vendredi 8 janvier 2021

Comment l'assaut du Capitole a endommagé l'image des Etats-Unis


Le monde entier a regardé, sidéré, la démocratie américaine vaciller. Quelles seront les conséquences de ce mauvais show, après 4 années de trumpisme ? Réponses avec l’avocat Reed Brody.
 
«C’est un des plus mauvais spectacles qu’on ait jamais offert à la face du monde!», déplore Reed Brody. - EPA
 
Par Véronique Kiesel Le Soir

ENTRETIEN
 
L’image internationale des États-Unis, cette grande démocratie volontiers donneuse de leçons, a été endommagée par l’assaut du Capitole, suivi en direct partout dans le monde. Décryptage avec l’avocat américain Reed Brody. Ce conseiller juridique de Human Rights Watch est une des consciences indépendantes de l’Amérique : il œuvre inlassablement pour que les chefs d’État soupçonnés des crimes les plus graves rendent des comptes devant la justice, en Amérique latine, en Afrique ou aux États-Unis. Il est ainsi l’auteur du livre « Faut-il juger Georges Bush ? ».
 
On a vu les alliés de l’Amérique déplorer ces événements. Quel impact vont-ils avoir sur les relations internationales ?
Il est clair que le soft power américain a pris un coup ce 6 janvier, mais aussi durant les quatre dernières années. L’exemplarité des États-Unis n’existe plus, mais je pense qu’on peut essayer de la récupérer. Comme défenseur des droits humains, j’ai voyagé partout, surtout en Afrique ces derniers temps : c’est de plus en plus difficile d’y parler du respect des droits humains quand vous venez des États-Unis ! On a cependant vu les réactions d’alliés des USA, comme celle de Macron, disant que ce n’est pas cela, l’Amérique. L’administration Biden doit tout de suite donner des gages de changement, envoyer un signal fort. Mais il restera le fait, si dangereux, que 47 % des électeurs ont quand même choisi de réélire Donald Trump. Et rien ne dit que dans 4 ans, ils ne le choisiraient pas à nouveau, ou une autre personnalité similaire ! Cela met à mal l’idée d’une continuité politique favorable à la démocratie et aux droits humains : on ne peut pas tous les quatre ans rentrer ou sortir de l’accord de Paris ou de celui sur le nucléaire iranien ! Barack Obama l’a dit très justement : lorsque la moitié d’un peuple est convaincue que la vérité est mensonge et que le mensonge est vrai, c’est très difficile de faire fonctionner la démocratie. Et ce problème ne va pas disparaître avec l’entrée en fonction de Biden. Je ne crois pas que les alliés des États-Unis, qui ont pris leurs distances ces dernières années en nouant d’autres alliances sans les États-Unis, vont revenir s’aligner derrière Washington, leader du monde libre : c’est trop incertain, trop transitoire. Ce sera aux USA de s’incorporer à ces nouveaux traités.
Quant aux « ennemis » des USA, ils se sont réjouis de ce chaos…
Ils se moquent de nous, ils en rigolent et ils ont raison ! C’est un des plus mauvais spectacles qu’on ait jamais offert à la face du monde ! Il y a deux mois déjà, quand Trump a commencé à contester les élections, j’ai vu circuler sur mes réseaux des photos de Yahya Jammeh, cet ex-dictateur gambien qui n’avait pas accepté les résultats des élections, avec le visage de Trump à la place du sien ! Depuis le début de son mandat, Trump s’est conduit comme un apprenti dictateur. Sauf que les dictateurs africains dirigeaient des pays qui n’avaient pas la même tradition démocratique… Or mercredi, avec ce dernier acte, Trump était à deux doigts d’en finir avec notre démocratie : si les Républicains avaient eu plus de députés et de sénateurs, ils auraient pu réussir à court-circuiter le processus électoral ! C’est Trump lui-même qui a dit : Nous allons partout dans le monde montrer aux autres comment organiser des élections et nous ne sommes pas capables de réussir les nôtres. Mais c’est un mensonge : nous savons bien organiser nos élections. Mais il servait sur un plateau un argument négatif aux pouvoirs autoritaires. Les responsables chinois ont immédiatement et de façon cynique comparé les émeutiers du Capitole aux manifestants pro-démocratie de Hong Kong : c’est du pain béni pour eux. Sauf qu’ils n’en on rien à faire de la démocratie aux USA, ils veulent juste qu’on ne mette pas le nez dans leurs affaires. Comme défenseur des droits humains, aux Nations unies et ailleurs, j’ai toujours incité les autres pays à être vigilants aussi sur ce qui se passe aux États-Unis. On ne peut pas tolérer de double standard : il faut condamner les USA pour le racisme, pour Guantánamo, pour la peine de mort. Le combat des défenseurs des droits humains, à l’international, c’est de bâtir un monde où les droits et libertés soient universels. Alors que la Chine et les autres disent qu’il s’agit de questions internes.
Y A-T-IL DES SIGNES D’ESPOIR ?
Les États-Unis ont surmonté une épreuve. Quand Trump a été élu, j’expliquais que la façon de « make America great again », ce sera de lui survivre ! Et on est en train de réussir cela. Mais j’ai des désaccords avec mes amis africains, qui saluent la solidité des institutions américaines. On vient de voir que ce n’est pas si simple. Tout le monde pensait que les élections américaines se jouaient le 3 novembre. Mais il y a tellement d’autres étapes avant d’arriver au 20 janvier : le comptage, la validation à tant de niveaux différents. Les institutions américaines, dont le collège électoral, sont héritées de l’esclavage : ce système donne aux États ruraux, anciennement esclavagistes, une voix prépondérante dans le choix du président. Le vote d’un électeur du Wyoming vaut 15 fois plus que celle d’un Californien ! Si les États-Unis élisaient le président selon le vote populaire, on ne serait pas dans cette situation, il y aurait une majorité claire, sans risque de blocage à chaque étape de validation. Et les candidats démocrates seraient le plus souvent élus. Les institutions américaines ne sont pas faites pour la démocratie ! Mais, dans ce système compliqué et imparfait, l’éthique a finalement prévalu. En Espagne, la tentative de coup d’État du 23 février 1981 avait été la contestation de trop par les franquistes : elle a finalement permis en réaction de consolider la démocratie espagnole. J’ai l’espoir que l’invasion du Congrès aura le même effet pour la démocratie américaine. On l’a d’ailleurs vu avec la reprise des travaux, toute la nuit : et une partie des sénateurs républicains qui voulait refuser de valider les résultats de l’élection a changé d’avis. C’est un peu comme un vaccin qui permettrait de réagir pour guérir notre démocratie. Une grande partie des responsables républicains pro-Trump a d’ailleurs reconnu publiquement que tout cela était insensé… Par ailleurs, Biden envoie des signaux positifs en choisissant des gens comme John Kerry, qui sera son Envoyé spécial pour la lutte contre le changement climatique : c’est un diplomate-né, parfaitement polyglotte. Il a nommé d’autres personnes que je trouve très traditionalistes, un peu « Obama 3.0 », mais toutes sont hyper-préparées et qualifiés. Je ne m’attends pas à ce que les USA rejoignent la Cour pénale internationale, mais ils peuvent au moins revenir à une position de bon voisinage. Mettre la priorité sur les droits humains, en interne et à l’international. Faire en sorte qu’on ait de meilleures relations avec les démocraties et qu’on soit plus fermes avec les dictateurs, contrairement à ce que faisait Trump. Il faut aussi que les émeutiers du Capitole soient traduits en justice. Il y a une tradition aux USA de ne pas poursuivre les « crimes politiques » de l’administration sortante. HRW avait reproché à Obama de ne pas ouvrir des enquêtes pour tortures et crimes de guerre contre W.Bush, Cheney, Rumsfeld. Avant même les derniers événements, il y avait un grand débat sur la nécessité ou pas de poursuivre Trump pour ses crimes financiers, conflits d’intérêts, etc. S’y ajoute maintenant l’appel à la sédition. Il y a matière à évaluer la complicité criminelle de Trump avec la prise du Congrès, un acte de trahison. Il a tout fait pour renverser la souveraineté populaire : s’il n’y a pas de comptes à rendre, cela met en péril les élections futures. Et endommage encore plus l’image des États-Unis.


ETATS-UNIS: SIDERATION ET RUMEURS DE DESTITUTION POUR TRUMP, APRES L’ASSAUT CONTRE LE CAPITOLE
Par Maurin Picard

Après le traumatisme de l’invasion du Congrès mercredi par des hordes d’émeutiers d’extrême droite, la classe politique américaine reporte son attention sur le cas de Donald Trump, ouvertement accusé d’avoir attisé cette violence inédite contre les institutions fédérales. A treize jours de son départ de la Maison Blanche, pourrait-il encore être destitué ?
CORRESPONDANT À NEW YORK
 
Ils sont cent, plus un. Cent élus démocrates, sur les 538 représentants et sénateurs que compte le Congrès des Etats-Unis, plus un républicain, Adam Kinzinger, de l’Illinois, à réclamer la peine politique capitale pour Donald Trump : une destitution éclair, sous treize jours, pour empêcher le 45e président des Etats-Unis de sévir plus avant. Fût-ce de pardons envers des individus dangereux, de nouvelles incitations à une insurrection générale, ou des frappes aériennes contre l’Iran, histoire de détourner l’attention.
L’hypothèse d’une telle abdication forcée, et prévue par le 25e amendement de la Constitution pour le cas où le président en exercice ne serait plus en état d’honorer ses fonctions, n’a rien de théorique, désormais : mercredi, le magnat new-yorkais dissimulait mal son enthousiasme, depuis l’aile Ouest de la Maison Blanche, à propos de l’assaut sanglant contre le Capitole, à moins d’un kilomètre en amont sur Pennsylvania Avenue. Il aurait même fallu l’intervention des leaders républicains et de plusieurs conseillers proches pour qu’il accepte d’intervenir devant les caméras pour appeler au calme, tout en incitant ses fidèles à « se remémorer longtemps de cette journée ».
Démissions en cascade
Signe des temps, l’individu qui depuis quatre ans règne sur la première puissance de la planète a tout d’abord été banni de Twitter, à titre temporaire, puis de Facebook, de manière illimitée, pour avoir omis de condamner formellement cette attaque en règle des institutions fédérales, quasiment sous ses fenêtres, et avoir lui-même appelé le public à « marcher sur le Capitole ». Ce n’est que jeudi matin que la classe politique, comme libérée d’un envoûtement maléfique, a entrepris de soupeser ouvertement les représailles que mérite cet étrange apprenti-sorcier, bourreau d’une démocratie fragile et malade. Suivant Adam Kinzinger et la centurie démocrate, le Parti républicain s’est ébroué. Plusieurs démissions fracassantes, celles de Mick Mulvaney, émissaire en Irlande du Nord et ex-secrétaire général de la Maison Blanche, ainsi que de Stephanie Grisham, directeur de cabinet de la Première dame Melania Trump, semblaient précéder celles du conseiller à la Sécurité nationale Robert O’Brien et d’autres collaborateurs présidentiels de premier plan.
En parallèle, le ministre de la Justice Bill Barr ne ménageait pas le président, l’accusant d’avoir « trahi ses fonctions et ses supporters (…) en instrumentalisant de manière inexcusable une foule pour mettre la pression sur le Congrès ». Trahison, le mot est lancé.
« Si le vice-président et le cabinet gouvernemental ne font rien, le Congrès pourrait aller de l’avant avec une destitution », a déclaré jeudi la speaker démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. « Même s’il ne reste que 13 jours, n’importe quel jour peut donner lieu à un spectacle épouvantable pour l’Amérique ».
Différence de traitement
Elle appelait aussi au limogeage du chef de la police du Capitole, Steven Sund, qui se défendait d’avoir validé en début de semaine « un plan robuste » de protection des bâtiments fédéraux sur la colline du Capitole, tout en reconnaissant que les agissements des émeutiers « ne relevaient pas du Premier amendement (liberté d’expression) ».
Pourquoi le cordon de sécurité enserrant le périmètre était-il si lâche, si on le compare au déploiement de forces paramilitaires impressionnant le 28 août dernier, lors d’une marche du mouvement Black Lives Matter sous les fenêtres du Congrès ? Cette différence de traitement a été relevée par le président-élu Joe Biden lui-même. « Personne ne peut me dire que s’il s’était agi hier d’un groupe de manifestants Black Lives Matter, ils n’auraient pas été traités très différemment des voyous qui ont attaqué le Capitole. Nous savons tous que c’est vrai, et que c’est inacceptable ».
Le trouble s’accroît également dans les rangs républicains, quoique plus heurtés par la violence des manifestants que par cette apparente injustice raciale. « Il est plus que temps pour le président d’accepter les résultats de l’élection, cesser d’induire le peuple américain en erreur, et de rejeter la violence de la rue », intime Tom Cotton, sénateur de l’Arkansas naguère membre de la garde prétorienne de Donald Trump. « Ce fut un jour tragique, et il y a joué un rôle », renchérit le sénateur du Missouri Roy Blunt, qui dit ne plus vouloir « entendre parler » de Trump.
« Laisser notre démocratie faire son œuvre »
Ebranlée, elle aussi, par le tour des événements, Alyssa Farah a éprouvé le besoin de s’exprimer sur Twitter mercredi soir, au moment où Donald Trump se voyait interdire d’utiliser ce réseau social pendant une journée. Farah, ex-pure et dure du camp Trump qui a démissionné en décembre de son poste de directrice des communications à la Maison Blanche, entendait s’adresser aux légions de supporters déçus par la défaite de leur champion dans les urnes le 3 novembre dernier : « Cher MAGA (Make America Great Again), je suis l’une des vôtres. Avant de travailler pour Donald Trump, j’ai collaboré avec (le directeur de cabinet) Mark Meadows, (le représentant) Jim Jordan, le Freedom Caucus (ultra-conservateur). J’ai manifesté avec le mouvement des Tea Parties en 2010. J’ai fait campagne avec Trump, et j’ai voté pour lui. Mais il faut que vous m’écoutiez : l’élection n’a PAS été volée. Nous avons perdu. Certaines fraudes auraient dû faire l’objet d’une enquête. Mais la marge légitime pour une victoire de Biden est suffisante pour ne pas changer le résultat. (…) Il est temps de se regrouper, se réorganiser, et de faire campagne pour des dirigeants politiques auxquels nous croyons, et laisser notre démocratie faire son œuvre. L’heure n’est PAS et ne sera JAMAIS à la violence. Si vous croyez en “l’Amérique d’abord” (America First), alors vous croyez en notre Constitution, en l’état de droit et en nos valeurs fondamentales ».
Les paroles d’Alyssa Farah n’ont guère de chances d’être entendues, cependant. Un sondage réalisé par la firme YouGov mercredi révélait qu’une personne sur cinq (21 %) approuvait l’assaut contre le Capitole. Parmi les sympathisants républicains, ils étaient 45 % à penser ainsi.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MAKE DEMOCRACY GREAT AGAIN
« NOUS ASSISTONS A L’INVASION DES IMBECILES ! » Ecco

« Ce fut un jour tragique, et Donald y a joue un rôle »
 You are fired ! Il faut le virer, le destituer, vite fait, le traduire en justice de peur qu’il ne revienne, tel le phénix en  2024. Haro sur Trump et pas de quartiers. « Put her in jail », avait-il hurlé à la tête de Hilary Clinton son adversaire loyale au débat électoral.
C’est lui qu’il faut mettre en tôle pour crimes de lèse démocratie après l’avoir montré, livré aux photographes, les mains menottées comme DSK lynché par la presse et le tribunal démocratique  pour beaucoup moins que ceci. Le mettre à l’ombre pour éviter qu’il ne crée, à la manière de Berlusconi, cette nauséabonde Trump TV dont il rêve : une sorte de Vlaams Belang TV à l’américaine.  Quand comprendra-t-on enfin que ces infâmes réseaux sociaux gérés par trois ou quatre magnats des GAFAS, des milliardaires, comme lui, sont le médium nauséabond qui engendre le sommeil de la raison. "Jadis les cafés étaient remplis de personnes qui avaient trop bu mais ne causant de tort qu’à eux-mêmes. On les faisait taire aisément. Mais voici qu’Internet donne la parole à des légions d’idiots qui s’arrogent le même droit de parole que les experts ou un Prix Nobel. Nous assistons à l’invasion des imbéciles." Ecco
Nous assistons à l’invasion des imbéciles !
Nous baignons dans une démocratie du visuel et de l’émotion. Les images qui se sont imprimées sur nos rétines et, circonstance aggravante, dans nos inconscients sont terribles : Mad Max et sa horde barbare envahissant le Capitole, temple symbolique de la démocratie américaine. C’est pire qu’une caricature à la Charlie Hebdo, pire qu’un blasphème c’est un crime contre la démocratie instrumentalisé par un être maléfique, un Buffalo Bill aux cornes de buffle,  au crâne  orné de peaux de bête à la Davy Croquet,  au torse nu tatoué de symboles « nazillards ». Cette image satanique ne s’effacera plus de nos mémoires en surimpression de celle du vieillard cynique grimaçant et vitupérant, cravaté de rouge, en long manteau bleu, le teint orangé, la chevelure apprêtée.
Ce type sans scrupules ni talents ne serait rien sans l’argent amassé par son père d’une manière pas précisément nette.
Tocqueville avait vu juste : oui il existe une démocratie américaine mais c’est désormais une « démocratie dollar » où chaque député et sénatrice sont sponsorisés par l’entreprise, comme l’illustre  avec brio une émission éclairante produite par Arte.
Reste la question tragique dans le sens de la tragédie grecque soucieuse de générer la catharsis ; reste à savoir si mister Joe  Biden, cet Americain tranquille, ce sénateur à l’ancienne au look de James Stewart dans l’inoubliable  « Mr. Smith goes to Washington » aura le charisme et surtout le caractère nécessaire pour remettre la démocratie américaine sur les rails après ce déraillement spectaculaire d’une  locomotive nommée Trump.  « God bless America and  also Joe Biden and  Kamala Harris. » Et c’est un mécréant qui vous le dit !
MG


LE VLAAMS BELANG LANCE SON PROPRE MEDIA, LES AUTRES PARTIS VONT-ILS SUIVRE ?
RTBF News
Le parti d’extrême droite étend sa panoplie d’outils de communication avec le lancement de son propre média en ligne : VBTV. Ce phénomène déjà connu aux États-Unis va-t-il devenir la norme dans notre pays ?
" La Turquie et son influence négative sur notre pays et l’Europe ", voici le premier épisode du nouveau média du Vlaams Belang, VBTV. Dans cette vidéo de 8 minutes, Tom Van Grieken échange sa casquette de président du parti contre celle de présentateur.
Il y interviewe deux députés de son propre parti, Chris Janssens et Tom Vandendriessche, pour évoquer notamment l’influence du Premier ministre turc Erdogan et de la communauté turque dans les affaires belges et européennes.
Modèle à l’américaine
Avec ce nouveau canal, le Vlaams Belang s’inspire fortement des schémas de communication mis en place aux États-Unis. Reinout Van Zandycke, expert en communication politique, explique : " Cette initiative est dans la lignée de médias américains comme "Breitbart" ou "One America News". Une étude montre que les électeurs de Donald Trump suivent des médias différents de ceux consultés par les électeurs de Joe Biden. On assiste ainsi à une polarisation grandissante de la société. "
Selon lui, le Vlaams Belang fonctionne un peu comme une start-up : " Ils sont innovants, rapides et n’ont pas peur de commettre des erreurs. " Le président du Vlaams Belang confirme : " Il s’agit d’un projet expérimental. Au départ, le but n’était pas de réaliser plusieurs émissions, mais vu la tourmente qu’a suscité la première émission dans les médias, nous allons remettre le couvert. "
Journalisme ou politique ?
En s’appropriant les codes utilisés par les médias classiques, le deuxième parti de Flandre réduit la frontière entre information et opinion. Tom Van Grieken assure que l’objectif de cette nouvelle émission n’est pas de faire de l’information mais de faire passer le message de son parti : " Au 19e siècle, on imprimait des livres, maintenant, on a recours à d’autres méthodes de communication innovantes. "
Ce nouveau canal constitue un moyen supplémentaire de transmettre l’idéologie du Vlaams Belang directement au public, en contournant les médias traditionnels soumis aux règles de déontologie. " Cela permet de créer de plus en plus d'ambassadeurs qui vont propager les messages du parti ", indique Reinout Van Zandycke.
Même si le Vlaams Belang compte se cantonner à la diffusion en ligne de ce programme, ce mélange des genres risque d’avoir de lourdes conséquences, selon l’expert en communication : " Si les gens regardent VBTV en pensant qu’il s’agit d’un canal d’information comme les médias traditionnels, c’est dangereux. Il devrait notifier le public qu’il s’agit d’une opinion et non d’informations neutres. "
Pionnier en Belgique
Depuis des dizaines d’années, le Vlaams Belang se veut être un pionnier en Belgique en matière d’innovation dans les techniques de communication politique. " Dans les années 90, nous étions les premiers à créer notre site web. Nous avons aussi pratiqué en masse le porte-à-porte avant d’autres. Plus récemment, nous étions également les premiers à investir dans la promotion de nos publications sur Facebook ", assure le dirigeant du Vlaams Belang.
Arrivé à la tête du parti après la déconfiture électorale de 2014, cet Anversois de 34 ans diplômé en marketing, a développé de nouvelles techniques de communication qui se sont avérées payantes : en cinq ans, le parti d’extrême droite a réussi à tripler le score de son parti qui est ainsi devenu le deuxième parti en Flandre. Selon les derniers sondages, il deviendrait même le premier parti au nord du pays.
 
Le parti de Tom Van Grieken était le premier à investir en masse dans la promotion de ses publications sur les réseaux sociaux, notamment Facebook. Dernièrement, le parti multiplie les manières de communiquer avec ses (potentiels) électeurs. En plus de VBTV, Dries Van Langenhove, député Vlaams Belang, compte aussi produire son propre média.
En matière de réseaux sociaux, le Vlaams Belang ne souhaite pas seulement se limiter à Facebook et Twitter. Il vient par exemple de lancer des campagnes via Whatsapp, comme le faisait Jair Bolsonaro lors de la campagne de l'élection présidentielle au Brésil.
Les autres partis vont-ils suivre ?
Vu le succès engrangé par le Vlaams Belang, les autres partis commencent à également investir de plus en plus dans la promotion de contenu sur les réseaux sociaux. Vont-ils également emboîter le pas du Vlaams Belang en créant le propre média ?
Reinout Van Zandycke répond par l’affirmative : " Ils organisent déjà des webinaires dans d’autres contextes. S’ils voient que le modèle porte ses fruits, ils suivront. "


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
THE MEDIUM IS THE MESSAGE 

ATTENTION, ATTENTION, notre modèle démocratique désuet est en train de glisser vers autre chose d’extrêmement pervers. Qu’on se le dise, les cours de citoyenneté tant vantés par les medias bien pensants , si bien donnés soient-ils , et on peut avoir des doutes la dessus, ne sont pas de taille à lutter contre le pouvoir pernicieux des puissants nouveaux moyens de communication dont les islamistes et l’extrême droite ont compris la formidable et insidieuse efficacité. Le Belang sait comment s’adresser à un jeune public qui est dans le doute et le ressentiment, comme le sont les jeunes en décrochage de nos grandes villes entrepris par des recruteurs djihadistes virtuels  en temps réel.
 On se radicalise via les réseaux sociaux et toutes les velléités de déradicalisation échouent  magistralement. C’est que, comme le pensait Marshal Mac Luhan, et comme l’avait parfaitement compris Hitler pour le recours massif à la  radiodiffusion et le cinéma de propagande : « the medium is the message ! » and the massage !
MG 

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