jeudi 18 février 2021

Sophie Wilmès réagit à la proposition d’Annelies Verlinden: «Considérer Bruxelles comme une sous-entité n’est pas une option»

Sophie Wilmès réagit à la proposition d’Annelies Verlinden: «Considérer Bruxelles comme une sous-entité n’est pas une option»
Dans un premier document envoyé aux rédactions en prévision de la conférence qu’elle allait donner dans l’après-midi à l’UGent, le cabinet d’Annelies Verlinden indiquait que la ministre allait suggérer une réforme de l’Etat sur base d’un « modèle 2+2 » avec deux entités fédérées et deux sous-entités.
Le Soir

La suggestion de réforme de l’Etat formulée par Annelies Verlinden (CD&V) et basée sur un « modèle 2+2 » a été très mal accueillie par les partis francophones mercredi soir. Face à la bronca, le cabinet de la ministre de l’Intérieur et des réformes institutionnelles a envoyé un nouveau communiqué de presse dans la soirée précisant que l’intention était de débattre d’un modèle « 2+2 » ou d’un modèle « à quatre entités ».
Dans un premier document envoyé aux rédactions en prévision de la conférence qu’elle allait donner dans l’après-midi à l’UGent, le cabinet d’Annelies Verlinden indiquait que la ministre allait suggérer une réforme de l’Etat sur base d’un « modèle 2+2 » avec deux entités fédérées (’deelstaten’ en néerlandais, Flandre et Wallonie) et deux sous-entités (’deelgebieden’, Bruxelles et la partie germanophone Ostbelgien). Le terme ’sous-entité’ n’a pas été prononcé oralement par la ministre à Gand.

Cette vision de l’avenir de la structure de l’Etat belge a été très mal accueillie côté francophone.

« Considérer Bruxelles comme une sous-entité n’est pas une option », a déclaré la vice-Première ministre MR Sophie Wilmès à Belga, ajoutant avoir pris contact avec Mme Verlinden pour exprimer son « désaccord profond ». « Elle m’a indiqué que, dans son esprit, Bruxelles n’était pas une sous-entité. Dont acte », a-t-elle ajouté.
Les réactions ont plu toute la soirée dans les rangs francophones. « Bruxelles est une Région à part entière avec une identité multiple qui mérite d’être respectée », a notamment tweeté la co-présidente d’Ecolo Rajae Maouane. « Il est bel et bien prévu de préparer la future réforme de l’Etat durant cette législature. Et toutes les contributions sont les bienvenues. Mais une proposition qui nie 1,3 million de Belges ! Un faux départ, sans aucun doute », a de son côté estimé le vice-Premier ministre PS Pierre-Yves Dermagne sur ce même réseau social.
Dans un nouveau communiqué de presse envoyé par le cabinet mercredi soir, la ministre plaide pour un « débat approfondi sur la réforme de l’Etat dans lequel des idées telles qu’un ’modèle 2 + 2’ ou un modèle ’avec quatre entités fédérées’ peuvent également être discutées. »
André Flahaut, député et ancien ministre PS de la Défense, a réagi sur Bel RTL ce jeudi matin : « Je suis surpris et étonné des déclarations de Madame Verlinden. Ce sont des déclarations qui ignorent l’histoire de notre pays. Nous nous sommes battus pour que Bruxelles soit une Région comme les autres. Tous les Belges doivent être respectés de la même manière. Au niveau du gouvernement, il y a un accord pour réfléchir à l’avenir institutionnel du pays mais la réalité du terrain montre qu’il sera très difficile d’avancer dans le scénario décrit par Madame Verlinden. »


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE COMMUNAUTARISME REVIENT AU GALOP 

Chasser le communautaire, il revient au galop, un peu comme le naturel. Ne fait-il pas partie de l’ADN belge ? Le citoyen redresse la tête : on ressort les dossiers communautaires ? Magnifique c’est signe que tout revient doucement à la normale… Pas si vite ! Et si c’était une simple diversion pour nous faire oublier nos misères covid, vaccin, confinement et tutti quanti ?
Annelies, en sa qualité de ministre de l’intérieur-ce n’est pas rien- et en tant que mandataire CD&V, ci-devant le grand CVP, envoie, c’est sûr,  un signal aux partis indépendantistes Belang et NVA. C’est reparti pour un tour de carrousel comme au disait du temps du hérisson Happart. Ce pavé dans la mare annonce pour 2024 une législature constituante, c'est-à-dire qu’elle va légiférer sur une nouvelle réforme de l’Etat. « Encore une » se dit le citoyen lambda qui de toute façon n’y comprend rien. Retenons que dans la proposition Verlinden Bruxelles et la microrégion germanophone sont mises sur pied d’égalité tandis que la Flandre et la Wallonie sont regardées comme deux méga « régions-nations »  à part entière.
Il faut se souvenir que l’ADN du CD&V est plus communautariste que régionaliste autrement dit plus favorable à deux entités fédérées plutôt que quatre.
Les Flamands, dit-on auraient fait leur deuil de l’encombrante Bruxelles qui coûte cher au pays et où , selon eux,  rien ne fonctionne. Il m’étonnerait en revanche que les Wallons renoncent à la dynamique wallobrux.
Ce qui semble évident, c’est que la vieille idée de papa Decroo de faire de Bruxelles un district européen sur le modèle de Washington DC a fait long feu.
La ministre Verlinden a lancé un ballon d’essai à l’hélium-léger, très léger- et aussitôt les  ténors francophones l’ont criblée de balles et descendue en flammes.
Il semble clair que dans une particratie comme l’est la Belgique, la belle Annelies n’agit pas d’initiative. A l’évidence elle est soutenue par son parti le CD&V qui lutte pour sa survie dans un paysage flamand de plus en plus dominé par les nationalistes (Belang et NVA). De même que Trump pense d’abord à ses fidèles électeurs, de la même manière le CD&V ne songe qu’à une chose : éviter de disparaître demain du paysage politique flamand et de l’échiquier belge. On se souviendra que,  de même que De Wever, le Belang a toujours refusé  de regarder Bruxelles comme un région à part entière. Cela dit, un projet de réforme institutionnelle qui viserait à faire de la Belgique une fédération (ou une confédération) à quatre régions a quelques chances de tenir la route.
Mais ça c’est du très long terme et comme disait Keynes : dans le long terme on est tous morts.
MG 

ANNELIES VERLINDEN PLAIDE POUR UN "MODELE 2+2" OU UN MODELE "A QUATRE ENTITES FEDEREES"
Trends Tendances
La suggestion de réforme de l'Etat formulée par Annelies Verlinden (CD&V) et basée sur un "modèle 2+2" a été très mal accueillie par les partis francophones mercredi soir. Face à la bronca, le cabinet de la ministre de l'Intérieur et des réformes institutionnelles a envoyé un nouveau communiqué de presse dans la soirée précisant que l'intention était de débattre d'un modèle "2+2" ou d'un modèle "à quatre entités".
Dans un premier document envoyé aux rédactions en prévision de la conférence qu'elle allait donner dans l'après-midi à l'UGent, le cabinet d'Annelies Verlinden indiquait que la ministre allait suggérer une réforme de l'Etat sur base d'un "modèle 2+2" avec deux entités fédérées ('deelstaten' en néerlandais, Flandre et Wallonie) et deux sous-entités ('deelgebieden', Bruxelles et la partie germanophone Ostbelgien). Le terme 'sous-entité' n'a pas été prononcé oralement par la ministre à Gand.
Cette vision de l'avenir de la structure de l'Etat belge a été très mal accueillie côté francophone.
"Considérer Bruxelles comme une sous-entité n'est pas une option", a déclaré la vice-Première ministre MR Sophie Wilmès à Belga, ajoutant avoir pris contact avec Mme Verlinden pour exprimer son "désaccord profond". "Elle m'a indiqué que, dans son esprit, Bruxelles n'était pas une sous-entité. Dont acte", a-t-elle ajouté.
Les réactions ont plu toute la soirée dans les rangs francophones. "Bruxelles est une Région à part entière avec une identité multiple qui mérite d'être respectée", a notamment tweeté la co-présidente d'Ecolo Rajae Maouane. "Il est bel et bien prévu de préparer la future réforme de l'Etat durant cette législature. Et toutes les contributions sont les bienvenues. Mais une proposition qui nie 1,3 million de Belges ! Un faux départ, sans aucun doute", a de son côté estimé le vice-Premier ministre PS Pierre-Yves Dermagne sur ce même réseau social.
Dans un nouveau communiqué de presse envoyé par le cabinet mercredi soir, la ministre plaide pour un "débat approfondi sur la réforme de l'Etat dans lequel des idées telles qu'un 'modèle 2 + 2' ou un modèle 'avec quatre entités fédérées' peuvent également être discutées."

Aucun commentaire: