mercredi 9 décembre 2020

La France salue sobrement la mémoire de Giscard d'Estaing


Ce mercredi est une journée de deuil national, une semaine après la mort de l'ancien président de la République.
Par Le Figaro avec AFP

«VGE», qui a présidé la France le temps d'un seul mandat, de 1974 à 1981, est décédé à l'âge de 94 ans le 2 décembre des suites du Covid-19, entouré des siens dans sa propriété d'Authon, petit village du Loir-et-Cher où il a été enterré samedi dans la plus stricte intimité familiale. Valéry Giscard d'Estaing n'avait pas souhaité d'hommage national, contrairement à celui qui avait été organisé pour l'ancien président Jacques Chirac en septembre 2019.
Emmanuel Macron, qui avait décrété une journée de deuil national en l'honneur de cette «figure centrale de l'histoire de notre République», saluée par tous comme un modernisateur et un Européen convaincu, recevra sa famille à l'Elysée dans l'après-midi.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
NI REPUBLIQUE FRANÇAISE, NI LA REPUBLIQUE FEDERALE ALLEMANDE N’ONT CONNU DE MEILLEUR LEADER DEPUIS LA FIN DE LA DERNIERE GUERRE.

On a tout dit sur le président Giscard et ses chuintements aristocratiques, sa froideur de technocrate et son puissant intellect. On a trop peu parlé du duo Valéry Giscard d’Estaing/Helmut Schmidt. L’un et l’autre parlaient couramment l’anglais ; ils étaient tous les deux économistes de formation et avaient une compréhension profonde des mécanismes du marché. Au-delà de la confiance mutuelle  de leur amitié qui était profonde et sincère, les deux surdoués avaient une passion commune : l’Europe. Ils lui ont fait faire des pas de géants. C’était avant le grand élargissement d’après 1989 qui fut pour l’Union Européenne à la fois une aubaine et une malédiction qui pèse lourd aujourd’hui.
Dans une tribune publiée dans « Le Monde » le 13 mai 2005, l’ex-chancelier allemand Helmut Schmidt, mort en 2015, revenait sur la relation de confiance établie avec l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing, mort le mercredi 2 décembre, à 94 ans.
« L’amitié qui nous lie, Valéry Giscard d’Estaing et moi-même, dure aujourd’hui depuis quatre décennies. Cette amitié singulière est caractérisée par une confiance sans retenue, la fiabilité et la similitude de la réflexion. A ce jour, cela fait même trente années supplémentaires qu’elle survit à notre sortie de la vie politique active. A ma connaissance, jamais encore on n’avait établi un rapport de confiance aussi étroit entre un président de la République française et un chancelier allemand. C’est en 1972 que nous avons fait connaissance, lorsqu’on m’a confié le portefeuille de l’économie et des finances et que nous sommes ainsi devenus homologues.
C’est en 1974, presque simultanément, que nous avons pris les rênes de nos pays respectifs. Au cours des sept années où nous nous sommes trouvés ensemble à la tête de nos nations, nous avons pu donner l’impulsion ou apporter notre pierre à bon nombre de progrès importants aux niveaux international et européen. »
C’est que ni République française, ni la République fédérale allemande n’ont connu de meilleur leader depuis la fin de la dernière guerre.
Dans sa grande sagesse, Giscard a refusé des funérailles nationales et a quitté ce monde, comme Schmidt sur la pointe des pieds. C’est à ce genre de détails que se mesure la vraie grandeur.
MG

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