leur parent a été assassiné par un musulman. C’est ça, mon combat !
VOUS RECEVEZ DES MENACES ?
Bien sûr. Je suis sous protection. Le danger est là. Quand des gens vous crachent dessus, ce sont des appels au meurtre. N’importe quel fou peut entrer un jour et me décapiter. Je n’en dors pas. Je prends des tranquillisants quand je pense au fils de Samuel Paty… Je suis traumatisé. Je ne pense qu’à ce gosse. Je pense aussi à la petite Mila (NDLR : menacée de mort à seize ans après avoir critiqué l’islam). On lui fait subir un calvaire au nom des miens ! Je suis en contact avec ses parents. C’est terrible ce qu’ils sont en train de vivre. Voilà la réalité. Je parle avec mes tripes, je ne suis piloté par personne, c’est ma force, peut-être ma faiblesse aussi. C’est ma conscience, ma seule conscience. Toute ma vie, je me battrai pour la fraternité et l’humanité.


DES IMAMS FORMES EN EUROPE? «CE N’EST PAS TENABLE»
Jo.M.
LE PRESIDENT DU CONSEIL EUROPEEN, CHARLES MICHEL, PROPOSE DE CREER UN INSTITUT EUROPEEN DE FORMATION DES IMAMS. QU’EN PENSEZ-VOUS ?
Ce sont des idées nobles. Aujourd’hui, dans le monde occidental, il n’y a pas d’imams formés. Il y a un vrai manque. La plupart viennent de pays musulmans. La France a contracté des conventions avec trois pays qui envoient des imams détachés : 30 viennent du Maroc, 120 d’Algérie et 150 de Turquie. Ça fait 300 imams. Mais ce n’est pas si simple. J’ai lancé un nouveau cursus de formation des imams, en ramenant la formation de 5 à 3 ans. Mais je n’ai eu que 67 inscriptions ! Ça veut dire qu’à la fin du cursus, j’aurai 15 à 20 imams maximum. La proposition de Charles Michel est une belle idée, mais pour l’instant, elle n’est pas réalisable.
POURQUOI ?
Parce qu’en Occident, il n’y a pas de vrai statut de l’imam. Il faudrait les professionnaliser. En France, la séparation de l’Eglise et de l’Etat fait qu’ils n’ont pas de protection sociale, par exemple. Sans moyens, aujourd’hui, aucune mosquée en France ne peut recruter un imam.
ON DEBAT DEPUIS LONGTEMPS DU FINANCEMENT. LES IMAMS PEUVENT-ILS ETRE PAYES PAR UNE TAXE SUR LE HALLAL, OU SUR LE PELERINAGE ?
Ces pistes ne sont pas valables. Essayer de créer comme pour les juifs une taxe casher, ce n’est pas possible. Nous sommes une population beaucoup plus pauvre.
ALORS, QUELLES SOLUTIONS ?
Nous avons proposé l’idée de développer des immeubles de rapport. Ici, à la grande mosquée de Paris, nous avons un restaurant et un hammam que nous louons. Il y a une pression de l’opinion publique. Mais quand Emmanuel Macron déclare qu’en 2024, il n’y aura plus d’imams détachés, il n’est pas en phase avec la réalité. Si, demain, on renvoie les 300 imams détachés, qui prendra leur place ? Des imams autoproclamés ! Et c’est bien là tout le problème. Faisons plutôt de vrais partenariats avec le Maroc et l’Algérie. Avec la Turquie, c’est plus compliqué, il y a la politique. Mais il faut tenir compte de la diaspora turque. Par contre, j’exclurais tous les pays qui n’ont aucune diaspora ici. L’Arabie saoudite, le Qatar n’ont pas à financer des mosquées. Ces pays n’ont aucune raison de le faire sinon pour transmettre un islam qui n’est pas compatible avec les valeurs de la France.
CHEMS-EDDINE HAFIZ EN BREF
Avocat franco-algérien, il a été élu en janvier dernier recteur de la grande mosquée de Paris. En 2006, il en était l’avocat quand l’institution avait assigné en justice Charlie Hebdo. L’hebdomadaire avait alors republié des caricatures de Mahomet parues dans le journal danois Jyllands-Posten. Le journal avait à l’époque été relaxé. Quatorze ans plus tard, à l’ouverture du procès des attentats de janvier 2015, le recteur a défendu la liberté d’expression.
Il se moque désormais des critiques sur sa légitimité, comme lorsque ses détracteurs l’accusent d’avoir longtemps défendu l’ancien président algérien Abdelaziz Bouteflika. Rien ne le détournera de son combat : faire en sorte que l’islam ne soit plus dévoyé par des semeurs de mort.
IL Y A CINQ ANS, LE 13 NOVEMBRE
Jo.M.
Des gestes symboliques pour se souvenir des victimes. L’épidémie n’interdit pas les hommages. Elle oblige juste à les repenser. Cinq ans après les attentats du 13 novembre 2015, la ville de Paris manifestera sa solidarité avec les 130 victimes de cette nuit d’horreur par un geste très symbolique. A 20 heures, la tour Eiffel s’éteindra pour la soirée. La devise de la ville sera aussi affichée sur la dame de fer : « Fluctuat Nec Mergitur » (« Il est battu par les flots mais ne sombre pas »).
Une cérémonie d’hommage proprement dit aura également lieu en comité restreint. Enfin, sur YouTube, sera retransmis un concert du groupe Queens of the stone Age, dont l’un des fondateurs est aussi membre du groupe Eagles of death metal, qui se produisait au Bataclan quand le massacre a eu lieu.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE BRAS DE FER ENTRE L'ETHIQUE DE RECTITUDE CORANIQUE ET LES ERREMENT DE L'ISLAMISME, VOILA LE COMBAT DU MOMENT
:«LES DEMOCRATIES OCCIDENTALES SOUS-ESTIMENT LE DANGER ISLAMISTE» Boualem Samsal

