mardi 2 mars 2021

« La gauche et l’islam: chronique d’un malentendu historique »…


LE FIGARO ANALYSE – Du Congrès de Bakou au soutien de Sartre et Foucault à la révolution iranienne, en passant par la guerre d’Algérie et la cause palestinienne, de nombreux penseurs de gauche ont parié sur le réveil religieux pour favoriser la révolution, analyse Maroun Eddé, normalien, spécialiste de philosophie politique.
Par Maroun Edd
Depuis quelques jours, la locution «islamo-gauchisme» occupe une part importante du débat politico-médiatique. Mais au-delà des débats sur le mot, à quelle réalité renvoie-t-il? Et d’où vient l’idée d’une alliance entre la gauche laïque et l’islam?
Tout commence en 1917, au cœur du Parti communiste soviétique. Lénine est convaincu que les peuples colonisés, «opprimés du monde», sont des alliés de l’URSS: comme les prolétaires à l’échelle nationale, ils doivent permettre la Révolution à l’échelle mondiale. Or par un hasard historique, l’Europe colonisatrice est constituée de pays chrétiens et la majorité des pays musulmans sont colonisés: ainsi commence à germer l’idée d’une alliance possible entre communistes et musulmans.
Cette idée prend corps en 1920, lors du Congrès de Bakou. L’URSS convoque plus de 2000 délégués arabes, turcs et iraniens dans le but de trouver ensemble le moyen de «renverser les capitalistes français, anglais et américains». Comprenant bien que l’athéisme marxiste aurait peu de succès auprès de ces délégués, les Soviétiques décident de jouer la carte de la religion et en appellent à la guerre sainte, perçue comme «le moyen d’accéder à la société communiste en terre d’Islam». Le djihad comme moteur de la révolution prolétarienne: Marx a dû se retourner dans sa tombe.
L’erreur de la gauche fut de penser l’islam comme un ciment culturel parmi d’autres pouvant unir les dominés et motiver la lutte contre l’oppression et la colonisation
1945. L’édifice colonial commence à trembler. La décolonisation est au goût du jour, dans un monde de plus en plus bipolaire: d’un côté, l’Occident ; de l’autre, l’URSS… et les pays arabo- musulmans. En France, c’est la guerre d’Algérie qui accélère le rapprochement de la gauche avec l’islam. Alors que le Parti communiste s’oppose à la guerre, Frantz Fanon, grand philosophe de la décolonisation, explique qu’il faut distinguer la religion dominante – le christianisme, qui renforce l’oppression – et la religion dominée – l’islam, qui peut libérer les «damnés de la terre». Il défend même le port du voile, à la fois comme symbole anticolonial et pour faciliter le camouflage des poseurs de bombes. Proche du philosophe persan Ali Shariati, qui a tenté une synthèse entre islam et socialisme, il est suivi par la majorité des intellectuels de gauche, au premier rang desquels Jean-Paul Sartre qui déclare que s’il devait adopter une religion, ce serait celle de ce dernier. Cette alliance improbable se répand, chez les «islamo-progressistes» palestiniens, ou encore des militants de gauche iraniens, qui ont fait le jeu de l’ayatollah Khomeyni. Sa révolution islamique sera même louée par Sartre et Foucault comme une révolution «progressiste» utilisant «la spiritualité comme force politique».
Mais l’alliance était de courte de durée. L’erreur de la gauche fut de penser l’islam comme un ciment culturel parmi d’autres pouvant unir les dominés et motiver la lutte contre l’oppression et la colonisation. Mais l’islam, surtout dans sa forme politique, n’est pas un élément culturel neutre et facilement instrumentalisable: c’est une religion non sécularisée, portant en elle tout un projet de société. Parier sur le réveil religieux pour favoriser la lutte émancipatrice est à cet égard une erreur dangereuse qui fut chèrement payée. Car une fois au pouvoir, les partis islamiques se sont retournés contre une gauche dont ils rejettent l’idéologie matérialiste et sécularisée: liquidation du Parti communiste indonésien en 1965 ; écrasement des Moudjahidines iraniens en 1979 par la révolution de Khomeyni qu’ils ont pensé être la leur ; massacre des communistes soudanais par leurs alliés les Frères musulmans en 1989 ; sans parler de la guerre civile algérienne ; le tout envenimé par l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS. À l’aube des années 1990, le rêve d’une alliance entre la gauche et l’islam est mort et enterré dans les pays orientaux, aux côtés des rêveurs.
Mais en Occident, la donne est toute différente. Les textes de Fanon ont traversé les mers, et lancé aux États-Unis et en Angleterre le courant des «postcolonial studies», visant à utiliser les sciences humaines pour déceler et dénoncer toutes les formes de domination et d’oppression, en particulier occidentale. Or l’immigration amenant essentiellement en Europe des populations musulmanes, ces dernières se retrouvent surreprésentées parmi les classes populaires. Les partis de gauche européens voient à nouveau dans les musulmans des opprimés, qui doivent être défendus contre les oppresseurs. Quitte à passer sous silence les aspects de leur religion incompatibles avec les principes de gauche.
«INTERSECTIONNALITE DES LUTTES»
La suite, on la connaît. Les «postcolonial studies»ont gagné du terrain dans les universités, prenant une orientation résolument militante. L’«intersectionnalité» des luttes est érigée en principe, l’idée d’une oppression blanche fait son chemin, tandis que les «racisés» s’organisent en groupes de lutte contre la domination. Dernier acte de cet emballement: la négation même d’une réalité derrière le mot «islamo-gauchisme», entérinée par le CNRS.
Car entre-temps, ce mot a été récupéré par la droite avec une connotation péjorative, conduisant la gauche à le considérer comme un terme insultant et inacceptable. Ce faisant, le débat a été déplacé vers une querelle de mots, oblitérant la réalité à laquelle il renvoie, qu’on l’appelle ainsi ou autrement. Que des partis de gauche défendent les musulmans dans le cadre d’une «intersectionnalité des luttes», voilà qui peut s’entendre et se débattre. Mais il est plus qu’urgent de dépasser les querelles de mots pour avoir un véritable débat. «Le terme islamo-gauchiste est utilisé pour nous discréditer», déclarent des intellectuels de gauche. Peut-être. Mais rien ne discrédite davantage que de chercher à éviter la discussion en niant l’existence d’une réalité désormais vieille de plus d’un siècle et qui pourrait être débattue si elle n’était pas rejetée comme indigne par ceux-là mêmes qui l’incarnent.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA QUESTION DE L'ISLAM

« La question de l'islam comme force politique est une question essentielle pour notre époque et pour plusieurs années à venir. La première condition pour en traiter avec un minimum d'intelligence, c'est de ne pas commencer par y mettre de la haine » Michel Foucault
Il faudra bien que les Européens se décident un jour à se pencher sérieusement sur la question de l’islam en se demandant avec feu Mohammed Arkoun si nous assistons « à la modernisation de l’islam pu à l’islamisation de la modernité. » Une nouvelle question s’impose désormais : vivons nous la radicalisation se l’islam ou l’islamisation de la radicalité ? Commençons par nous demander si le Coran est d’abord un traité législatif qui prescrit la loi de dieu ou une éthique pour se bien guider. La réponse d’Ali Daddy est interpellante et sort résolument des sentiers battus et des idées reçues. La voici : « Pour le Coran, ce qui importe avant tout c’est l’éthique de l’agir bellement (al-ihsân) ! »

MG
SHARI’A : LOI OU ETHIQUE ? 

Ce qui est très frappant avec le mot shari’a, c’est la minceur statistique de son emploi par le Coran : il n’y est cité qu’une et une seule fois. Mais s’il s’agit d’un hapax dans le Coran, le terme est paradoxalement omniprésent dans les médias ainsi qu’auprès du public, musulmans ou pas d’ailleurs !

L’ADN du Coran, c’est l’éthique
Le Coran est quasiment toujours présenté comme une banale compilation de normes juridiques. La réalité pourtant est que, ni par le vocable, ni par l’esprit, il n’adopte en ce domaine les méthodes dont avait procédé, en un temps pas si éloigné de sa révélation, la réforme de Justinien. Du côté byzantin, le 6ème et le 7ème siècles furent des siècles de codification. Le droit romain était enseigné à Beyrouth et Antioche, et resta bien connu dans la région, au moins jusqu’au règne d’Héraclius et il est probable qu’en Palestine et qu’en Syrie les marchands mecquois aient eu affaire à l’application des Pandectes et des Institutes. 

En la matière donc, l’originalité du Coran paraît tranchée, dans la mesure où il s’écarte le plus souvent de l’inventaire de prescriptions, pour ressortir davantage à une édification propagatrice d’un modèle éthique qui se veut universel. Il négligeait en l’occurrence une forme de législation répandue à l’époque où il est apparu. 

Une simple lecture du Coran montre qu’il se définit lui-même comme un « Critère éthique » (furqân). Il distingue avec soin les notions qu’il embrasse : il insiste à tout coup sur la rationalité, la clarté, l’articulation. Qu’il se veuille conjointement valable pour le domaine religieux et le domaine mondain, ne veut pas dire qu’il le veuille confusément. Il invite au contraire à coordonner ces concepts plutôt qu’à les mêler. 

À cet égard, il est important d’avoir à l’esprit deux textes : l’un (III, 79) interdit aux transmetteurs de l’éthique coranique, à raison même de leur tâche d’enseignement et d’étude, toute usurpation d’autorité et l’autre définit la fonction du Prophète lui-même en tant que donneur d’alarme (nadhir) : le Rappel éthique, à l’exclusion de la souveraineté !   

« Lance donc le Rappel : tu n’es là que celui qui rappelle
tu n’es pas pour eux celui qui régit » (LXXXVIII, 21, 22) 

De la loi mosaïque à l’éthique coranique 
La loi, c’est celle des Tables de Moïse, les fameux Dix Commandements. Quant à Jésus, il disait que ce qui importe ce n’est pas ce qui entre dans la bouche mais ce qui en sort. Pour le Coran, ce qui importe avant tout c’est l’éthique de l’agir bellement (al-ihsân) !

« À ceux qui croient, effectuent l’œuvre salutaire, nulle faute n’est imputable en matière d’alimentation tant qu’ils se prémunissent et croient, effectuent l’œuvre salutaire, et derechef se prémunissent et croient, et derechef se prémunissent et bellement agissent. » (V, 93)

Une connotation juridique récente 
Ce n’est qu’à une époque récente que le terme shari’a va prendre la connotation législative que d’aucuns lui prêtent aujourd’hui. Elle prend notamment son origine avec le wahhabisme à la fin du 18ème siècle. À la suite de la sanglante intervention militaire américaine en Iraq, cette idéologie morbide qu’est le wahhabisme va connaître une résurgence des plus violentes avec l’avènement de Daech dans cette région et se ses multiples ramifications à travers le monde. Nous avons là une parfaite manipulation, à des fins politiques, des mots et de l’éthique coraniques pour se revendiquer sournoisement de l’héritage prophétique. Cette manipulation a pour origine et répond par conséquent à celle des autorités américaines pour justifier leur invasion du pays. 

Il n’y a pas de droit musulman 
Il est opportun de faire la distinction entre la charia et le droit (qanoun) qui est en vigueur dans les différents pays musulmans. Il n’existe pas à proprement parler un « droit musulman » unique tant il est hétérogène et variable selon les pays envisagés. Certains d’entre eux autorisent la polygamie, d’autres l’interdisent ; certains sont producteurs de vin et d’autres interdisent la consommation d’alcool et il en est même certains qui interdisent aux femmes de conduire un véhicule !

