jeudi 21 janvier 2021

Une administration Biden plus diversifiée et plus féminine, qui rappelle aussi l’ère Obama



Pour l’aider à affronter des défis gigantesques, Joe Biden s’est entouré de personnalités expérimentées et représentatives de la diversité américaine. Le Soir
Agir fort et vite. Les défis qui attendent Joe Biden ne manquent pas, ils apparaissent d’ailleurs comme d’une ampleur vertigineuse, que cela soit à propos de la pandémie, de la crise économique, des problèmes sociaux ou des injustices raciales, du changement climatique, sans même parler des questions brûlantes de politique étrangère comme le dossier iranien…Pour y faire face, le nouveau président a évidemment voulu s’entourer de responsables et conseillers à la fois expérimentés et compétents. S’en étonnera-t-on, cette équipe, ce cabinet élargi, ne pourra éviter de dégager un parfum qui rappelle l’ère qui précéda, entre 2009 et 2017, la présidence mouvementée de Donald Trump…
BIDEN: ‘WITHOUT UNITY, THERE’S NO PEACE, ONLY BITTERNESS AND FURY’
“Disagreement must not lead to disunion,” says President Joe Biden during his inaugural speech. Again, Biden insisted that he will be president of all Americans fighting just as hard for those voted for him as those who didn’t. “Without unity, there’s no peace, only bitterness and fury,” Biden said, adding that “unity is the path forward” amid “historic crises and challenges.”
“UNITY IS THE PATH FORWARD”
Je suis humble face à la confiance que vous nous accordez.
"Nous comprenons tous que le monde nous regarde aujourd’hui. Voilà mon message : l’Amérique a été testée, nous en sortons plus fort, nous reformerons nos alliances, nous relèverons les défis d’aujourd’hui et de demain, nous ne vaincrons pas seulement par notre pouvoir mais par le pouvoir de notre exemple."
(…)"Nous allons avoir besoin les uns des autres pour tenir face à cet hiver difficile. Nous devons écarter les divisions politiques et faire face à cette pandémie comme une nation. Nous allons traverser cette pandémie ensemble", 

« Pour tous ceux qui ont participé à notre campagne, je suis humble face à la confiance que vous nous accordez. Pour ceux qui me désapprouvent, je vous demande une chose : écoutez-moi. Je serai un président pour tous les Américains, tous les Américains. Je me battrai aussi dur pour ceux qui ne m’ont pas soutenu que pour ceux qui l’ont fait. Les désaccords font partie de la démocratie.
"Aujourd’hui, alors que vient d’être investie la première femme au poste de vice-présidente, qu’on ne vienne pas me dire que les choses ne peuvent pas changer !"
Joe Biden. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« THE HILL WE CLIMB » TO MAKE AMERICA DECENT AGAIN

Ces Américains qui ne se parlent plus acceptent de moins en moins la légitimité de l’autre camp. Le successeur de Donald Trump à la Maison-Blanche parviendra-t-il à rétablir l’unité nationale, s’interroge l’essayiste Benjamin Haddad?
« Joe Biden, 46e président des États-Unis, investi le 20 janvier dans une capitale en état de siège, peut-il réconcilier les Américains après les divisions des années Trump? 
L’insurrection ratée des partisans du président sortant contre le Capitole, le mercredi 6 janvier, laissera des traces profondes dans la démocratie américaine. Cet acte sans précédent dans l’histoire des États-Unis, s’est soldé par au moins cinq morts. Il aurait pu voir des élus périr, il  a traumatisé grand nombre d’Américains. Le nouveau président aura fort à faire. »

C’est une investiture en mineur que celle du 46 ème Président des Etats Unis, un homme humble, sobre, réservé, l’exact contraire du tonitruant 45ème qui a délaissé la Maison Blanche au petit jour,  prenant la fuite sans élégance, sur l’air de « I did it my way » de Sinatra , comme un coupable refusant d’assister à l’investiture de son successeur légitimement élu.
 Lady Gaga a entonné l’hymne américain à pleins poumons, Kamela Harris a prêté serment en souriant dans son manteau flashy aux couleurs de la cause féministe, le nouveau président qui prêtera serment sur la vieille bible familiale. En humble prédicateur il prêchera l’apaisement, la concorde et la réconciliation. Mais surtout,  Amanda Gorman, la jeune poétesse noire a élèvera sa frêle voix au dessus de cette sobre cérémonie d'investiture lui  insufflant  son talent lyrique, son élan.
 Comme nous le signale le New York Times,  elle avait écrit la moitié de son poème destiné à la cérémonie lorsque le 6 janvier, elle a vu à l'écran les manifestants envahir le Congrès. 
Ballotée par les événements toute la nuit, elle a achevé son poème à la lumière crue de ces événements.
Intitulé The Hill We Climb (La colline que nous gravissons) en référence à la colline du Capitole, son poème discours lancinant, s'ouvre ainsi:

"Nous avons vu une force qui préférerant abolir la démocratie plutôt  que de la partager, une force qui détruirait notre pays, et la folle  tentative a frôlé la réussite. 

WHERE CAN WE FIND LIGHT IN THIS NEVER-ENDING SHADE? 
We seek harm to none and harmony for all. 
Victory won’t lie in the blade, but in all the bridges we’ve made.
While democracy can be periodically delayed, it can never be permanently defeated
We will not march back to what was, but move to what shall be a country that is bruised, but whole, benevolent, but bold, fierce, and free.
So let us leave behind a country better than one we were left with.
for there is always light. if only we’re brave enough to see it. if only we’re brave enough to be it.
Amanda Gorman
"".
 «Nous devons mettre fin à cette guerre incivile» a déclaré  sobrement Joe Biden le 46ème président des Etats Unis qui se pose en guérisseur de l’Amérique selon Le Soir. 
Pour sa première adresse au peuple américain en tant que président, Joe Biden a enfilé son costume du rebouteux demandant à ses citoyens « de se donner une chance ». 
Joe Biden réussira-t-il a réconcilier l’Amérique avec elle-même ?
Le professeur Mathys tente de répondre à cette question infernale  dans une brillante analyse publiée dans Knack  que nous nous sommes efforcé de traduire.
MG 
KAN JOE BIDEN AMERIKA REDDEN?'
Les défis qu’attend le duo démocrate en cette période de pandémie corona sont phénoménaux . Les conséquences socio-économiques de la pandémie font l'objet d’un plan de sauvetage ambitieux : le plan Biden-Harris  
Il prévoit de procéder à une vaccination de masse, à maintenir les écoles ouvertes en toute sécurité et à fournir aux familles ayant un revenu annuel inférieur à 55 000 dollars une aide fédérale de 1 400 dollars. L'année dernière, ces montants étaient plus élevés sous le président Trump. Mais le coût budgétaire  ne permet plus de se montrer aussi généreux désormais.
De fait, le déficit budgétaire  approche les 3 250 milliards de dollars, soit environ 50 % des dépenses totales. Le niveau de la dette a explosé pour atteindre 130 % du PIB. Le président Biden n'a guère d’autre choix : soit augmenter les impôts soit réduire les dépenses. Ceci ne va pas  vraiment servir sa popularité.
Le taux de chômage reste relativement élevé à 6,7 % mais il a déjà diminué par rapport à avril 2020, où il s'élevait à 14,7 %. Néanmoins, le marché du travail est beaucoup moins bon que celui d'avant la crise Corona, lorsque le taux de chômage atteignait le niveau historiquement bas de 3 % : c’était au début de 2020. C'est en cela que l'administration Biden-Harris aura du mal à s'imposer. L'avantage c’est que le marché du travail américain est beaucoup plus flexible que celui de l'Union européenne.
Question essentielle pour l'année 2021 : le président Biden sera-t-il oui ou non disposé  à faire un geste en matière de répartition du panier de la corbeille des monnaies de réserve mondiales : les DTS (droits de tirage spéciaux) du Fonds monétaire international (FMI) ? C'est en effet à ce niveau là que se mesure la puissance monétaire de la planète. En 2016, la monnaie chinoise s’est invitée dans ce panier à concurrence de de 10,9 %, l'euro est tombé à 30,9 % et le dollar y domine avec 41,7 %. Le reste du panier est complété par la livre britannique et le yen japonais. En principe, une révision est à l’ordre du jour cette année et la question est de savoir si les Américains seront prêts à consentir aux Chinois un plus gros avantage.
Reste à savoir si ce panier demeurera tel quel  avec ses cinq monnaies actuelles ou s'il va se réduire ou au contraire s'accroître ? Depuis la création du FMI en 1946, les Américains ont toujours été le seul pays disposant d’un droit de veto de facto au sein de ce  FMI, où toutes les décisions importantes doivent être prises avec au moins 85 % des voix ; les États-Unis sont le seul pays disposant de plus de 15 % des voix (16,2 %).
Europe
En ce qui concerne l'Europe occidentale, la question se pose de savoir si le président Biden parviendra à un meilleur accord que son prédécesseur. A l’évidence,  la nouvelle équipe démocrate aura sûrement  été  très surprise lorsque l'UE  signa un accord commercial avec la Chine. Difficile d’interpréter ce geste comme diplomatiquement positif de la part de l'UE pour apaiser les relations avec  le président Biden. Elle peut évidemment  s'expliquer par l'anti-américanisme  de Berlin et de Paris. Il sera intéressant de voir dans les six mois qui viennent combien de mesures draconiennes du président Trump à l'égard de la Chine auront été annulées par l'administration Biden et Harris. En tout état de cause,  le centre de gravité du pouvoir s'est déplacé de l'Atlantique vers le Pacifique il y a plusieurs années déjà.
Et quid de la position du président Biden sur l'OTAN. Depuis la signature de la déclaration du "Pays de Galles" de 2014 - pendant le mandat du président Obama - des normes budgétaires ont été fixées en matière de  dépenses de défense imposées AUX États membres de l'OTAN. Rien n'indique que l'administration Biden-Harris veuille y changer quoi que ce soit. En d'autres termes, un certain nombre de pays devront consentir un effort budgétaire plus important en matière de défense d'ici 2024, la Belgique en tête. De plus, plusieurs pays européens comptent beaucoup sur l'aide militaire américaine face à la menace russe.
Conclusion
L'administration Biden-Harris aura pe de temps devant elle, en effet de nouvelles élections pour l'ensemble de la Chambre des représentants et un tiers des sénateurs auront lieu en novembre 2022.  Comme les majorités démocrates sont très serrées au Congrès, il suffirait d’un léger glissement pour induire une majorité républicaine au Congrès.
À court terme, le président Biden devra s’efforcer de négocier  un accord avec le chef du groupe républicain au Sénat : Mitch McConnell. Les démocrates essaieront à toute force de conserver la Maison Blanche en 2024 avec la candidature de Kamala Harris. La question est de savoir contre quel candidat républicain ? Ma prédiction : le sénateur Rick Scott de Floride. 
Herman Matthijs  (UGent, VUB in Knack)
WHERE CAN WE FIND LIGHT IN THIS NEVER-ENDING SHADE? 
WE SEEK HARM TO NONE AND HARMONY FOR ALL. 
VICTORY WON’T LIE IN THE BLADE, BUT IN ALL THE BRIDGES WE’VE MADE.
WHILE DEMOCRACY CAN BE PERIODICALLY DELAYED, IT CAN NEVER BE PERMANENTLY DEFEATED
WE WILL NOT MARCH BACK TO WHAT WAS, BUT MOVE TO WHAT SHALL BE A COUNTRY THAT IS BRUISED, BUT WHOLE, BENEVOLENT, BUT BOLD, FIERCE, AND FREE.
SO LET US LEAVE BEHIND A COUNTRY BETTER THAN ONE WE WERE LEFT WITH.
FOR THERE IS ALWAYS LIGHT. IF ONLY WE’RE BRAVE ENOUGH TO SEE IT. IF ONLY WE’RE BRAVE ENOUGH TO BE IT.
Amanda Gorman

Mr President, Dr Biden, Madam Vice-President, Mr Emhoff,
Americans and the world,
When day comes we ask ourselves where can we find light in this never-ending shade? 
The loss we carry asea we must wade. We’ve braved the belly of the beast. We’ve learned that quiet isn’t always peace. In the norms and notions of what just is isn’t always justice. And yet, the dawn is ours before we knew it. Somehow we do it. Somehow we’ve weathered and witnessed a nation that isn’t broken, but simply unfinished. 
We, the successors of a country and a time where a skinny Black girl descended from slaves and raised by a single mother can dream of becoming president only to find herself reciting for one.
And yes, we are far from polished, far from pristine, but that doesn’t mean we are striving to form a union that is perfect. 
We are striving to forge our union with purpose. To compose a country committed to all cultures, colors, characters, and conditions of man. And so we lift our gazes not to what stands between us, but what stands before us. 
We close the divide because we know to put our future first, we must first put our differences aside. We lay down our arms so we can reach out our arms to one another. We seek harm to none and harmony for all. 
Let the globe, if nothing else, say this is true. That even as we grieved, we grew. That even as we hurt, we hoped. That even as we tired, we tried that will forever be tied together victorious. Not because we will never again know defeat, but because we will never again sow division.
Scripture tells us to envision that everyone shall sit under their own vine and fig tree and no one shall make them afraid. If we’re to live up to her own time, then victory won’t lie in the blade, but in all the bridges we’ve made. That is the promise to glade, the hill we climb if only we dare. It’s because being American is more than a pride we inherit. It’s the past we step into and how we repair it. We’ve seen a forest that would shatter our nation rather than share it. Would destroy our country if it meant delaying democracy. This effort very nearly succeeded.
But while democracy can be periodically delayed, it can never be permanently defeated. In this truth, in this faith we trust for while we have our eyes on the future, history has its eyes on us. This is the era of just redemption. We feared it at its inception. We did not feel prepared to be the heirs of such a terrifying hour, but within it, we found the power to author a new chapter, to offer hope and laughter to ourselves so while once we asked, how could we possibly prevail over catastrophe? Now we assert, how could catastrophe possibly prevail over us?
We will not march back to what was, but move to what shall be a country that is bruised, but whole, benevolent, but bold, fierce, and free. We will not be turned around or interrupted by intimidation because we know our inaction and inertia will be the inheritance of the next generation. Our blunders become their burdens. But one thing is certain, if we merge mercy with might and might with right, then love becomes our legacy and change our children’s birthright.
So let us leave behind a country better than one we were left with. Every breath from my bronze-pounded chest we will raise this wounded world into a wondrous one. We will rise from the gold-limbed hills of the west. We will rise from the wind-swept north-east where our forefathers first realized revolution. We will rise from the Lake Rim cities of the midwestern states. We will rise from the sun-baked south. We will rebuild, reconcile and recover in every known nook of our nation, in every corner called our country our people diverse and beautiful will emerge battered and beautiful.
When day comes, we step out of the shade aflame and unafraid. The new dawn blooms as we free it. For there is always light. If only we’re brave enough to see it. If only we’re brave enough to be it. Amanda Gorman


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