dimanche 17 janvier 2021

Rudi Vervoort au «Soir»: «C’est couillon d’être loyal? Non!»


Le Soir
Le ministre-président bruxellois défend la répartition des fonds européens pour la relance. Au passage, le socialiste acte la « distanciation » entre Wallons et Bruxellois.

Rudi Vervoort, un tantinet remonté, défend le compromis sur le plan de relance. 
 
ENTRETIEN
 
Bruxelles, grande perdante de la répartition des fonds européens pour la relance ? Quatre jours après l’accord et quelques minutes avant d’aller s’expliquer, en séance plénière, au Parlement régional, Rudi Vervoort livre sa lecture des chiffres (395 millions pour sa Région). Le ton du ministre-président bruxellois (PS) est (inhabituellement) ferme. La raison fuse très vite dans l’entretien : « Ce débat est lamentable : on doit justifier des éléments de négociation parce que quelqu’un a cru intelligent de dire que Bruxelles aurait dû avoir plus. »
Le gouvernement bruxellois assurait pourtant tabler sur « au moins 500 millions », montant inscrit au budget pluriannuel ?
A l’époque, on n’avait pas encore tous les scénarios des clés de répartition. Et on aurait peut-être mieux fait de ne rien inscrire. Parce que ça permet, de manière inélégante, une sortie de la part d’Ecolo, de Madame Khattabi. Alors que nous avons été d’une loyauté parfaite à l’égard du fédéral, où elle siège. C’est couillon, d’être loyal ? Non ! C’est, dans une dynamique de négociations, accepter un compromis.
Comment a-t-il été construit ?
Le fédéral a pris, pour chaque entité, la meilleure clé, ce qui faisait un total de 7 à 8 milliards, et a réduit le montant de chaque entité, pour arriver aux 5,9 milliards. Bruxelles a démarré la négociation à 443 millions. Au final, par rapport à la proposition initiale, la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Communauté germanophone et Bruxelles obtiennent chacune 90 %, le fédéral n’est qu’à 82 %. Je n’accepte pas qu’on dise que Bruxelles est la grande perdante, c’est de la couillonnade.
On a donc mélangé les clés de répartition ?
Oui, c’est ça un compromis. Si on doit s’en tenir à une clé rationnelle, c’est la guerre. Moi, je ne peux pas accepter la clé européenne, qui nous donne entre 242 et 323 millions. Et je peux réclamer la clé des revenus par habitant qui nous octroie 598 millions, mais croire que la Région bruxelloise, avec ce qu’on représente en poids relatif dans ce pays, peut dire « On prend ça et Elio, tu auras 1,3 milliard »…
Pourquoi ne pas avoir fait front, avec Elio Di Rupo ?
Impossible !
Pourquoi ?
Parce que les Wallons voulaient la clé européenne, pure et dure. Je ne peux pas le reprocher à Elio Di Rupo, c’est cette clé qui permet à la Belgique d’avoir 5,9 milliards. Sans la Wallonie, on n’aurait jamais eu ce montant !
Ce ne sont pas deux PS qui négocient, c’est un Wallon et un Bruxellois ?
Oui, voilà !
C’est quand même neuf…
Oui. Mais c’est une évolution normale du fédéralisme. Chaque entité a son chemin et ses réalités.
Vous avez expliqué tout ça aux Ecolos ?
J’ai eu Alain Maron au téléphone le soir de l’accord.
Ecolo est en campagne contre le PS ?
J’ose espérer que non, c’est un peu tôt. Mais convoquer un gouvernement par tweet, c’est assez inédit. Ce n’est pas ma manière de procéder, mais je suis peut-être vieux jeu.
C’est révélateur de tensions entre partis ?
Ou entre entités. Le fédéralisme né de la sixième réforme de l’Etat implique un processus permanent de concertation. Vu les compétences dont a hérité, on est dans des enjeux qui obligent parfois à mener des politiques divergentes, voire concurrentes. La nécessité de se concerter est là, sinon on termine en bagarres permanentes.
Demain, ce n’est pas une manne européenne qu’il faudra se répartir, mais des efforts budgétaires. Les tensions vont s’aggraver ?
Si c’est le cas, alors, tout le monde sera perdant. Dans notre fédéralisme, il n’y a pas de hiérarchie des normes, pas de chef. C’est pour ça que le dialogue doit être maintenu.
Vous plaidez un fédéralisme de concertation…
… c’est ce que j’ai appliqué ici !
Beaucoup moins sur la taxation kilométrique, où Bruxelles a avancé avant d’organiser la concertation !
On n’allait pas concerter sans rien, il fallait un modèle à déposer sur la table. On est au point de départ du processus. Tous les paramètres peuvent bouger.
Le PS bruxellois veut-il vraiment de ce projet ?
L’accord de majorité prévoit une balise qui est incontournable pour nous : les impacts sociaux.
La proposition actuelle respecte-t-elle cette balise ?
Pas de manière suffisante, non. Telle quelle, elle produit, pour certaines catégories de population, des effets négatifs qui, pour le PS, ne sont pas acceptables. Cela ne remet pas en cause la philosophie du système mais son application. Exemple : une mère célibataire avec trois enfants, ça existe, surtout à Bruxelles. Quand elle doit aller les conduire à l’école, et les rechercher, c’est plutôt pendant l’heure de pointe, si elle paie trois, quatre ou cinq fois plus, elle peut légitimement dire que ça ne va pas. Et puis il y a des familles qui n’ont pas le choix. Quand on a un enfant handicapé, il faut parfois traverser tout Bruxelles deux fois par jour pour le conduire à l’école. Je ne suis pas de ceux qui disent : c’est normal que les gens paient plus pour utiliser leur voiture.
Bref, le texte actuel ne satisfait pas le PS ?
Il ne satisfait personne. Par ailleurs, quand on a défendu la taxe kilométrique sous la précédente législature, on s’inscrivait dans un espace métropolitain. Pour ne pas créer de distorsion économique entre la métropole et Bruxelles. Ça aussi, il faut le mettre dans le modèle.
Si la concertation ne donne rien, Bruxelles va avancer seule ?
C’est préjuger d’une situation, ce que je ne veux pas faire. Du reste, personne ne sait jusqu’où vont aller les oppositions. Si on entre dans une confrontation dure, vous avez déjà fait une ligne de temps avec tous les recours, devant la Cour constitutionnelle, l’Europe, etc. ?
Donc, Paul Magnette a raison de dire que ce ne sera pas avant 2024 ?
C’est possible, mais ça ne nous autorise pas à faire l’économie de la discussion ici et maintenant.
N’y a-t-il pas un problème entre le PS bruxellois et le PS wallon, entre Ahmed Laaouej et Paul Magnette ?
Comme dans toute formation politique, il y a des personnalités, des sensibilités… La question de savoir si je m’entends ou pas me laisse complètement indifférent. Par contre, et c’est un constat qu’on a commencé à faire au PS bruxellois avant que Paul Magnette ne soit président : il y a honnêtement, par la sixième réforme de l’Etat, une distanciation entre Wallons et Bruxellois. Dans toutes les familles politiques. Je n’ai pas le sentiment que les Ecolos wallons défendent la taxe kilométrique. On est vraiment sur une logique de territorialité. Ce qui nécessite la concertation, sinon on ne fera plus rien. Parce que cela arrivera que la Wallonie fasse quelque chose qui pourrait nous apparaître comme hostile sur le plan économique.
Les balises à ne pas franchir
Rudi Vervoort n’est pas l’homme des petites phrases qui flinguent. Ni des tensions, qu’il choisit naturellement d’apaiser plutôt que d’attiser lorsque, d’aventure, elles divisent son gouvernement. Encore moins de la lumière, qu’il laisse, confraternellement, à ses ministres. Mais, parfois, la coupe est pleine. Alors l’Everois, sans hausser la voix, change de ton. Et fait savoir qu’il entend se faire respecter. Non, Bruxelles n’est pas « lésée » dans le partage de la manne européenne, assure-t-il, laissant quand même entendre, entre les lignes, que la Wallonie et la Flandre sont, elles, gagnantes.
Mais, en réalité, Rudi Vervoort n’a guère envie de décortiquer les comptes dans les médias (il refuse d’ailleurs de communiquer les tableaux que d’autres partis font fuiter), il reconnaît au passage qu’il n’y a « rien de scientifique » et tout de politique dans cet accord. Si le socialiste s’exprime, c’est pour défendre le principe de loyauté. Celui, plaide-t-il, qu’il a appliqué en acceptant le compromis sur la relance. Celui, regrette-t-il, que n’ont pas respecté les Verts, en s’exprimant, par Twitter interposé (Zakia Khattabi d’abord, Alain Maron ensuite) sur une clé de répartition entérinée par tous les niveaux de pouvoir auxquels ils siègent.
Et, même si le ministre-président réfute l’idée, on ne peut s’empêcher de lire, en filigrane de cette polémique PS-Ecolo, la suite de la campagne électorale de 2019 (qui a vu les deux partis au coude à coude à Bruxelles). A moins que ce ne soit le début de celle de 2024 ?
Rudi Vervoort assume sa communication de crise, plus réservée que celle d’autres chefs de gouvernements.

«On est dans une situation très étriquée mais, par tête d’habitant, on n’aura pas à rougir de notre action.» - Pierre-Yves Thienpont.
Comme tous les gouvernements du Royaume, l’exécutif bruxellois consacre la plupart de son temps et de ses deniers au covid. Mais, alors qu’au fédéral ou en Wallonie, la gestion est clairement incarnée par un tandem (De Croo-Vandenbroucke, Di Rupo-Morreale), à Bruxelles, le duo Vervoort-Maron est moins visible. Le ministre-président bruxellois assume : « Je ne communique que dans les compétences qui sont les miennes. Et là, j’assume pleinement mes décisions, je pense : le port du masque, le couvre-feu… » Pas question, pour le socialiste, d’aller au-delà pour marquer de manière plus nette son leadership. « Cela m’amènerait à dire des choses qui pourraient apparaître comme des redites, par rapport aux autres, ou donner l’impression que cela part dans tous les sens. Et puis, mon ADN, c’est la responsabilisation des citoyens, l’empathie. C’est comme ça que je suis quand je rencontre des gens. » Rudi Vervoort marque une pause. « Effectivement, je ne fais pas comme Elio, c’est une question de personnalité. Mais bien présomptueux celui qui dit ne jamais commettre d’erreurs de communication. Moi aussi j’en ai commis, j’ai parfois été maladroit. Et donc, ici, je peux entendre la remarque. »
Sur le fond, certains dénoncent des aides économiques moins importantes à Bruxelles qu’en Flandre ou en Wallonie. « Bruxelles est la région qui produit le plus de richesses, qui a le plus d’entreprises mais qui a les moyens budgétaires proportionnellement les plus faibles. Ce sont les limites institutionnelles dont on a hérité. On doit donc dépenser avec un peu plus de limites que la Flandre. On en est à 700 millions d’aides versées, on sera, au final, pas loin du milliard. Vous imaginez l’ampleur, par rapport à notre budget (NDLR : 6 milliards). On est dans une situation très étriquée mais, par tête d’habitant, on n’aura pas à rougir de notre action. » Et ce n’est pas fini puisque de nouvelles aides sont en discussion, qui seront davantage ciblées.
Violences policières: «La crise sanitaire crée des tensions fortes dans les quartiers»
Rudi Vervoort veut appliquer au plus vite les recommandations émises par le Parlement régional.

