mercredi 16 décembre 2020

Un référendum en France sur le climat, mais encore ?


Le président français a réuni ce lundi les participants de la convention citoyenne sur le climat. Il a cherché à les rassurer, en leur promettant un référendum.

Emmanuel Macron a douché la convention citoyenne sur le climat. - 
Par Joëlle Meskens Le Soir

Il y aura bien un référendum. Les Français seront consultés pour que la lutte contre le réchauffement climatique et la défense de l’environnement soient intégrés dans la Constitution. Du moins si l’Assemblée nationale et le Sénat donnent leur aval. Emmanuel Macron en a fait l’annonce lundi soir lors d’une réunion avec les participants de la convention citoyenne sur le climat.
Le dernier référendum en France datait de 2005. Les Français avaient alors été consultés sur le projet de Constitution européenne. L’avènement du « non » (à 55 %) avait d’ailleurs été un cinglant échec pour Jacques Chirac au crépuscule de son second mandat. En ira-t-il autrement pour Emmanuel Macron à quelques encâblures de la prochaine présidentielle de 2022?

L’annonce est en tout cas censée couper l’herbe sous le pied des citoyens qui avaient planché pendant un an sur le sujet. Tirés au sort après la crise des gilets jaunes, ils avaient pris leur mission très à coeur. Mais ils étaient d’autant plus déçus du manque d’allant qu’ils percevaient jusqu’alors de l’Elysée.
Il faut dire qu’Emmanuel Macron s’était employé à souffler le chaud et le froid.
Leurs propositions seraient reprises « sans filtre », avait d’abord promis le chef de l’Etat. Fin juin, Emmanuel Macron leur avait même indiqué que 146 des 149 propositions citoyennes seraient reprises. N’étaient écartées que la réduction de la vitesse à 110 km à l’heure sur les autoroutes, la taxation des dividendes et... l’inscription de l’écologie dans le préambule de la Constitution.
La discussion, lundi soir, avait été annoncée comme « franche et directe ». Il avait même été conseillé aux Français les plus éloignés de la capitale d’y dormir une nuit, histoire de tout mettre sur la table. Mais patatras ! Avant même la rencontre, une sortie malheureuse avait tout gâché. « Je ne veux pas dire que parce que les 150 citoyens ont écrit un truc, c’est la Bible ou le Coran », avait lâché Emmanuel Macron il y a une quinzaine de jours, lors d’une interview au média en ligne « Brut ». C’était après avoir déjà ironisé à propos de l’idée d’un moratoire sur l’introduction de la 5G. Le président avait alors évoqué le « retour de la lampe à huile ». « Je ne crois pas que le modèle amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine », avait même lancé celui qui, lors de la campagne présidentielle de 2017, s’était présenté comme le candidat du progressisme.
Comment mieux doucher les enthousiasmes ? Comment réduire à néant son propre effort pour revigorer la démocratie ? La convention citoyenne n’était-elle qu’un gadget, une ficelle politique, pour sortir d’une crise qui semblait alors inextricable ? Et serait-elle désormais à jeter comme un kleenex maintenant que d’autres crises, sanitaire et économique, se sont abattues sur la France ?
En France comme ailleurs, la pandémie n’a pas renvoyé au placard l’exigence écologique. La défense de l’environnement est même l’élément indispensable du monde d’après. On saura fin janvier, lorsque viendra l’heure de présenter un projet de loi sur le climat, ce qu’Emmanuel Macron retient vraiment des propositions des citoyens. Le réalisateur Cyril Dion a lancé une pétition pour que les travaux de la convention soient suffisamment pris en compte. Gare à la désillusion si le référendum ne se concrétise pas ou s’il n’est qu’un écran de fumée pour masquer l’absence de mesures vraiment volontaristes.
Celui qui, bravache, avait lancé « Make our planet great again » à la tête de Donald Trump assure que « personne n’en a autant fait depuis 10 ans sur l’environnement ». Cela reste encore à concrétiser. Lors de l’éclatement de la crise du Covid, Emmanuel Macron avait affirmé la nécessité de se réinventer. Le moment est venu.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
IL A CHERCHE A LES RASSURER, EN LEUR PROMETTANT UN REFERENDUM.

Les Français seront consultés pour que la lutte contre le réchauffement climatique et la défense de l’environnement soient intégrés dans la Constitution. 
En principe tout le monde votera oui sauf tous ceux qui ne veulent pas de Macron, évidemment. C’est ce qui a chassé autrefois De Gaulle de l’Elysée alors qu’il interrogeait les Français sur la régionalisation qui fait tellement défaut aujourd’hui. 
Le dernier référendum en France datait de 2005. Les Français avaient alors été consultés sur le projet de Constitution européenne. L’avènement du « non » (à 55 %)  en 2005 a été un cinglant échec pour Jacques Chirac.
L’annonce est en tout cas censée couper l’herbe sous le pied des citoyens qui avaient planché pendant un an sur le sujet.
Les citoyens tirés au sort après la crise des gilets jaunes avaient pris leur mission très à coeur. Peine perdue. Le président a fait mine d’oublier l’affaire. C’est bien plus qu’une erreur d’appréciation, c’est une faute politique et un pied de nez à cette démocratie participative que réclament les Français.
« 146 sur 149  propositions seraient reprises « sans filtre » Il n’en fut rien. Hormis ce lapidaire et méprisant :  « Je ne veux pas dire que parce que les 150 citoyens ont écrit un truc, c’est la Bible ou le Coran », avait lâché Emmanuel Macron il y a une quinzaine de jours, lors d’une interview au média en ligne « Brut ». 
Comment réduire à néant son propre effort pour revigorer la démocratie ? Commente Meskens dans Le Soir.
 La convention citoyenne n’était-elle qu’un gadget, une ficelle politique, pour sortir d’une crise qui semblait alors inextricable ?
Celui qui, bravache, avait lancé « Make our planet great again » mange  sa parole et son chapeau.
Emmanuel Macron avait affirmé la nécessité de réinventer la démocratie.  Plus qu’un pied de nez, ceci est une bavure !
MG

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