mercredi 4 novembre 2020

Quelles sont les chances d'arriver à une égalité?


Figaro

À l'heure actuelle, le scrutin est encore très serré. Pour le moment, le candidat démocrate Joe Biden fait course en tête avec 238 grands électeurs de son côté, contre 213 pour l'actuel président républicain Donald Trump, mais va-t-il garder son avance? Et que se passera-t-il si Biden et Trump arrivent à égalité ?

Le résultat de cette élection présidentielle se fait attendre. Des millions d'Américains ont voté par correspondance, et le dépouillement de ces votes retarde le comptage des voix. Même si Joe Biden est en tête actuellement, car il a déjà remporté près d'une vingtaine d'États qui lui ont permis d'avoir maintenant (12h, heure belge) 238 grands électeurs de son côté, l'issue de l'élection n'est pas encore certaine. En effet, d'importants "swing states", comme le Michigan ou la Pennsylvanie, n'ont pas encore été totalement dépouillés. Il se peut même que Donald Trump et son rival démocrate finissent... à égalité.
Il reste encore 87 grands électeurs à remporter, dont 16 dans le Michigan, 20 en Pennsylvanie, 15 en Caroline du Nord, 16 en Géorgie et 10 dans le Wisconsin. Ces "swing states", combinés aux derniers plus petits États (6 grands électeurs dans le Nevada, 3 en Alaska, et il en reste 1 à attribuer dans le Maine), qui n'ont pas encore comptabilisé tous leurs votes, peuvent donc encore faire tout balancer, et mener à une égalité. S'il faut 270 grands électeurs pour devenir président des États-Unis (soit la moitié du nombre total de grands électeurs +1), il n'est pas impossible, à l'heure d'écrire ces lignes, que Donald Trump et Joe Biden terminent tous les deux avec 269 grands électeurs, la différence entre les deux adversaires n'étant actuellement pas si énorme.
Par exemple, imaginons que Joe Biden remporte finalement le Wisconsin, la Pennsylvanie et le dernier grand électeur du Maine (trois sur les quatre lui sont déjà favorables). Il totaliserait alors 269 grands électeurs. Et si Donald Trump gagne le reste des États indécis, soit le Nevada, le Michigan, la Caroline du Nord, la Géorgie et l'Alaska, ça lui ferait 56 grands électeurs en plus que les 213 qu'il possède actuellement. Si on compte bien, l'actuel président républicain aurait lui aussi 269 grands électeurs de son côté.
QUELLES SONT LES CHANCES D'ARRIVER A UNE EGALITE? 
Le site américain Politico a imaginé 128 scénarios envisageables, en fonction de l'issue du vote dans les derniers États où tous les votes n'ont pas encore été comptabilisés. Selon le site, la majorité des scénarios sont favorables au démocrate Joe Biden, car parmi les différentes possibilités imaginées, le rival de Trump l'emporte dans 93 d'entre elles. L'actuel locataire de la Maison-Blanche sort vainqueur de 31 des scénarios, tandis que les quatre derniers mènent à une égalité. 
QUE SE PASSERAIT-IL ALORS ?
Dans le cas d'une égalité entre deux candidats à la présidence américaine, voici la procédure déterminée par le Constitution. Si Donald Trump et Joe Biden arrivent ex-aequo, ce sera à la Chambre des représentants de choisir entre les deux. Les représentants ne votent pas individuellement pour le Président, mais ils sont regroupés par État, et chaque État représente un vote. Pour devenir président, il faut donc que Joe Biden ou Donald Trump obtienne la voix de 26 États au minimum.
C'est le Sénat qui sera en charge de désigner le vice-président. Et les 100 sénateurs, de leur côté, possèdent chacun une voix individuelle.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
IMBROGLIO, TREMOLOS ET CHAOS ?
« THE RESULT OF THE ELECTION WILL HAVE DECADE-DEFINING CONSEQUENCES – FOR GLOBAL DEMOCRACY AND PROGRESS. »  (The Guardian)

Imaginons que la chambre à majorité démocrate désigne Biden et que le Sénat à dominante républicaine désigne Harris ?
On n’en est pas là :  
La main invisible de l'histoire est à l'œuvre commente le Guardian
Peu avant 6 heures du matin, Biden a confié à la foule du Delaware qu'il était "optimiste". 
Sur ce, Trump a évoqué sur Twitter, une "grande victoire", en précisant qu’"ils essaient de nous voler l'élection ... les votes ne peuvent pas être exprimés après la fermeture des bureaux de vote". Ceci équivaut à ouvrir toute grande la boîte de Pandore.
Peu après 7 heures du matin, Donald  Trump, encore lui, les tremolos dans la voix enrouée, s'est adressé à la nation en termes ronflants, quasi-dictatoriaux, clamant sa victoire et dénonçant une vaste fraude électorale.
Très exactement comme nous l’avions prédit. 
Si Biden devait  remporter la victoire dans la plus grande démocratie du monde, nous risquons de vivre des mois de contestations trumpiennes et de revendications incendiaires d’une victoire qu’il prétendra, qu’on lui a volée et avec lui ses partisans les plus radicaux armés jusqu’aux dents. 
Si Joe Biden devait gagner, sa victoire aura des conséquences qui se feront ressentir pendant une décennie sur  la démocratie et le progrès dans le monde. 
Les liens transatlantiques, les relations entre les superpuissances et l'urgence climatique sont l’enjeu de cette élection.
Le prochain président sera le « maître des horloges »,il sera celui qui  fixera l'agenda de la lutte contre le Covid-19, celui  du combat pour la justice raciale, l'égalité des sexes et la juste répartition des richesses.
MG à 19h30 heures


PRESIDENTIELLE AMERICAINE : A PORTLAND, DES MANIFESTANTS ARMES BRULENT DES DRAPEAUX AMERICAINS
Le FBI craint que l'élection présidentielle provoque une nouvelle flambée de violence à Portland, théâtre depuis des mois de manifestations très tendues entre militants d'extrême droite et d'extrême gauche./
Des manifestants armés de fusils d'assaut ont brûlé des drapeaux américains et défilé, sans commettre de violences, malgré la confusion post-électorale, dans les rues de Portland, dans le nord-ouest des États-Unis, dans la nuit de mardi 3 à mercredi 4 novembre.
Après la proclamation de sa réélection par le président sortant Donald Trump face au démocrate Joe Biden, alors que des États clés n'ont pas fini leur dépouillement, des militants se sont rassemblés devant le tribunal fédéral de Portland, l'épicentre des manifestations antiracistes très tendues ayant émaillé l'été.




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