« On peut arrêter et expulser des islamistes mais comment arrêter et expulser l’islamisme ? »  (Boualem Samsal)

« Il y a effectivement en France une forme de séparatisme islamiste qu’il faut prendre à bras-le-corps. » (Chems-Eddine Hafiz)
Le  nouveau recteur de la mosquée de Paris ne manque pas de cran. Il dit enfin des choses essentielles. Emmanuel Macron serait bien inspiré de prendre son conseil et d’entendre sa parole qui énonce clairement la dimension éthique et lumineuse du Coran et prend hardiment position pour les valeurs de la République et contre les zones d’ombre de l’islam et ses démons : l’islamisme,  ses « dénégateurs », « ses instigateurs sournois » et « ses maîtres d’illusion »  (Jacques Berque)

Le bras de fer entre l'éthique de rectitude, c’est à dire l’Agir Bellement coraniqueet les errements des dénégateurs islamiste, voilà le combat du moment. « qui bien se guide ne saurait être égaré par qui est dans l’errance. »
 « Il faut que les religieux musulmans puissent non seulement dénoncer leurs actes terroristes  mais aussi les combattre. »
Voici qui est assez nouveau.
« Il faut  impérativement combattre l’endoctrinement. »
« Il faut des contre-discours. Déconstruire l’argumentaire des terroristes avec des hommes qui connaissent les préceptes coraniques. »
Cela, DiverCity le clame depuis des années mais personne n’écoute, absolument personne ne l’entend, surtout pas les politiques qui préfèrent flatter les communautarismes à des fins bassement électoralistes.
Les politiques préfèrent être à l’écoute des « instigateurs sournois et les maîtres d’illusion. » 
« Les imams doivent s’adresser aux musulmans, parce qu’en Europe, ils ne connaissent pas ou plus leur religion. » 
C’est clair, les musulmans  ne connaissent pas leur isalam, ne lisent pas leur Coran, ne le sollicitent pas, ne l’interrogent pas, ne le bousculent pas comme le font certains rabbins ou des rabbines libérales à la Delphine Boualem Samsal
Contrairement aux Protestants, les catholiques d’avant Vatican II ne connaissaient pas mieux  leurs évangiles, ne les soumettaient pas au « libre examen » cette invention calviniste qui incite à la libre interprétation des écritures dans la langue du pays et non pas dans le grec des évangiles. 
« Les jeunes musulmans apprennent quelques versets, un peu d’arabe et c’est tout. Mais à 13 ou 14 ans, ils vont faire de mauvaises rencontres sur internet. »
On ne saurait mieux dire : c’est l’évidence mais qui en prend toute la mesure, qui en tire les conséquences ?
« Simplement, il faut enseigner un islam authentique.  On a dévoyé cet islam pour en faire un islam rétrograde, obscurantiste. Les imams doivent être au cœur de ce combat. » 
« Que voulons-nous ? Une simple harmonie entre l’islam et les valeurs de la République. Rien d’autre ! »
C’est tellement simple et tellement évident.  Cela va sans dire mais il est urgent de la clamer haut et clair, « urbi et orbi » comme disent les papes 
« C’est ici, en France, que la beauté de cette religion va être enfin connue. »
« Il faut mettre en valeur les vrais intellectuels de l’islam, pas des gens qui se prétendent islamologues. »
Voici donc enfin un imam, en l’occurrence le nouveau  recteur Chems-Eddine Hafiz de la mosquée phare de Paris, qui après l’imam de Bordeaux et celui de Rancy ose un discours viril en faveur des lois de la République en en porte à faux avec la doxa salafiste, islamiste qui opère une résistible ascension dans les banlieues de France de Navarre de Belgique et de l’Europe entière. 
Il semble bien que « rien ne le détournera de son combat : faire en sorte que l’islam ne soit plus dévoyé par des semeurs de mort. »
Mais le nouveau recteur entend bien nous rendre conscients « que c’est l’Occident qui a fait monter l’islam politique. C’est l’Occident qui a décidé que l’Arabie saoudite devait être l’équivalent du Vatican. Le wahhabisme a été considéré comme la seule école valable pour l’Occident ! La confrérie des Frères musulmans, c’est l’Occident qui l’a promue. » 
« Aujourd’hui, Frankenstein est dépassé par son monstre. »
Montrer des caricatures à l’école ?
En tant que recteur,il n’aime pas qu’on montre des caricatures. Il estime que dans la situation actuelle, il faut essayer d’apaiser les esprits tout en  faisant  respecter la liberté d’expression.  
Ce qu’il pense de la proposition de former des imams en Europe? «Ce n’est pas réaliste»
Il a, dit-il, lancé un nouveau cursus de formation des imams, en ramenant la formation de 5 à 3 ans. Mais il n’a récolté que 67 inscriptions ! Ça veut dire qu’à la fin du cursus, il aura formé  15 à 20 imams maximum. « La proposition de Charles Michel est une belle idée, mais pour l’instant, elle n’est pas réalisable. »
« Si, demain, on renvoie les 300 imams détachés, qui prendra leur place ? Des imams autoproclamés ! Et c’est bien là tout le problème. Faisons plutôt de vrais partenariats avec le Maroc et l’Algérie. »
Boualem Sansal surenchérit : l’Europe est, selon lui, a un tournant :«les démocraties occidentales sous-estiment le danger islamiste»
« Oui, à la fin des années 80, on assassinait les intellectuels en Algérie. On les décapitait. C’est le même scénario. On massacre des journalistes, puis un professeur. Je ne voudrais pas que l’on revive cela en France. » 
« Comme le capitalisme, qui lui ressemble beaucoup, l’islamisme  n’a pas de territoire, pas de gouvernants, il est partout. Qui commande l’islamisme ? Personne. Il est où ? Partout. Il ne lui manque qu’une chose, essentielle : un calife. Les candidats au poste ne manquent pas : Erdogan, le roi d’Arabie, l’émir du Qatar, l’Ayatollah Khamenei… »
« Les démocraties occidentales, encore toutes puissantes, ont tendance à sous-estimer le danger que peuvent représenter les pays de la périphérie. »
« L’Occident refuse de voir que l’islam est transnational, qu’il est une civilisation en marche, qu’il compte un milliard et demi de fidèles établis dans les cinq continents qui certes ne sont pas tous islamistes, ni même tous croyants et pratiquants, mais qui n’agiront jamais contre l’islam derrière lequel l’islamisme mène la conquête du monde. »
« En France, une grande partie de la gauche est convaincue que l’islamisme est un problème socio-économique et qu’il suffit d’assurer une meilleure répartition des richesses et une meilleure intégration des immigrés pour le voir disparaître. La droite, elle, ne voit l’islamisme que comme une affaire de police. Pour elle, il suffirait de renforcer les moyens de répression et de restaurer l’autorité de l’État. Gauche et droite semblent persuadées qu’islam et islamisme sont antinomiques et qu’il suffit de faire une meilleure place à l’islam pour voir l’islamisme refluer. »
« On peut arrêter et expulser des islamistes mais comment arrêter et expulser l’islamisme ? » 
Il faut commencer par là : apprendre, écouter, créer des dynamiques vertueuses dans la société pour qu’elle fasse elle-même la décantation. Si les autorités ne travaillent qu’avec ceux qui se prétendent les représentants qualifiés (par qui ?) de l’islam, et ignorent ceux qui connaissent l’islam sans s’en prétendre les représentants attitrés, alors elles font le jeu des islamistes.
Il n’appartient pas à Macron de dire ce qu’est un islam des lumières, chose dont les savants musulmans eux-mêmes ne savent pas ce qu’elle signifie, et dont ils ne peuvent pas parler car cela reviendrait à dire que l’islam traditionnel est une antienne rétrograde. » 
«La laïcité est une chance pour l’islam. Je considère que c’est ici, en France, que la beauté de cette religion va être enfin connue.» - Cyril Zannettacci/VU. 
A l’évidence le nouveau recteur de l mosquée de Paris plaide pour un islam de France et non point d’un islam  importé en France.
Ce qui est vrai pour l France l’est pour l’Europe entière.
MG



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