mardi 12 janvier 2021

Le Bart De Wever show, bientôt à la télé flamande

Le Soir 

La VRT a annoncé qu’elle diffuserait un documentaire sur l’année 2020 du patron de la N-VA, en prime time et pendant plusieurs semaines. Cela fait des jaloux et des inquiets.

Retour de vacances et nouvelles grilles des programmes pour les chaînes de télévision qui ont retrouvé pas mal de fidèles avec le confinement. Au nord du pays, les audiences du prime time de la VRT dépassent souvent le million de téléspectateurs. Alors, y décrocher une émission hebdomadaire est a priori synonyme d’une exposition inespérée. Surtout pour un homme ou une femme politique. À ce titre, un des gagnants de ce début d’année s’appelle Bart De Wever. Comme l’explique De Morgen, le patron de la N-VA a été suivi pendant près d’un an pour les besoins d’un documentaire dont la diffusion s’étalera sur plusieurs semaines et en prime time, s’il vous plaît.
Selon les créateurs du programme, il sera davantage question de mettre en avant cette « personnalité méconnue » du grand public en suivant ses traces durant l’année de ses cinquante ans, plutôt que d’aborder la politique-politicienne. « On ne verra pas de conversation entre lui et Paul Magnette par exemple », rassure l’équipe. Ce qui n’empêchera pas, au contraire peut-être, une large exposition pour le seul président de la N-VA. On imagine aussi mal qu’il évite totalement de revenir sur l’échec des négociations avec le PS qui a mis la N-VA hors jeu au fédéral. Certains craignent d’ailleurs que Bart De Wever ne profite de l’occasion pour livrer sa version de l’histoire, sans contradicteur, et finisse par réécrire l’Histoire. Les producteurs assurent que cela n’est pas le propos et la VRT se défend en expliquant qu’elle a déjà suivi d’autres politiques par le passé, comme Maggie De Block (VLD).
Dans l’opposition, on grince tout de même un peu des dents. Personne ne remet en cause la liberté journalistique ou éditoriale des producteurs mais tant Groen que le SP.A s’inquiètent d’éventuelles pressions venues de la droite. On sait en effet que les nationalistes sont très influents au sein du Conseil d’administration de la VRT. Le Vlaams Belang les soutient dans leur volonté de « flamandiser » la télévision publique qu’ils jugent un peu trop progressiste à leur goût, ou du moins que les personnes mises en évidence à l’écran le sont.
On jugera le programme sur pièce (la date de diffusion n’est pas connue) en gardant dans un coin de la tête que la télé peut parfois avoir bien plus d’impact qu’on ne le pense. Si De Wever est l’homme politique le plus populaire de Flandre, c’est surtout grâce à sa participation au « Slimste Mens ter Wereld », un quiz présenté sous-forme de talk-show qui cette année a énormément profité à la popularité d’un certain… Conner Rousseau, le jeune président du SP.A.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"IL FAUT FAIRE ATTENTION A CE QUE LA VRT NE PLOIE PAS SOUS LA PRESSION POLITIQUE DES PARTIS DE DROITE",

Depuis dix ans environ, l’influence de la NVA  et du Belang a fortement progressé au sein de la VRT et de son CA induisant un regard  de plus en plus orienté dans le sens d’un nationalisme à la flamande et d’une culture de type traditionnel. 
C’est que même l’émission phare Ter Zake semble avoir perdu son esprit critique et son mordant d’antan.
Même Klara la chaine musicale flamande hésite désormais à programmer de la musique contemporaine au bénéfice du répertoire classique et baroque. 
Le conservatisme, marque de fabrique du gouvernement flamand semble s’emparer d’une VRT traditionnellement réputée pour son progressisme.   Katia Segers (députée (sp.a) a mis en garde la VRT quant à cette démarche et a espéré qu'un point de vue critique serait donné plutôt que de simples images de Bart De Wever en famille. "Il faut faire attention à ce que la VRT ne ploie pas sous la pression politique des partis de droite", a-t-elle ajouté.
Mais il se pourrait bien que pour freiner la résistible ascension du Belang, la VRT ait choisi de donner un coup de pouce à De Wever et sa NVA qui peine dans les sondages. 
Il est bon que les radios gérées par les services publics se montrent vigilantes et réactives  par rapport à la montée du populisme partout en occident.
MG

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