dimanche 20 décembre 2020





Kroll nous dit tout sur tout, tout le temps sans jamais blesser, toujours en synthèse, sans sarcasme mais avec empathie et une tendre ironie.
La journée commence mal, il fait sinistre dehors, on ouvre Le Soir numérique  et de son coup de crayon saracastique,  synthétique et précis il nous fait avaler les pilules les plus amères.
Merci Kroll de nous rendre le quotidien  acceptable quand les petits bonheurs de la vie se réduisent à peau de chagrin. Kroll nous est nécessaire comme le premier café le matin. Il est le decameron qui aujourd’hui nous aide à tenir. Sans la rire de Kroll,  ce serait beaucoup plus difficile.
MG


HISTOIRE D'UN MUTANT : COMMENT LE CORONAVIRUS A EVOLUE
Les scientifiques du Gisaid ont suivi à la trace les mutations du SRAS-CoV-2. Une étude qui montre que le monde est aujourd'hui confronté à un virus différent de celui apparu en Chine il y a un an.
À la suite de millions de mutations, les virus évoluent. Il s'agit d'un processus naturel qui généralement affecte peu leurs caractéristiques. 
Ils ne savent pas se recopier sans faire de fautes ! En passant d'un hôte à l'autre, ces cancres de la multiplication accumulent les bourdes. En général, leurs étourderies ne portent pas à conséquence. Mais c'est ainsi que le SRAS-CoV-2, en se répliquant imparfaitement, a connu plus de 20 000 mutations. Rien d'anormal pour ces virus à ARN qui se dupliquent des millions de fois. Aujourd'hui, à force de modifications, c'est l'ensemble de la population mondiale qui est confrontée à un type de SRAS-CoV-2 différent de celui apparu en Chine en 2019.
Même si la plupart du temps ces variations ne changent pas fondamentalement les caractéristiques des virus, leur étude permet de mieux comprendre leurs diffusions, leurs transmissions, leurs pouvoirs pathogènes et d'anticiper leurs évolutions. Elle permet aussi aux vaccins d'améliorer leur efficacité.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
C’EST NOUS LES MUTANTS

En vérité, les mutants c’est nous et nous mutons très vite, presque’aussi vite que ce nouveau virus qui nous pourrit la vie.
Nous sommes en plein dans ce que le Flamands appellent « de donkere dagen », les sombres journées qui annoncent les fêtes et nous savons que cette année ce sera, comme nous l’annonce Kroll tout sauf la fête. Nous sommes toutes et tous  entrés  brutalement l’ère du renoncement. Ce sera un Noël sinistre et les petits cadeaux que chacun s’efforce d’acheter à la sauvette n’y changeront rien car nous sommes des mutants dans un monde en pleine métamorphose. Dans sa dernière interview accordée à Fréderic Mitterrand qui lui demandait de parler du déclin français, le vieux président répond. « Un déclin est toujours réversible mais la vérité c’est que nous chommes en pleine décadanche »
J’au regardé la série « Anne with e » qui nous parachute dans un monde semi rural sur une île canadienne vers 1900. Cela nous parle d’une nature à peu près intacte, du choc des mentalités avec d’une part une petite bourgeoisie conservatrice engoncée dans un conformisme de certitudes régenté par monsieur le pasteur et de l’autre une jeunesse qui s’éveille à la puberté et à un âge nouveau sous la houlette d’une jeune institutrice progressistes, féministe  et remuante qui, comme Célestin Freinet, introduit une presse dans sa classe, je devais dire qu’elle installe la presse d’opinion dans une communauté figée. On imagine le choc des mentalités que cela va engendrer.
Anne est une orpheline moche, rousse mais  surdouée et à tâches de rousseur qu’adopte un couple improbable : un frère et sa sœur bons comme le pain mais un tantinet bornés au soir de leur vie. Ils seront chamboulés par cette mutante virale.  Anne est une éponge  perméable aux valeurs de progrès, de liberté, d’espoir en une société plus juste, elle est amoureuse d’un jeune homme qui rêve de se vouer à la, médecine : une médecine nouvelle  à l’écoute des secrets de la nature. Anne est sensible à tous les frémissements de progrès : les livres, les idées et tous ceux qui sont perçus comme différents les indiens, le juif errant, les noirs, les homos et les lesbiennes. Son monde microcosmique deviendra macroscopiquement le nôtre et c’est précisément ce monde là qui, aujourd’hui, à nouveau se démonde, s’effondre comme jamais auparavant. On se plaît à imaginer ce que tous ces jeunes personnages sont devenus, ce que le XXème siècle cruel a fait d’eux.
Et le XXIème siècle que nous réserve-t-il. Oserons-nous encore envoyer des vœux à nos proches à nos amis. Que leur souhaiter sinon devenir des renonçants : de renoncer aux promesses oiseuses de la consommation, de prendre nos distances par rapport à un matérialisme triomphant, à un individualisme destructeur.
Mais Anne ne parvient à changer ses parents adoptifs, ses camarades de classe, sa communauté qu’à force de se métamorphoser en permanence. Chenille ingrate et pataude elle se métamorphose en un superbe papillon libertaire. C’est à regarder seul ou en famille avec émotion et empathie. Une très bonne manière de passer ce cap difficile qu’est celui des fêtes.
MG

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