Étymologie 
La charia, c’est étymologiquement, « la voie qu’emprunte le bétail pour aller boire ». La racine sh.r.‘, suggère l’accès à l’eau, ou plus largement l’accès. Il doit en rester quelque chose dans shari’a qu’on traduirait par « la voie, l’accès (à l’éthique ?) », plutôt que par « la norme » et encore moins par « la codification ». 

« De plus Nous t’avons mis sur une voie (shari’atin) pertinente. » (XLV, 18)

Quelle est cette voie pertinente (shari’atin mina-l’amri) ? Dès la première sourate du Coran, la Fatiha, il est précisé : « Guide-nous sur la voie de Rectitude » (v 6) et « non pas celle des réprouvés, non plus que de ceux qui s’égarent » (v 7). 

Le Coran est un Rappel éthique permanent à se guider sur la voie de Rectitude et le véritable crédo du Coran est « faites le bien pour l'amour du bien » : « Bel-agir trouverait-il récompense autre que bel-agir ? » (LV, 60)

Dieu Lui-même est présenté comme Le premier des bel-agissants :

« Agis bellement, comme Dieu le fait envers toi. N'aspire pas à faire dégât sur la terre. Dieu n'aime pas les fauteurs de dégât » (XXVIII, 77)

Qui sont ceux qui s’égarent de cette voie pertinente ?

« Seigneur dit l’Envoyé, mon peuple tient ce Coran pour chose à fuir » (XXV, 30)

« dis : “Et si je vous apportais une guidance meilleure que celle où vous trouvâtes vos pères ?” Ils répliquent : “Le message en vue duquel vous vous dites envoyés, nous le dénions” » (XLIII, 22-24)    

« La semblance des dénégateurs est comme de mener à grands cris (un bétail) qui n’entend que l’appel ou l’invective : sourds, muets, aveugles, incapables sont-ils de raisonner… » (II, 171) 

Contextualisation 
Le Coran propose donc une voie éthique pertinente, celle du bel-agir, qui a dès le début été polluée par les intérêts partisans, les idéologies, les politiques et les multiples pratiques à « contre-Coran » qui ont conduit à vider de son contenu cette éthique universelle alors qu’elle est le fondement même du texte fondateur de l’islam. 

Il y a des statistiques qui éclairent bien mieux qu’un long discours. Si dans le Coran le terme shari’a est un hapax, la racine h.s.n. qui a donné ihsân, le bel-agir, qui n'est pas sans évoquer une sorte d'irradiation des conduites humaines par l'éternelle beauté, s’y retrouve citée plus de 200 fois ! 

Si aujourd’hui, le débat d’une codification à tirer principalement du Coran et de la Sunna remue un certain nombre de pays musulmans, ou des couches sociales et psychologiques à l’intérieur de ces pays, ou d’autres encore, plus nombreux, si bien que ce qu’on appelle l’islamisme y constitue un mouvement ou, à tout le moins, une référence politique. Le centre de ralliement proclamé en est la charia, entendue prétendument comme législation islamique. 

Beaucoup de musulmans érigent aujourd’hui ce droit, ou sa pétition, en signal de l’identité collective. Il s’agirait selon eux, d’un nouvel effort de codification qui corrigerait, complèterait et le plus souvent contredirait celui des juristes « occidentalisés » de l’entre-deux guerres, en étant censé s’inspirer davantage des données coraniques que ces derniers ne sont supposés l’avoir fait.  

La norme, si peu présente dans le Coran
La sourate XXIV, la Lumière est très significative de l’expression de la norme, telle que l’entend la révélation coranique, et qui tranche nettement, nous l’avons déjà signalé, sur les codifications qui se multipliaient à l’époque dans le droit romano-byzantin et dans la coutume de l’Église syrienne.  

Les versets 2 et 3 de cette sourate évoquent l’adultère. Mais c’est bien un refrain incitant à l’indulgence en la matière ainsi que la répression de la calomnie qui occupent une bonne vingtaine de versets de la sourate ! Le texte prévoit même, lorsque c’est une femme qui est accusée, qu’il faut la croire à priori si elle se dit innocente. 

« cependant, on épargnera le châtiment à l’épouse si elle profère quatre attestations devant Dieu comme quoi il a menti » (v 8)

Une doctrine juridique contraire au Coran 
La doctrine a pourtant fait prévaloir la répression sur l’indulgence préconisé par le texte, et même n’a pas craint d’aller au-delà en y appliquant une peine de lapidation absolument inexistante dans le Coran et totalement contraire à son éthique !

La loi est par nature relative et changeante tandis que la charia, la voie pertinente qui permet de se guider sur le chemin de Rectitude est un principe universel et intemporel et ne peut donc pas se confondre avec des législations qui varient de fait selon les peuples et les époques. 

Si l’on ne fait pas cette distinction entre les principes éternels sur les rapports avec Dieu, qui sont de caractère éthique et les lois particulières par lesquelles les hommes, à partir de ces principes éthiques, organisent à chaque époque leurs rapports sociaux, l’on donne une image caricaturale du Coran.

Par exemple le Coran, qui descend dans une société où règne l’esclavage, introduit des règles propres à l’humaniser. Est-ce que cet enseignement est devenu caduc parce que l’esclavage n’existe plus ? Ou faut-il rétablir l’esclavage ? Ou bien devons-nous, comme nous le recommande à chaque instant le Coran, « réfléchir » sur les « exemples » qu’il nous donne (cf. XXXIX, 27) ?

Ainsi seulement, un verset comme : « Un esclave croyant vaut mieux qu’un homme libre polythéiste » (II, 221), à condition de ne pas s’attacher à la lettre, conserve valeur universelle : la valeur d’un homme ne dépend pas de son rang ou de sa fortune, mais de sa foi et de ses qualités morales.

Prétendre appliquer littéralement une disposition législative sous prétexte qu’elle est écrite dans le Coran, c’est confondre la voie éternelle de Dieu ; la shari’a (qui est un « invariant » éthique absolu, commun à toutes les religions et à toutes les sagesses) avec la législation destinée au Moyen-Orient au 7ème siècle. Les deux figurent bien entendu dans le Coran mais la confusion des deux et leur application aveugle – refusant cette « réflexion » à laquelle ne cesse de nous appeler le Coran – nous rend incapables de témoigner du message vivant, du Coran vivant et éternellement actuel, du Dieu Vivant.

Quant à « la loi de Dieu » qui serait supérieure pour certains à la loi civile selon cet inculte de Darmanin, elle n’existe que dans son esprit tordu. Par contre, le Coran, il nous apprend que « Dieu S’assigne à Lui-même l’éthique » (VI, 54) ! 

Toute lecture des versets législatifs doit être historique. L’essentiel est de ne jamais oublier que sur les 6236 versets du Coran, à peine 200 ont une connotation juridique, soit seulement 3% du texte ! 

Appliquer la charia, c’est avant tout se référer au Rappel éthique du Coran et par-là, imaginer un droit contemporain sans cesse renouvelé et sans cesse imprégné par cette éthique universelle, la voie pertinente de l’Agir-bellement qui seule relève de l’authenticité coranique.

C’est là un appel à la responsabilité commune non seulement à tous les musulmans, mais comme le dit le Coran, à tous les hommes de foi qui ont reçu le message des prophètes, tous envoyés du même Dieu, unique, universel et qui « agit bellement » et qui « S’assigne à Lui-même l’éthique » !

Ali Daddy  



2 commentaires:

D François a dit…

article excellent, je vais le divulguer

D François a dit…

article excellent, je vais le divulguer