«Il faut travailler sur le climat global, agir pour apaiser des tensions de plus en plus fortes.» - Piere-Yves Thienpont.
Mercredi, des débordements ont eu lieu à l’issue de la manifestation en hommage à Ibrahima. Une nouvelle fois, une manifestation a été entachée de violence à Bruxelles. « Je veux d’abord condamner les agissements des casseurs, insiste Rudi Vervoort. Et vous avez raison de pointer ce phénomène neuf. Mais, en réalité, ces débordements sont le fait d’éléments qui sont dans un effet d’aubaine du mouvement et n’ont rien à voir avec la manifestation proprement dite. Par rapport à eux, il faut un discours répressif, c’est très clair. »
Ceci posé, reste le problème, majeur, des violences policières. « La crise du covid a compliqué les choses, cela a amené des tensions très fortes dans les quartiers où, de part et d’autre, on joue au chat et à la souris, constate le ministre-président, qui est aussi en charge de la Sécurité, à l’échelon régional. On a dressé beaucoup de PV covid, il y a eu énormément de sanctions administratives communales. Et on a une population qui est en difficulté. Il y a aussi un effet caisse de résonance des réseaux sociaux. Il faut travailler sur le climat global, agir pour apaiser des tensions de plus en plus fortes. Et ça, c’est la responsabilité de tout le monde. Il faut avoir une police qui est intégrée dans le tissu social, d’où l’intérêt de la proximité et du travail mené dans les quartiers. »
Et concrètement ? Rudi Vervoort rappelle que le Parlement bruxellois s’est penché sur la problématique à l’automne, a mené une série d’auditions et émis des recommandations. Parmi celles-ci, le recrutement d’un plus grand nombre de Bruxellois, un renforcement très net de la formation, initiale et continuée, adaptée à la police de la ville, la multiplication des policiers à pied, à vélo, à cheval dans les quartiers, la valorisation du rôle d’agent de quartier, l’amélioration de la communication envers et avec les citoyens…


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
COMMENT RESTAURER LA CONFIANCE ?
LA PIRE DES CHOSES SERAIT QUE BRUXELLES DEVIENNE LA CARICATURE DE CE QU’IL FAUT EVITER.

 «On ne pourra pas sauver tout le monde à Bruxelles»
Olivier Willocx, le patron de Beci (patronat bruxellois) anticipe une crise profonde à Bruxelles. « Il faudra accepter une réduction de l’offre dans les secteurs les plus impactés. Mais aussi et surtout aider les entreprises les plus aptes à se redéployer. L’économie bruxelloise boit la tasse. Mais avec des spécificités qui, parfois, en accentuent la fragilité, comme la dépendance aux navetteurs. » 
« L’économie bruxelloise plonge.   Nous sommes lourdement impactés, avec des facteurs aggravants : notre positionnement sur l’international (le tourisme, les congrès) et le fait que la moitié des gens qui travaillent à Bruxelles sont des navetteurs, dont un grand nombre sont désormais en télétravail. Le redressement sera long, car il faudra restaurer la confiance et tenir compte des évolutions structurelles – on ne va plus venir travailler à Bruxelles tous les jours, comme avant. »
« Ce sera très difficile à assumer sur le plan politique, mais on ne pourra pas sauver tout le monde. Toutes les activités classiques qui fonctionnaient bien ne vont pas reprendre, et certaines entreprises qui allaient déjà mal avant le premier confinement vont sombrer après le deuxième. S’il y a moins de navetteurs, de touristes, il y aura moins de demande, et maintenir l’offre en l’état ne fera que prolonger les difficultés de tout le monde. Pour sortir de la crise, il faudra accepter une contraction de l’offre, c’est inévitable. »
« Il ne faut pas trop prolonger les aides  Ce ne serait pas sain. Mieux vaut aider les gens à sortir du chômage covid en regardant vers l’avenir. Des moyens doivent être mobilisés, pas seulement publics car les besoins s’expriment en milliards d’euros, pour renforcer les fonds propres des entreprises afin de leur permettre non seulement de se relancer mais aussi de pivoter. On parle de mobiliser l’épargne des citoyens, c’est une bonne idée car certains ont pu thésauriser pendant la crise, mais il faut le faire vite. » 
Soutenir les plus solides ?  
« Il y a des grincements, Nos dirigeants d’entreprises  traversent des moments très compliqués. On peut presque déjà deviner aujourd’hui ceux qui vont s’en sortir : ce sont ceux qui ont décidé de tourner la page, de cesser de regretter les cafouillages sur le port du masque, pour réfléchir aux moyens de se relancer dans ce nouvel environnement auquel nous ne pouvons pas échapper. Ce processus porte un nom : c’est la résilience. Il est cruel à certains égards, mais c’est le seul moyen d’avancer. »
Le rôle des pouvoirs publics sera donc fodamntalement d’instaurer les conditions d’un retour à la confiance.
 A Bruxelles, tout est compliqué, prend trop de temps, et les messages sont contradictoires. Prenez le péage urbain : tout le monde est gagnant si la pollution et les embouteillages diminuent, mais on en arrive à un couac monumental qui frôle la provocation, au risque de voir des entreprises quitter Bruxelles pour la périphérie ! Si je compare Bruxelles et la Wallonie, « je constate qu’au sud du pays, on a mieux compris qu’il faut une relation équilibrée, efficace et constructive avec le monde économique. »
Concrètement ? « Prenez la rénovation des bâtiments, qui est un enjeu majeur à Bruxelles, un enjeu majeur sur le plan climatique, et un axe fort du plan de relance : où va-t-on trouver la main-d’œuvre qualifiée ? On compte installer des dizaines de milliers de pompes à chaleur alors que nous avons une pénurie de techniciens et de plombiers ? Il faut des compétences, nous ne les avons pas en suffisance et rien n’est entrepris pour en disposer, alors que nous savons que le taux de chômage va exploser à Bruxelles dans les prochains mois et qu’il va affecter principalement les personnes les moins qualifiées. L’économie numérique est aussi au cœur du plan de relance, mais il y a encore beaucoup à faire en matière de formation sur ce plan. On est en droit de demander aux pouvoirs publics d’anticiper cela. »
L’angoisse est terrible pour le moment, les menaces de faillites l’an prochain sont immenses, la pression s’accentue non seulement sur les personnes les plus fragiles mais aussi sur la classe moyenne. La pauvreté va croître et va accentuer les extrêmes. On voit bien que la perspective de disposer d’un vaccin ne va pas tout résoudre, et que les craintes portent déjà sur l’éventualité d’une troisième vague. Dans ce contexte, soit on continue de se plaindre, de regretter le passé, soit on anticipe et on se projette dans l’avenir. Les entreprises ont leur rôle à jouer mais il leur faut de la confiance, une feuille de route. La pire des choses serait que Bruxelles devienne la caricature de ce qu’il faut éviter.
Soyons lucides : Bruxelles est carrément le dindon de la farce. Dans les années soixante, les Flamands et les Wallons n’avaient qu’une idée : « dégraisser Buuxelles. » C’est fait, son avenir est plombé et une avalanche de taxes se prépare à lui donner le coup de grâce. Bruxelles devient et va devenir invivable avec une explosion de faillites, une relance du chômage et de la pauvreté mais on y roulera à du trente à l’’heure et on se déplacera à pied, à vélo en bus ou en trottinette. Les écolos et les bobos seront ravis ! Bruxelles cependant possède un trésor : sa jeunesse. Certes, mais elle est mal encadrée, insuffisamment formée par un enseignement défaillant et des formations professionnelles bancales. Sauf erreur de ma part le PS est aux manettes depuis la fondation de la Région Bruxelloise  avec deux petites interruptions (Simonet fils et Ducarme père) avec à sa tête les indéboulonnables Picqué et Vervoort deux braves types plutôt mous du genou dont la devise pourrait être « surtout pas de vagues ». Ils ne veulent pas de remous, c’est louable. Comment vont-ils faire face au tsunami des faillites et au soulèvement prévisible  d’une population difficile qui fut longtemps neutralisée par les fruits pourris de la consommation : les aides sociales massives, les Bruxelles Plages et autres Plaisirs d’hiver, les piétonniers mal pensés et les pistes cyclables improvisées. On vient de le voir avec la contestation Ibrahima, le moindre incident-certes il y a eu mort d’homme dans un  commissariat- entraine des explosions de violence que la police mise à mal peine à contrôler. Bruxelles n’est pas encore Beyrouth mais risque bien de le devenir à moyen terme.  Le rôle des pouvoirs publics serait d’instaurer les conditions d’un retour à la confiance. En effet mais comment vont-ils faire ?
MG



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