jeudi 25 mars 2021

Georges-Louis Bouchez: "Ce nouveau lockdown est un triple échec"


Les libéraux francophones acceptent mal les nouvelles mesures annoncées mercredi à l'issue du comité de concertation.

Ils évoquent clairement un nouveau "lockdown" qui selon, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, est la conséquence d'un "triple échec". "Ce nouveau lockdown est un triple échec. Il est aussi regrettable que le fardeau pèse essentiellement sur la Belgique qui travaille. Il faut des données objectives pour apprendre à vivre avec le virus et surtout accélérer la vaccination", a-t-il déclaré sur Twitter.
Le MR vise tout à la fois la stratégie mise en oeuvre et la vaccination. Il constate un manque d'adhésion, beaucoup d'efforts fournis jusqu'à présent mais une absence de résultats. Il épingle aussi un manque d'études scientifiques et de chiffres permettant de déceler l'impact des mesures prises ou à prendre. A ses yeux, il aurait fallu penser à des mesures simples et claires susceptibles d'avoir un impact. Le MR regrette enfin que ce soient toujours les mêmes qui paient sans avoir de perspective. Il note à cet effet que l'échéance du 1er mai évoquée jusqu'à présent pour la relance de l'horeca et d'autres secteurs d'activité n'a plus été citée vendredi.
L'ex-ministre des Indépendants, Denis Ducarme, s'est montré encore plus direct. "Ce lockdown qui ne veut pas dire son nom, c'est une nouvelle promesse de larmes et de sang pour les Belges qui ont besoin de travailler", a-t-il lancé sur Twitter.
Interrogé par le Vif, le député a affirmé que sa confiance dans le comité de concertation -où siègent pourtant trois ministres de son parti (Wilmès, Jeholet, Clarinval) était "ébranlée". "Il m'est très difficile de soutenir ces décisions", a-t-il ajouté. "Quelque chose s'est cassé pour nous. On ne parle pas encore de rupture de confiance mais nous avons vraiment le sentiment de n'avoir pas été entendus alors que trois membres libéraux se sont exprimés au comité de concertation".
Dans la majorité, les réactions n'ont pas manqué pour ce qui semble à certains un manque de solidarité.
"Les décisions du Codeco sont dures et vont encore impacter davantage de nombreux secteurs qui sont déjà en souffrance. Ces décisions ont été prises collectivement et les flinguer a posteriori quand on y a participé n'est ni responsable ni à la hauteur des enjeux", a déploré le chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre, Gilles Vanden Burre.
Intervenant dans un débat en commission de l'Intérieur, le député Hervé Rigot (PS) s'en est pris aux "cavaliers fous" dont les tweets sapent l'adhésion de la population. "Je dis stop", a-t-il ajouté.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"QUELQUE CHOSE S'EST CASSE POUR NOUS »

Pourquoi désespérer Billancourt ?
« On ne parle pas encore de rupture de confiance mais nous avons vraiment le sentiment de n'avoir pas été entendus » Bouchez
 Alors qu'il était en plein compagnonnage avec le PCF, dans les années 1950, Sartre rétorqua à des critiques de gauche qu' « il ne faut pas désespérer Billancourt », voulant signifier par là qu'il ne faut pas forcément dire la vérité aux ouvriers, de peur de les démoraliser. Sartre savait aussi faire son jésuite.
Les déclarations des deux grandes gueules du MR Bouchez et Ducarme sont de nature à désespérer les démocrates les plus motivés. 
C’est quoi ces deux matamores qui désavouent publiquement le gouvernement dont ils font partie ? 
Le citoyen belge moyennement démocrate n’en peut plus. Il est écoeuré par le festival de contradictions et de disfonctionnements, par  la manière dont la Vivaldi manage la crise sanitaire la plus déstabilisante de l’après guerre. 
Si Ducarme et Bouchez sont cohérents, ils doivent arracher la prise de ce gouvernement, ce qui provoquera le chaos, des élections anticipées  et la montée en flèche des partis les moins démocratiques entraînant l’impossibilité de former une nouvelle majorité fédérale.
 "Un ministre ça démissionne ou ça ferme sa gueule", c'est une phrase dont vous vous souvenez, c'est vous qui l'avez prononcée.. ."
Jean-Pierre Chevènement : "Je l'ai prononcée le jour où j'ai quitté le gouvernement...où j'avais décidé de quitter le gouvernement en 1983. J'ai toujours eu une certaine conception...je dirais un certain sens de l'Etat"
Le sens de l’Etat, c’est  précisément ce qui manque le plus à nos gouvernants. Voilà qui plonge notre pays dans  la pire des crises : la crise de confiance à l’égard de l’Etat.
MG



Aucun commentaire: