mardi 9 mars 2021

Meghan et Harry, l’interview qui divise les Britanniques


Les propos du couple viennent révéler les fractures de l’Angleterre, entre une vision multiculturelle et moderne et une institution qui a du mal à se défaire de ses vieux rouages. Le Soir (extraits)

Alors que l’interview de Harry et Meghan devait être diffusée ce lundi soir seulement au Royaume-Uni, les révélations du couple ont occupé la presse britannique dès la journée. Et pour cause : les Britanniques s’attendaient à des révélations concernant la santé mentale de Meghan Markle comme l’avaient annoncé les teasers de CBS. Les crêpages de chignons entre l’épouse de Harry et Kate, sa belle-sœur, et ses relations toxiques avec la presse n’ont pas surpris non plus. En revanche, la question du racisme, notamment à l’égard de leur fils Archie, a été un vrai choc. « Attendez une minute, les membres de la famille royale ont dépouillé Harry, Meghan et Archie de toute sécurité alors que Meghan les avait suppliés de les conserver pour Harry ? », se plaint Joe, un Britannique, sur Twitter. « Et pourtant, le prince Andrew parvient à garder le sien malgré toutes ses affaires louches avec Jeffrey Epstein ? »
Peter Hunt, un ancien correspondant de la BBC spécialiste de la royauté estime d’ailleurs dans le Spectator qu’« aucun expert en communication ne pourra effacer (cette remarque) de la mémoire collective. » Ce détail est particulièrement « toxique pour une institution qui fournit le chef d’État constitutionnel d’un Royaume-Uni multiculturel et de quinze autres pays », poursuit-il, et ce au lendemain de la fête du Commonwealth, l’organisation intergouvernementale qui rassemble des anciens territoires de l’Empire britannique. 
 « Cette interview est une trahison honteuse de la Reine et de la famille royale. Je m’attendais à toutes ces absurdités égoïstes et destructrices de la part de Meghan Markle, mais c’est une honte que Harry la laisse ainsi traîner sa famille et la monarchie dans la poussière », s’est agacé, par exemple, le journaliste et animateur britannique Piers Morgan.
La plus grande crise depuis l’abdication
Les Républicains sont minoritaires au Royaume-Uni, ils étaient 21 % en 2018, selon l’institut de Sondage You.gov.
Pour Republica, un petit groupe qui s’oppose à la royauté, la monarchie est en train de traverser sa plus grande crise depuis l’abdication d’Edouard VIII, l’oncle d’Elizabeth II. 
« Une institution toxique »
Louise, une ingénieure irlandaise installée depuis très longtemps en Angleterre, se demande quelle était la motivation de Harry et Meghan pour réaliser cette interview, perçue au Royaume-Uni comme un tremplin pour la carrière du couple aux États-Unis. 


INTERVIEW DE MEGHAN ET HARRY: LA FAMILLE ROYALE BRITANNIQUE EST-ELLE RACISTE?
Comment la famille royale britannique a-t-elle accueilli Meghan Markle, Américaine et métisse ? L’interview choc de la duchesse du Sussex, diffusée dimanche soir sur CBS, a remis à l’ordre du jour les accusations de racisme à l’encontre du clan Windsor.
Elizabeth II vit un paradoxe : favorable idéologiquement à la décolonisation, elle reste marquée comme toute sa génération par le souvenir de l’empire dans lequel elle a grandi. 
Dans ses discours de Noël, très écoutés, épluchés, analysés, la Reine n’a jamais condamné le racisme et la xénophobie. Pareille initiative serait contraire à son style consensuel, sans aspérité, et à sa neutralité politique, estime-t-elle. En outre, des membres de la lignée ont été accusés de tenir des propos désobligeants vis-à-vis des minorités de couleur.
La royauté a pourtant parcouru du chemin. Les héritiers Windsor mènent des politiques mémorielles et de lutte contre les discriminations qui sont salutaires. Ainsi, lors d’un voyage au Ghana en 2018, le prince Charles, héritier du Trône, a décrit l’esclavage pratiqué par les Anglais comme « une épouvantable atrocité qui a laissé une trace indélébile ». Son fils aîné, William, a fait amende honorable lors de ses nombreuses visites en Afrique.
En fait, la souveraine est placée en position d’arbitre entre la dénonciation, par « Black Lives Matter », du racisme des colonisateurs et le courant de pensée nationaliste qui défend l’œuvre civilisatrice d’Albion en outre-mer en fustigeant toute repentance en la matière. Ecartelée entre les statues symboles du passé esclavagiste déboulonnées et les nécessités de protection du patrimoine national, la cheffe de l’Etat doit accomplir un exploit qui relève de la catégorie des missions impossibles. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MEGHANOMANIA ?

Accuser la famille royale d’Angleterre de racisme est absurde et relève du coup bas. Question : à qui profite le crime ?
Observons  que les accusations de Meghan relèvent de la rumeur non vérifiée ni confirmée. Un membre de la Firme se serait posé des questions sur la couleur de peau d’Archie avant sa naissance…Un peu comme celle lancée par Trump sur la non-nationalité américaine de Barrack Obama.
 La reine se définit elle-même comme l’incarnation symbolique de Commonwealth cosmopolite, un peu comme de Gaulle se confondait avec la France. A tous égards, l’identité métisse de Meghan était, en théorie, un atout majeur pour l’avenir de la monarchie un peu comme la fréquentation d’une école flamande par notre princesse Elisabeth de Belgique est une assurance vie mour notre monarchie belge. Qu’est ce qui a donc pu transformer cet atout en une menace ? C’est une question essentielle pour l’avenir de la monarchie anglaise. Essayons d’y voir clair.
En épousant le prince Harry, Meghan Markle a-t-elle un plan de carrière, autrement dit un agenda caché ? Ce dernier s’est-il laissé aveugler par son épouse séduisante comme autrefois le roi Edouard VIII,  futur Duc de Windsor, fut subjugué par l’amour de Wallis, une autre  américaine divorcée et manifestement intrigante ?
Meghan Markle est redoutablement intelligente et elle se montre capable de gérer les medias de manière aussi diabolique que feu sa belle-mère Diana, princesse des cœurs, autre atout majeur de la monarchie devenue totalement toxique à son égard. In fine, l’intrigante se retrouve à Los Angeles, sa ville natale, dans une villa luxueuse après avoir négocié des contrats juteux avec Netflix (on parle de 100 à 200 millions de dollars). 
L’interview avec Oprah Winfrey,la papesse de la télévision américaine, montre clairement que c’est elle qui est aux commandes du couple princier, Harry se contente d’un rôle de faire-valoir. En ce qui la concerne, c’est bingo.
Mais à l’évidence, ce n’est pas bingo pour la monarchie, the Firm comme l’appelait le prince Philippe qui est en très mauvaise santé.
La principale victime collatérale est à l’évidence Charles, Prince de Galles dont l’image est écornée par son fils cadet qui règle ses comptes avec lui, après avoir été esquintée par la quatrième saison de The Crown.
C’est dire si le grand vainqueur de cette opération de dénigrement est Netflix qui ne manquera pas d’exploiter tout ceci dans son seul intérêt financier. 
Mais poussons le raisonnement jusque dans ses conséquences. Elisabeth n’est pas éternelle…quoique certains commencent à en douter.
Camilla, la rivale de Diana n’est pas aimée par les Anglais et l’image de Charles vacille malgré ses efforts surhumains de passer pour un écologiste de la première heure. Le spectre de Diana hante l’inconscient des Anglais et Meghan fait tout pour endosser la défroque de la princesse des cœurs. Il n’y aurait que 20% de républicains avérés en Angleterre mais que se passera-t-il quand la BBC annoncera que " London Bridge is down "?
Il se pourrait bien que Charles soit contraint par la pression populaire de passer son tour en cédant le relais à son fils aîné. Une fois de plus le rôle de tabloïds sera déterminant.
Vient alors la question à mille livres : William –t-il les épaules assez solide pour ceindre la couronne de sa mythique grand-mère ?
Il se pourrait bien alors que le Royaume Uni ébranlé par le brexit se délite et se disloque  comme est en train de s’évaporer le royaume de Belgique. Honni soit qui mal y pense.
MG
 
 



Aucun commentaire: