mercredi 10 mars 2021

Fini le Covid, oubliée la pauvreté : le vrai match du moment, c'est Harry et Meghan contre Elizabeth


Humeur
Par Jack Dion Marianne

"Dans la presse d’Outre-Manche, ces accusations et ces propos subversifs ont fait passer toutes les autres questions de l’heure au second plan. Fini le Covid, oubliée la pauvreté, occulté le drame des enfants sans école pour cause de confinement, enterrée la fronde des infirmières et des autres. Le grand match du moment est : pour Elizabeth ou pour Meghan ?", écrit Jack Dion.
C’est ce qui s’appelle avoir le sens des priorités. Dans son édition datée du 9 mars, Le Monde a publié une page entière consacrée à la Grande-Bretagne. En tête, les derniers aléas de la monarchie, avec les accusations de Harry et de Meghan, lancées sur CBS sous la pression terrible de Oprah Winfrey. En dessous un article intitulé : «La fronde des infirmières britanniques contre les bas salaires ». Entre la couronne d’en haut et la piétaille du bas, le cœur médiatique n’hésite pas.
En haut, le calvaire du couple formé par le prince Harry et sa dulcinée. Dans leur modeste propriété de Santa-Barbara, en Californie, au nord-ouest de Los Angeles, achetée à prix d’ami (12,77 millions d’euros), ils ont reçu la papesse des interviews, une voisine, connue pour son engagement éthique aux côtés des Démocrates, ce qui la classe d’office dans le monde du Bien.
L’entretien a été monnayé à un tarif situé entre 5,9 et 7,6 millions d’euros, car lorsqu’elle est royale, la parole est d’or. Harry et Meghan, devenus SDRF (Sans Domicile Royal Fixe), assurent qu’ils n’ont rien touché de cette somme, empochée par l’intervieweuse au bras long, via sa société de production. Comment ne pas les croire ?
UN REMAKE DE THE CROWN
En bas, l’indignation des petites mains du NHS, l’hôpital public, payées au lance-pierres. Elles ont eu un coup au cœur en apprenant que la hausse de leurs salaires de misère serait limitée à 1%, même pas de quoi rattraper la hausse de l’inflation (1,5%). Mais ce n’est rien en comparaison du drame vécu par Meghan et son duc de Sussex autodéchu à force d’humiliation ? En guise de réponse et de réconfort, la secrétaire d’Etat à la santé, Nadine Dorries, leur a rétorqué (aux infirmières, pas aux exilés du royaume) : « Etre infirmière, c’est une passion, les gens ne font pas ça pour l’argent ». Leur situation est sans commune mesure avec le cauchemar de la famille royale et de ses rejetons, digne d’une nouvelle saison de la série télévisée « The Crown ».
Face à Oprah Winfrey, Harry et Meghan n’ont rien caché de leurs déboires, repris et relatés devant des millions de téléspectateurs dans le monde entier. Elle, la larme à l’œil, s’est dite soumise à du harcèlement et à une forme de racisme larvé au sein de la famille royale. Lui, « costume clair et voix grave », écrit Le Monde (un homme est un homme), a expliqué qu’il était « pris au piège », et qu’il ne voulait pas finir comme sa mère, la princesse Diana.
LES NOUVEAUX MIGRANTS
Il leur fallait donc s’échapper de l’enfer de Buckingham Palace, et retrouver la liberté, un peu comme ces migrants qui fuient la tyrannie, à ceci près qu’il est plus facile de traverser l’Atlantique en jet privé que la Méditerranée sur une embarcation de fortune.
Dans la presse d’Outre-Manche, ces accusations et ces propos subversifs ont fait passer toutes les autres questions de l’heure au second plan. Fini le Covid, oubliée la pauvreté, occulté le drame des enfants sans école pour cause de confinement, enterrée la fronde des infirmières et des autres. Le grand match du moment est : pour Elizabeth ou pour Meghan ? Pour la couronne pure et dure, à l’ancienne, ou pour la royauté inclusive ? Pour les principes coulés dans le marbre d’une monarchie symbolisant le matriarcat blanc héritier de l’Empire ou pour une version modernisée, revisitée et colorée ? En comparaison du « Megxit », le Brexit n’était qu’une partie de plaisir.
Pendant ce temps, les infirmières de la NHS comptent leurs sous, à l’instar de tous les pauvres, des moins pauvres, et des pas riches du pays, ce qui fait du monde. Pour se consoler, les uns et les autres peuvent regarder la télé et acheter des journaux où, selon le parti pris, on pleure pour Elizabeth ou pour Meghan, pour le Palais ou pour les jeunes émigrés.
UNE PAROLE QUI SE MONNAIE
Quant à ces derniers, ils vont pouvoir penser à leur avenir sous le soleil de Californie. Ils attendent un nouvel enfant, une fille, paraît-il, qui va rejoindre le petit Archie, âgé d’un an. Sans doute la petite ne se prénommera-t-elle pas Elizabeth, mais elle s’en remettra. Tous les deux devront vivre la dure vie d’une famille désormais roturière, avec ses fins de mois incertains.
Pour parer aux désagréments du quotidien, Harry et Meghan ont signé un contrat avec l’agence Harry Walker, qui va monnayer leurs confessions à des tarifs qui relèvent du secret industriel, comme les tarifs des vaccins contre le Covid achetés par l’Union européenne. On sait seulement qu’à chaque conférence, le prince encaissera 1 million de dollars. Le couple a également signé un contrat avec Netflix pour produire des séries et des documentaires. On parle d’un accord à 100 millions de dollars (environ 80 millions d’euros), de l’ordre de celui signé par les Obama.
Cela ne vaut pas la vie princière des infirmières, mais cela permettra de mettre du beurre de cacahuète sur les tartines des enfants, c’est l’essentiel.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
NO COMMENT

Tout ceci est franchement écœurant. Il fut un temps où les actrices singeaient les princesses. Désormais c’est l’inverse, les royalties (sans jeu de mots) dansent comme sifflent les actrices.
Le fils cadet du prince de Galle semble avoir perdu toute dignité, tout respect de sa famille, respect de soi surtout. Quant à son oncle Andrew, le fils préféré de sa majesté, il a intérêt à ne plus jamais débarquer en terre américaine au risque de se retrouver dans la posture inconfortable de DSK, menotte aux poings.
Mais qu’est ce qui incite les medias à consacrer tant de temps et d’énergie à ces égarés héréditaires ? Les lecteurs évidemment.
L’empire britannique s’est éteint après la dernière guerre mais ,comme certaines étoiles mortes, la monarchie continuer à briller, de plus en plus faiblement.
Pauvre vieille Elisabeth qui joue sa partition depuis sept décennies sans la moindre fausse note tandis que sin entourage immédiat enchaîne les faux pas.
Goldsmith, a minister for the environment, said: “Harry is blowing up his family … What Meghan wants, Meghan gets.”

At the Downing Street press conference on Tuesday, Johnson said: “I have always had the highest admiration for the Queen and the unifying role that she plays in our country and across the Commonwealth. I have spent a long time now not commenting on royal family matters and I don’t intend to depart from that today.”

"DEVASTATEUR": LA PRESSE BRITANNIQUE SOUS LE CHOC APRES L'INTERVIEW DE MEGHAN ET HARRY
Robert Jobson, spécialiste de la famille royale britannique, révèle notamment dans les colonnes du Daily Mail qu'à ses yeux la seule gagnante de cette "nouvelle débâcle" est Oprah Winfrey.
"Le duc et la duchesse de Sussex, obsédés par eux-mêmes, ont déversé leurs problèmes sur des millions de personnes. J'avais l'impression de m'immiscer dans un chagrin privé. Par endroits, c'était terriblement grincheux, parfois difficile à regarder", explique-t-il. Il n'hésite d'ailleurs pas à critiquer ouvertement le comportement de Meghan Markle, mettant en avant ses qualités d'actrices "surcotées" pour livrer une performance "guindée et clairement mise en scène". Selon lui, qualifier la famille royale de raciste est épouvantable et malhonnête. Il ne comprend pas comment le couple peut affirmer soutenir la reine Elizabeth durant tout l'entretien et attaquer en même temps certains membres de la famille royale "de manière déplacée".
Du côté du Telegraph, les experts sont unanimes: cet entretien était à la fois ce qu'ils attendaient et à la fois tout l'inverse également. "Nous savions que ce serait de la télévision à succès. Mais ce que nous n'avions pas prévu à propos de l'interview du duc et de la duchesse de Sussex, c'est à quel point leur «vérité» allait être pure", relate la journaliste Camilla Tominey. Elle compare cette interview à un film hollywoodien et décrit la vérité du couple à des coups incessants. "On peut penser à ceux qui ramassent les pots cassés au palais de Kensington en ce moment suite à ces révélations (...) Et comme si cela n’était pas assez accablant, l’aveu en larmes de Meghan révélant avoir envisagé le suicide a réussi à enfoncer l’avant-dernier clou dans le cercueil de la réputation déjà bien rodée de la famille royale."
Pour conclure, l'experte a quelque peu attaqué le couple, affirmant "qu'ils ont été contraints de signer des accords avec Netflix et Spotify parce qu'ils n'avaient pas d'argent". Meghan Markle, en particulier, en a pris pour son grade, puisque la journaliste a même déclaré "que si pour elle "Maman' est le titre le plus important, elle veut pourtant que son fils soit un prince".
Pour ce qui est du Guardian ou du Sun, les deux journaux préfèrent ne pas se positionner sur le sujet et se concentrent sur les révélations "sensationnelles" de Meghan Markle. La BBC de son côté se contente de qualifier l'interview de "dévastatrice" pour la monarchie et d'un "coup dur pour l'institution". Le média affirme n'entendre là qu'un seul son de cloche et s'interroge sur ce que le Palais de Buckingham pourrait bien avoir à dire sur le sujet.
Finalement, le Times a lui joué la carte de la sécurité en mettant en avant le discours du Commonwealth de la reine adressé à la nation ce dimanche. Si la reine ne s'est pas exprimée sur cette interview polémique, qui à ce moment était sur le point d'être diffusée, elle a néanmoins subtilement fait allusion à Meghan et Harry. "Le contact avec notre famille est essentiel en cette période", a-t-elle déclaré.


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